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Ousmane Sonko sort de son mutisme et dénonce « les multiples violences que subissent les étudiants»

La photo prise hier à l’UCAD à l’heure de la rupture du jeûne, a fait réagir le leader de Pastef qui, depuis la fin de ses visites de remerciements, avait disparu de nos écrans.
«Je suis meurtri par les multiples violences que subissent nos jeunes sœurs et frères étudiants», a posté Ousmane Sonko.


Rédigé par leral.net le Vendredi 16 Avril 2021 à 13:22 | | 0 commentaire(s)|

Ousmane Sonko sort de son mutisme et dénonce « les multiples violences que subissent les étudiants»
Et d’être plus clair: « la première violence ce sont les conditions d’études et d’existence inhumaines dans les amphithéâtres et les campus, tellement bondés qu’il faut faire des coudes pour assister aux cours, se battre pour se loger (jusqu’à 10 étudiants par chambre), ou suivre une longue queue pour se restaurer ; la deuxième violence c’est le retard apporté au paiement de leurs bourses d’études, pourtant vitale pour l’écrasante majorité d’entre eux, souvent issus de milieux assez modestes ;
la troisième violence, ce sont les brimades disproportionnées, subies à chaque fois qu’il veulent manifester contre ces traitements déshonorants infligés par leurs propres gouvernants, avec leur lot de blessés, d’arrestations et, quelques fois, de morts d’étudiants jamais élucidés ;
mais les quatrième et cinquième violences sont les plus insidieuses, puisque d’ordre psychologique.

L’étudiant sénégalais est moralement torturé par l’absence d’horizon, toujours tenaillé par le doute, voire le scepticisme d’un présent difficile et d’un lendemain sans aucune perspective sérieuse de trouver un travail ;
l’étudiant sénégalais est toujours sous le choc causé par le regard et le cliché que dresse de lui les seuls responsables de sa condition, c’est-à-dire les pouvoirs publics. Les étudiants s’entendent toujours traiter de voyous, de délinquants, de jeunes ratés et maintenant, de terroristes par le gouvernement et ses démembrements
».

«Pourtant eux, Président de la République, ministres, DG et autres, tous produits de nos universités du temps de leur lustre, leurs enfants déroulent tranquillement leurs études dans les meilleures universités du monde au Canada, aux États-unis, en France… où ils vivent dans des palaces et valsent entre les avions pour des vacances à Dubaï, Paris ou la Californie. Quand ils sont au Sénégal, leur vie se résume aux villas, boîtes de nuit et de jeux des quartiers chics de Mermoz, point E et Almadies, où ils se déplacent en voitures de luxe coûtant des centaines de millions. TOUT CELA AVEC L’ARGENT DU CONTRIBUABLE détourné de ses destinations que sont l’éducation et la santé, entre autres», a-t-il asséné, avant de marquer sa compassion à ces étudiants «victimes d’un système incompétent, corrompu et injuste».

Concernant les mesures de fermetutr du campus social, Ousmane Sonko assure qu’il est pour «la régulation et à la règlementation des universités qui doivent absolument demeurer des espaces de savoir, de paix et de quiétude, mais je dis non à la fermeture du campus social qui compromettrait davantage la situation et les chances d’une jeunesse déjà trop abandonnée et sacrifiée, alors que l’année universitaire vient à peine de démarrer», avant de poser la question à savoir: «Comment imaginer un étudiant, sans ressources et avec un système de transport public insuffisant, quitter tous les jours Pikine, Keur Massar, Diamniadio, Thies, Mbour ou beaucoup plus loin, pour venir faire ses cours à Fann?».


Le leader de Pastef accuse le Président Macky et Cie, qui selon lui, «continuent de vendanger les intérêts nationaux aux étrangers, d’entretenir un système d’escroquerie sur les deniers et biens publics, de dilapider l’argent public dans des rassemblements politiques farfelus et de mentir à cette jeunesse par des promesses chimériques d’emplois ».

«Gageons que c’est justement pour réunir les 450 milliards de promesses démagogiques d’argent à se partager entre politiciens de BBY, qu’il faille opérer des économies par des ponctions budgétaires dans les secteurs névralgiques de la santé, de l’enseignement supérieur et de l’éducation», a dit Ousmane Sonko, avant de nous donner rendez-vous: «je reviendrai sur la situation des enseignants et le business des politiques d’emplois de 2012 à maintenant ».






PID/Vito



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