Rupture avec Macky : Ce que perd le Ps


Rédigé par leral.net le Samedi 30 Septembre 2017 à 12:22 | | 0 commentaire(s)|


Un parti ne sort jamais indemne d’une rupture avec le pouvoir. Et cela, Ousmane Tanor Dieng et ses partisans socialistes risquent d'en faire l’amère expérience.

Les sorties musclées et surtout inédites du Parti socialiste (Ps) depuis la formation du deuxième gouvernement du Premier ministre Mouhamed Boun Abdallah Dionne, semble être les signes avant-coureurs d’un divorce, après un mariage d’intérêt qui n’aura duré que cinq ans.

Un divorce pas du tout amiable et pour lequel les deux parties risquent d’y laisser des plumes. Aussi bien que Macky Sall que Ousmane Tanor Dieng, le secrétaire général du Ps, ont tout à perdre en cas de divorce. Le chef de l’Etat et patron de Benno Bokk Yaakar, candidat à sa propre succession, perdrait son principal allié au sein de ladite coalition, à moins de 15 mois de l’élection présidentielle.

En perdant le Ps, le Président perd un allié fidèle et surtout, il perd une frange de l’électorat de Dakar. Car jusqu’à présent, tous les communes de Dakar à l’exception de Yoff, sont contrôlées par les socialistes de Khalifa Sall, maire de Dakar, et Tanor. La coalition présidentielle n’a pu obtenir la majorité absolue lors des élections législatives du 30 juillet dernier.

Ainsi, une défection des socialistes compromettrait sérieusement les chances de Macky Sall d’obtenir un second mandat. Toutefois, Ousmane Tanor Dieng et les socialistes qui lui sont favorables, ne sortiraient pas eux aussi, indemnes d’un divorce, bien au contraire. Le Ps a toujours fait sien le slogan : "gagner ensemble et gouverner ensemble". Ses ministres sont dans tous les gouvernements depuis la seconde alternance. Par conséquent il est responsable et comptable du bilan du Président Macky Sall. Et à ce titre, son candidat s’il est issu du cercle de l’actuelle direction, aurait du mal à proposer une alternative crédible aux électeurs.

Landing Savane qui a longtemps cheminé avec le régime du Président Abdoulaye Wade avant de prendre ses distances, en a fait l’amère expérience. En Allemagne, Martin Schultz vient également de faire cette expérience. Un parti politique ne sort jamais indemne d’une alliance avec le parti au pouvoir et le Ps et ne sera pas une exception. A moins que tous les socialistes fassent de Khalifa Sall leur candidat en 2019, mais cela est une autre histoire.

Mais les socialistes perdraient par-dessus tout leur cagnotte, leur manne financière. Mamadou Ndoye, l’ancien secrétaire général de la LD, a avoué que son parti recevait 4 millions par mois du président de la République. On ne sait pas combien les socialiste reçoivent du président de la République, mais il ne fait aucun doute, qu’ils reçoivent plus que la LD. Ainsi, en cas de rupture, Macky Sall couperait le robinet.
Et ce n’est pas tout, puisqu’ils perdraient également les avantages liés à leurs postes dans le gouvernement et dans les nombreuses directions qu’ils dirigent en vertu de leur alliance avec le parti présidentielle.

Il ne fait aucun doute qu’ils perdraient deux postes de ministre, leurs postes de directeur général de Pca et Pcs à commencer par Ousmane Tanor Dieng, qui perdrait son poste de président du Hcct. Car comme le dit un socialiste, il est le troisième ministre socialiste du gouvernement.