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Mercredi 31 Décembre 2014

Révélations sur le coup d’Etat avorté en Gambie : L’identité des putschistes, leur parcours, l’assaut contre le Palais présidentiel... (Leral)


Un coin du voile s’est levé sur l’identité des soldats gambiens qui ont attaqué, dans nuit du lundi à mardi, le State House (ndlr, le Palais présidentiel) de la Gambie, en l’absence des maîtres lieux, parti en voyage. Deux des assaillants tués pendant la fusillade sont des citoyens américains. L'un d’eux est un capitaine réserviste de l'armée américaine.



Le State House, le Palais présidentiel gambien, attaqué dans la nuit du lundi au mardi par des mutins
Le State House, le Palais présidentiel gambien, attaqué dans la nuit du lundi au mardi par des mutins
Selon le site freedomnewpapers visité par Leral, le colonel Lamin Sanneh, le chef supposé des opérations de l'attaque contre le State House, était le commandant de la Garde présidentielle de Gambie.

M. Sanneh s’est installé aux États-Unis avec sa femme et sa famille à peine il y a moins de deux ans après qu’il a échappé à une éventuelle arrestation des services de renseignements (NIA). Il a brièvement séjourné à Dakar, au Sénégal, avant de s’exiler aux États-Unis, où il a trouvé un axile.

M. Sanneh a quitté le pays de l'Oncle Sam pour former une équipe dénommée "freedom fighters", avec certains de ses anciens collègues de l’armée exilés en Europe. Ils sont entrés en Gambie via le Sénégal. Une fois dans leur pays, les "freedom fighters" ont élaboré un ensemble de plans et de stratégies pour renverser le régime Jammeh. Ils ont profité de l’absence du Président, en déplacement à Dubaï, pour investir le Palais présidentiel.

Le Colonel Sanneh, a été formé par l'armée américaine. Il a été tué peu de temps après l’attaque. Son collègue, Njaga Jagne, capitaine réserviste de l'armée américaine a également, été également tué lors de ce raid sur le State House. M. Jagne, originaire de Kombo Lamin, vivait à Kentucky avec sa famille. Il laisse derrière lui, une femme Jarrai Sissoho, Alias Imprez Jah et un enfant.

Durant la fusillade, l'un des assaillants Modou Njie a été capturé par les forces loyalistes. M. Njie lui a quitté Londres pour rallier la Gambie. Il était un ancien membre de la Garde présidentielle gambienne. Il a déserté ce corps, il y a à peine un an, pour se rendre en Europe. M. Njie était en Italie pour quelques mois, avant de s’installer en Allemagne, où il a rencontré l'un de ses co-mutins Bai Lowe qui a pris la fuite après l’attaque du State House. Un autre assaillant, Musa Sarr, aurait lui aussi réussi à s’échapper des mailles des soldats loyalistes.

D’après un communiqué du gouvernement gambien, trois assaillants ont été tués dont le chef présumé, Lamin Sanneh, et quatre autres ont été arrêtés.

Comment le lieutenant-colonel Musa Savage et le général Saul Badjie ont déjoué l'attaque du State House…


Les mutins auraient été trahis par lieutenant-colonel Musa Savage, un officier de l'armée gambienne qui a promis de les soutenir dans leur tentative de renverser le régime de Jammeh. Seulement "le traître" a vendu toutes les informations au commandant en chef de l'armée, le général Saul Badjie, un fidèle parmi les fidèles de Jammeh.

En effet, celui qui se faisait passer pour une taupe, était en contact permanent avec la bande à Lamin Sanneh, en même temps, il informait le général Saul Badjie des moindres détails du mouvement des assaillants vers le Palais. Et, ces derniers bien que lourdement armés étaient au nombre de six.

Ils sont venus par pirogue à Marina Parade pour attaquer le Palais, situé dans cette zone sur la corniche Est de la capitale. Pensant qu’ils auront le soutien du lieutenant-colonel Musa Savage et ses "amis", Sanneh et Cie ont été stoppés net avant même avant qu’ils ne prennent le State House, par la Garde présidentielle. Il s’en est suivi de vifs échanges de coups de feu qui se sont poursuivis jusqu’au petit matin. A moins d'une heure, la Garde présidentielle qui a reçu des renforts venus de l’intérieur du pays, maîtrise les assaillants après quelques échanges de coups de feu.

Dans la journée d'hier, des militaires et des policiers ont été déployés dans les rues de Banjul, vidées des habitants.
Des patrouilles militaires invitaient les populations au calme et à rester chez elles.

Les deux médias d’Etat (télévision et de radio) ont diffusé de la musique toute la journée sans aucun bulletin d’informations. Les banques, les entreprises, les écoles et les bureaux ont été fermés.



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