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Rome : le Sénégal expose sa feuille de route pour atteindre la souveraineté alimentaire

Présent au lancement du rapport « L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2026 » (SOFI 2026) à Rome, le Sénégal a réaffirmé son ambition de bâtir un système alimentaire plus autonome et résilient. Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Cheikhou Oumar Ba, a présenté les grandes lignes de la stratégie nationale 2025-2034 devant la communauté internationale.


Rédigé par leral.net le Mercredi 22 Juillet 2026 à 15:34 | | 0 commentaire(s)|

Le Sénégal porte son ambition alimentaire à la tribune mondiale

Le Sénégal a placé la souveraineté alimentaire au cœur des discussions internationales lors de la présentation officielle du rapport SOFI 2026 au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à Rome.

Représentant le Sénégal à cette rencontre de haut niveau, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Cheikhou Oumar Ba, a échangé avec plusieurs responsables internationaux sur les enjeux liés à la faim, à la nutrition et à la transformation des systèmes alimentaires.

La rencontre a réuni les principales organisations onusiennes engagées dans ce domaine, notamment la FAO, le Fonds international de développement agricole (FIDA), l’UNICEF, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Un contexte mondial marqué par la persistance de la faim

Le rapport SOFI 2026 met en évidence l’ampleur des défis alimentaires dans le monde. En 2025, plus de 645 millions de personnes étaient encore touchées par la faim, tandis que 2,1 milliards d’individus faisaient face à une insécurité alimentaire modérée ou grave.

L’Afrique reste la région la plus affectée avec près de 309 millions de personnes confrontées à la faim, alors qu’une grande partie de la population du continent continue d’avoir des difficultés à accéder à une alimentation saine.

« La souveraineté alimentaire est un enjeu de développement »

Lors d’un panel ministériel aux côtés notamment des représentants du Brésil et de la Tanzanie, Dr Cheikhou Oumar Ba a rappelé que l’accès à une alimentation équilibrée constitue un élément essentiel du développement économique et social.

« La production agricole ne peut atteindre pleinement son objectif si les populations, y compris les producteurs, ne peuvent accéder à une alimentation équilibrée et nutritive », a-t-il déclaré.

Pour le ministre, la performance agricole doit nécessairement être accompagnée d’une amélioration de la nutrition et des conditions de vie des populations.

La stratégie nationale 2025-2034 présentée

À Rome, le Sénégal a exposé les grandes orientations de sa Stratégie nationale de souveraineté alimentaire 2025-2034.

Cette feuille de route prévoit plusieurs axes majeurs :

réduire la dépendance aux importations alimentaires ;
développer les aménagements hydro-agricoles ;
renforcer les filières horticoles ;
améliorer les capacités de stockage et de transformation ;
limiter les pertes après récolte ;
promouvoir les achats publics de produits locaux.

Le gouvernement entend également renforcer la consommation des céréales locales comme le mil, le sorgho et le fonio, tout en développant les chaînes de valeur agroalimentaires.

Vers une coopération régionale renforcée

Au-delà des actions nationales, le Sénégal plaide pour une meilleure intégration agricole en Afrique de l’Ouest.

Selon Dr Cheikhou Oumar Ba, la facilitation des échanges régionaux peut contribuer à améliorer l’approvisionnement des marchés et participer à une baisse durable des prix des denrées alimentaires.

À travers sa participation au SOFI 2026, le Sénégal veut ainsi positionner son modèle comme une réponse aux défis actuels des systèmes alimentaires et accélérer la mise en œuvre d’une agriculture plus productive, inclusive et durable.