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Samedi 12 Septembre 2026

Note de lecture : « La Grève des bàttu » d’Aminata Sow Fall




Note de lecture : « La Grève des bàttu » d’Aminata Sow Fall

Paru en 1979 aux Nouvelles Éditions Africaines, La Grève des bàttu d’Aminata Sow Fall part d’une idée simple et redoutable : et si les mendiants d’une capitale africaine décidaient d’arrêter de tendre la main ?

Le point de départ

Pour embellir la ville et favoriser le tourisme, les autorités décident de débarrasser les rues de leurs mendiants. Les rafles se multiplient. Excluis, humiliés, les mendiants finissent par se retirer d’eux-mêmes dans un quartier périphérique. Et la ville se dérègle.

Le retournement

Car la charité n’est pas seulement un geste de bonté : elle est un acte religieux, et elle a des bénéficiaires des deux côtés. Sans mendiants à qui donner, les puissants ne peuvent plus accomplir leurs offrandes, ni sécuriser leurs promotions, ni conjurer le mauvais sort. Mour Ndiaye, le haut fonctionnaire qui a mené la campagne, doit aller supplier ceux qu’il a chassés.

Une satire, pas un pamphlet

  • Aminata Sow Fall écrit avec humour et sans surplomb : personne n’est épargné, ni les mendiants, ni les dévotions intéressées des puissants.
  • Elle montre une société où le religieux, le social et le politique ne sont pas séparables.
  • Elle pose une question qui n’a pas vieilli : à qui appartient l’espace public d’une ville ?

Une œuvre qui a voyagé

Le roman a été adapté au cinéma sous le titre Bàttu par Cheick Oumar Sissoko en 2000. Aminata Sow Fall, née à Saint-Louis en 1941, a par ailleurs dirigé le Centre d’études des civilisations et fondé une maison d’édition à Dakar. Elle est l’une des premières romancières sénégalaises publiées.

La Grève des bàttu, Aminata Sow Fall, Nouvelles Éditions Africaines, 1979. Le bàttu est la calebasse dans laquelle on reçoit l’aumône.

( Les News )