leral.net | S'informer en temps réel
Vendredi 11 Septembre 2026

Note de lecture : « Nations nègres et culture » de Cheikh Anta Diop




Note de lecture : « Nations nègres et culture » de Cheikh Anta Diop

Publié en 1954 chez Présence Africaine, Nations nègres et culture de Cheikh Anta Diop est le livre le plus discuté de la pensée africaine du XXe siècle. Il est aussi le plus souvent cité sans avoir été lu.

La thèse

Diop y soutient que l’Égypte pharaonique était une civilisation nègre, et que les cultures ouest-africaines en sont les héritières — par la langue, les institutions, les systèmes de parenté, les croyances. Il s’appuie sur la linguistique, l’anthropologie, l’archéologie et les sources antiques.

Le contexte compte

Le livre paraît en 1954, six ans avant les indépendances, dans un monde académique qui enseignait encore l’absence d’histoire de l’Afrique. La démarche de Diop est autant scientifique que politique : il s’agit de rendre à des peuples colonisés un passé qu’on leur avait retiré. Sa thèse de doctorat sera refusée deux fois avant d’être soutenue en 1960.

Ce qui fait débat

  • La communauté des égyptologues reste divisée sur ses conclusions ; certaines de ses méthodes ont été contestées.
  • Ses travaux sur les parentés linguistiques entre l’égyptien ancien et le wolof continuent d’être discutés.
  • Sa démonstration a nourri des lectures militantes qu’il n’aurait pas toutes revendiquées.

Pourquoi il faut le lire quand même

Parce qu’on ne comprend pas le débat intellectuel africain contemporain sans lui. Et parce que Diop, physicien de formation, a fondé le laboratoire de radiocarbone de l’IFAN à Dakar : il ne fut pas seulement un polémiste, mais un chercheur qui a bâti des instruments. L’université de Dakar porte son nom depuis 1987, un an après sa mort.

Nations nègres et culture, Cheikh Anta Diop, Présence Africaine, 1954.

( Les News )