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Quand le candidat rappelle le traumatisme du 21 avril

Rédigé par leral.net le Samedi 21 Avril 2012 à 16:27 | | 0 commentaire(s)|

Quand le candidat rappelle le traumatisme du 21 avril
« Rien n'est acquis d'avance », expliquait encore vendredi le candidat socialiste lors de sa dernière journée de campagne.

Une inquiétude sourde s'est emparée des socialistes. Depuis maintenant six mois, leur candidat est donné largement vainqueur dans toutes les enquêtes d'opinion. Ils ont déjà connu ça. En 2002, Lionel Jospin devait battre Jacques Chirac. En 2007, l'élection était «imperdable». Alors en 2012, les socialistes n'osent plus croire à la victoire tellement elle semble évidente.

D'ailleurs, François Hollande n'a cessé de les mettre en garde, quasiment jusqu'à la dernière minute de la campagne. «L'idée que je veux chasser, c'est que le résultat serait connu avant même que les Français ne se soient déplacés. Rien n'est acquis d'avance», expliquait-il encore vendredi pour sa dernière journée de campagne.

S'il a nourri cette inquiétude à coups de piqûres de rappel du 21 avril 2002, c'est pour éviter le risque de démobilisation de son électorat. Il y a dix ans, c'est aussi cela qui avait mené Lionel Jospin à l'élimination dès le premier tour de l'élection présidentielle.

Laver l'affront

François Hollande le sait, s'il ne gagne pas, le PS disparaît. Un nouvel échec d'un candidat socialiste à l'élection présidentielle mènerait inéluctablement à l'implosion d'un parti qui enregistrerait là sa quatrième défaite d'affilée après Lionel Jospin en 1995 et 2002, puis Ségolène Royal en 2007. Alors chacun se méfie quand même. Car les socialistes savent ce qui les attend s'ils perdent: le retour des batailles internes.

Pour toute une génération de leaders socialistes, le pouvoir, c'est maintenant ou jamais. Pour des ténors comme Martine Aubry, Laurent Fabius ou Ségolène Royal, c'est sans doute la dernière chance. La première est en lice pour Matignon, le deuxième pourrait briguer le Quai d'Orsay, la troisième vise la présidence de l'Assemblée nationale. Quant aux nouveaux quinquas, comme Manuel Valls ou Arnaud Montebourg (49 ans pour quelques mois encore), cela fait dix ans qu'ils attendent d'accéder aux responsabilités, puisque Lionel Jospin ne les avait pas choisis pour entrer au gouvernement avant 2002.

L'ancien candidat malheureux à la présidentielle attend de son dauphin de laver l'affront du 21 avril. Lionel Jospin était présent lors du meeting de Lille mardi dernier. S'il n'a pas pris la parole lors de réunions publiques de toute la campagne, il a félicité l'ancien premier secrétaire, en privé.


SOURCE:Lefigaro.fr