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Moyen-Orient/ MSC: surtaxes des cargaisons vers l'Afrique


Rédigé par leral.net le Vendredi 6 Mars 2026 à 12:22 | | 0 commentaire(s)|

La compagnie maritime internationale MSC a annoncé l’instauration de surtaxes d’urgence dites « guerre » pour toutes les cargaisons à destination des pays africains et des îles de l’océan Indien, en réponse à l’escalade des risques sécuritaires perturbant le trafic maritime dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb.

Des surtaxes décidées par MSC sur les cargaisons, applicables depuis le 5 mars et jusqu’à nouvel ordre, visent à compenser « l’évolution de la situation sécuritaire au Moyen-Orient », qui impacte la circulation des navires dans deux des passages maritimes les plus stratégiques du monde. Les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb ont récemment été le théâtre d’attaques et d’affrontements liés aux tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis.

Les perturbations ont conduit les compagnies maritimes à modifier leurs itinéraires, augmenter leurs primes d’assurance et appliquer des frais supplémentaires liés aux risques.

« En conséquence, MSC Mediterranean Shipping Company appliquera une surtaxe d’urgence “guerre” pour toutes les cargaisons en provenance du sous-continent indien (Inde, Pakistan, Sri Lanka, Bangladesh) vers l’Afrique de l’Est, la Somalie, le Mozambique et les îles de l’océan Indien », indique la compagnie.

De même, les cargaisons expédiées depuis la péninsule arabique (Bahreïn, Irak, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis) à destination de l’Afrique de l’Ouest, de l’Afrique de l’Est, de l’Afrique du Sud, du Mozambique et des îles de l’océan Indien seront également soumises à une surtaxe pour risque de guerre (WAR).

Concrètement, MSC facture 500 $ par EVP (équivalent vingt pieds) pour les conteneurs secs et 1 000 $ par EVP pour les conteneurs frigorifiques en provenance du sous-continent indien vers l’Afrique de l’Est, la Somalie, le Mozambique et les îles de l’océan Indien. Pour les cargaisons provenant des pays du Golfe, les surtaxes s’élèvent à 2 000 $ pour les conteneurs de 20 pieds, 3 000 $ pour ceux de 40 pieds et 4 000 $ pour les conteneurs frigorifiques.

La compagnie souligne qu’elle suit de près la situation et coordonne ses actions avec les autorités afin de garantir la sécurité des opérations. Les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb sont des artères maritimes vitales, reliant le Moyen-Orient à l’Asie, l’Afrique et l’Europe. Ormuz assure une part majeure du trafic pétrolier mondial, tandis que Bab el-Mandeb relie la mer Rouge au golfe d’Aden et à l’océan Indien.

Ces zones sont devenues des points chauds en raison de tensions géopolitiques croissantes, avec des attaques contre des navires commerciaux, des frappes de drones et des opérations militaires, obligeant les compagnies à ralentir, modifier ou suspendre certains itinéraires. Ces perturbations ont entraîné une hausse des coûts mondiaux du fret et des assurances.

Les nouvelles surtaxes interviennent alors que plusieurs pays africains connaissent déjà une flambée des prix des carburants, amplifiée par la volatilité des marchés énergétiques mondiaux.

Au Nigéria, le litre d’essence atteint jusqu’à 933 nairas à Lagos et près de 960 nairas à Abuja, suite aux ajustements de la raffinerie Dangote et aux pressions internationales. En Afrique du Sud, le gouvernement a relevé les prix du carburant dès le 4 mars : l’essence 93 a augmenté de 20 centimes le litre, le diesel jusqu’à 65 centimes. Au Zimbabwe, l’Autorité de régulation de l’énergie a fixé le diesel à 1,77 dollar US le litre et l’essence sans plomb à 1,71 dollar US, contre 1,45 et 1,47 dollar auparavant.

Les économistes avertissent que ces surtaxes risquent d’aggraver les tensions sur les marchés africains, en augmentant le coût des produits importés et en fragilisant davantage des marchés déjà instables.

Apanews

Mame Fatou Kebe