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Pr Felwine Sarr, économiste et enseignant à l’Ugb sur Auchan, « il ne faut pas en faire une crise nationaliste »

Venu assister à la première édition de l’Université Populaire de l’engagement Citoyen (UPEC) qui se tient à Dakar depuis hier, l’économiste et écrivain Felwine Sarr s’est prononcé sur le problème du supermarché Auchan. Il a tenu à souligner que les Sénégalais ne doivent pas en faire « une crise nationaliste ».


Rédigé par leral.net le Mardi 24 Juillet 2018 à 11:58 | | 0 commentaire(s)|


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La guéguerre entre le groupe Auchan et les commerçants locaux continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Et cette fois-ci, c’est l’économiste et écrivain, Felwine Sarr qui se prononce sur la question.

En effet, l’enseignant à l’université Gaston Berger de Saint-Louis pense que « les gens ont le sentiment qu’on a des économies totalement ouvertes dans lesquelles, il n’y a aucune vision stratégique et dans lesquelles, il n’y a aucune défense des intérêts nationaux ».

« On a des économies où des firmes peuvent venir s’installe. Et on n’a aucune politique pour créer des champions nationaux et pour répondre à des besoins qui sont adressés à des marchés intérieurs. Nos économies sont totalement ouvertes et poreuses. »

Mondialement reconnu,  grâce notamment à son livre « Afrotopia » considéré comme l’une des plus puissantes productions de ces dernières années, Pr Felwine Sarr a estimé qu’il ne faut pas en faire « une crise nationale ». L’universitaire a indiqué que « ce n’est pas une question entre les étrangers et les nationaux, mais un problème entre l’économie néolibérale globale et les besoins fondamentaux des économies nationales ».

Pointant du doigt l’Etat, Pr Sarr déclare « nous avons des Etats qui ne sont pas des Etat stratèges d’un point de vue économique et qui ne savent pas quels sont les secteurs qu’ils doivent ouvrir et qu’ils doivent protéger. Et s’ils doivent ouvrir des secteurs dans quelle temporalité et dans quelle séquentialité. Pour moi, il y a un vrai déficit de réflexion sur la manière dont on articule notre insertion à l’économie globale parce qu’on doit nous insérer de manière constructive et positive. On doit défendre nos producteurs locaux, créer de l’emploi local ».

Le fondateur de la maison d’édition « Jimsan » ajoute qu’il y a des filières qu’on doit défendre. Par ailleurs, il ouvre ce débat intéressant. « Avant, nous ne débattions que des questions politiques comme la Constitution, les élections, mais les questions économiques sont devenues des questions citoyennes et il faut aussi que cela devienne des enjeux géostratégiques », dit l’économiste, qui pense en outre que « nous avons besoin d’une distribution organisée qui réponde à des standards. La question, c’est, est-ce qu’on est préparé à l’ouverture à cette forme de distribution et est-ce qu’on en a évalué les effets ».

« Il y a des économies qui doivent disparaitre parce qu’elles ne sont plus efficaces, mais si elles disparaissent, on les remplace par quoi et au bénéfice de nos populations et de nos consommateurs. Cette réflexion a été insuffisamment menée » indique l’auteur de « Méditations Africaines ».





L’As