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Séminaire sur la présence de l'avocat: Prise de becs entre Ansoumana Dione et un substitut

La Ligue sénégalaise des droits humains a organisé samedi dernier un panel sur la présence de l’avocat lors des garde-à-vue. Si les échanges se sont déroulés dans le calme, l’intervention de Ansoumana Dione, président de l’Association pour le soutien et la réinsertion des malades mentaux (Assam), a rendu le débat tendu. Tout est parti de l’intervention de M. Dione, qui a dénoncé le placement sous mandat de dépôt des malades mentaux, tout en plaidant pour l’ouverture d’une division fermée à l’Hôpital psychiatrique de Thiaroye.


Rédigé par leral.net le Mardi 2 Janvier 2018 à 10:08 | | 0 commentaire(s)|

Séminaire sur la présence de l'avocat: Prise de becs entre Ansoumana Dione et un substitut

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Là où le climat a commencé à devenir électrique, c’est lorsqu’il a évoqué la situation des malades mentaux errants, en interpellant la responsabilité du procureur. Seulement, Ansoumana ne s’est pas limité là car il a fini par cette interrogation : ‘’Est-ce qu’au Sénégal le procureur n’est pas un malade mental ? Il doit être pris en charge. Je ne comprends pas son mutisme. S’il était une personne saine, il allait demander à ce que le cas des malades mentaux soit pris en charge ’’.

Si l’intervenant dit avoir parlé sur le ton de l’ironie, le substitut Pape Ismaïla Diallo l’a trouvé de mauvais goût. Le parquetier s’est mis dans tous ses états, en assénant : ‘’Nous sommes les seuls à qui on apprend notre métier. Nous ne sommes plus en sécurité. Revenons à la raison. Il n’y a pas un dément en prison. Ce qu’on vous dit est faux. Le magistrat n’est pas un médecin, ni un psychiatre. Vous voulez qu’on libère un détenu au motif qu’il perturbe la prison !’’.

Le parquetier de poursuivre d’un ton sec : ‘’On a prêté serment d’appliquer la loi. Il n’y a pas un fou en prison. Il faut qu’on arrête de raconter des contrevérités aux gens. Le magistrat ne peut pas être pris pour responsable des conditions difficiles des détenus en prison ’’.

Face à cette réaction du maître des poursuites, Ansoumana Dione a voulu réagir mais Me Assane Dioma Ndiaye s’est mué en arbitre pour départager les deux. ‘’Je pense que le procureur a répondu en légaliste. Notre droit positif, contrairement à la Common Low, est toujours resté dans des perspectives très platoniques. On dit toujours que le juge ne décrète pas l’état mental d’une personne. Il faut un avis médical.

Et tant que le juge n’a pas cet avis médical qui conclut à la démence ou au trouble mental, le juge se dit qu’il est devant une personne normale’’, a précisé le président de la LSDH.

Cependant, a-t-il relevé, ‘’même si paradoxalement, le juge est conscient que la personne qui est en face de lui ne jouit pas de ses facultés mentales de par ses signes, ses gestes et son expression, il se dit : je suis tenu par la loi. Je ne peux pas, en dehors d’un avis médical, décréter l’état mental’’.

Or, fait remarquer la robe noire, ‘’nous savons que parfois, les médecins qui peuvent être commis, ne se sacrifient pas à cette mission parce qu’ils se disent qu’ils ne vont pas être payés. Il n’y a pas de frais criminels qui sont aménagés à cet effet et souvent, personne ne demande cette expertise’’.




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