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Rufisque : un charlatan accusé de viol sous couvert de pratiques mystiques


Rédigé par leral.net le Mercredi 27 Mai 2026 à 10:25 | | 0 commentaire(s)|

Divorcée et mère de deux enfants, D. Ba, 24 ans, accuse le charlatan I. Sall de l’avoir violée sous prétexte de pratiques mystiques destinées à sauver sa relation amoureuse avec un homme marié. Les faits remontent à 2022 à Rufisque, rembobine L’Observateur, repris par Seneweb, qui a suivi l’audience devant la Chambre criminelle de Dakar.

Souffrant d’abord de maux de tête persistants puis de blocages sentimentaux, la jeune femme s’était rendue à plusieurs reprises chez le marabout pour solliciter des prières et des bains rituels. Face au souhait de sa cliente de voir son compagnon l’épouser, le charlatan aurait alors mis en place un rituel. Le quotidien du Groupe futurs médias (Gfm) rapporte ainsi le déroulement de la séance : « Le charlatan griffonne sur les noix de cola réclamées quelques arabesques et, sur une partie du linceul, il y noue comme un cordon. Il lui fait un massage du dos, puis demande à la dame de se coucher. Il introduit le cordon dans son sexe afin qu'il soit imbibé de son liquide vaginal. Profitant ainsi de ce moment où elle a perdu toute lucidité, [l'accusé] la viole. »

Citée par la même source, la victime affirme qu’elle « l’observait la pénétrer sans pouvoir rien faire, comme si elle était sous l’emprise de quelque chose », avant de découvrir « des traces de sperme sur ses cuisses » après avoir repris ses esprits. Informé de la situation, le père de la jeune femme lui aurait alors conseillé de tendre un piège au suspect. Feignant de vouloir un nouveau rendez-vous intime, la plaignante a attiré le marabout dans sa chambre avant que son père et son frère, gendarme de profession, n’y fassent irruption pour surprendre l’accusé « torse-nu avec un caleçon ». Interpellé le 21 septembre 2022, le mis en cause a ensuite été conduit manu militari au commissariat.

Poursuivi pour viol et charlatanisme, l’accusé risque désormais dix ans de réclusion criminelle, conformément aux réquisitions du parquet. Après avoir reconnu certains faits durant l’enquête préliminaire, I. Sall a finalement opéré une volte-face devant les juges. Ses avocats ont plaidé l’acquittement pour le viol, soutenant qu’« il n’y a ni violences, ni contrainte morale » et que « le consentement annihile le viol. C’est le charlatanisme qui est constant dans cette affaire et non le viol ». Le verdict de la Chambre criminelle est attendu le 9 juin prochain, conclut le titre de Gfm.

Mame Fatou Kebe