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Mardi 10 Juillet 2018

Sénégal- Attribution de la gestion de l’eau à Suez : Les travailleurs refusent le sujet


La Sénégalaise des eaux a perdu le contrat d’affermage au profit du groupe français, Suez. Constat, le moral des travailleurs de ladite entreprise à terre. Ces derniers, doutant de leur avenir, continuent d’accomplir de manière sobre le travail quotidien. Mais, le moral semble être à zéro. Enquête…




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La Sénégalaise des Eaux dans les eaux troubles depuis la perte du contrat d’affermage qui le liait à l’Etat du Sénégal. Le groupe français, Suez a été récemment choisi à la place. Une petite visite dans les différents lieux de travail dévoile une certaine démotivation des travailleurs qui craignent à leur devenir. Ces derniers, très soucieux refusent d’aborder le sujet à visage découvert. Ils gardent un silence de cathédrale. Même si, l’affaire du retrait du contrat d’affermage est loin de connaître son épilogue, ils refusent de se prononcer sur l’affaire. D’après, les responsables qui ne veulent pas céder, la Sénégalaise des eaux conteste les résultats de l’appel d’offres. L’entreprise, promettent-ils, va introduire un recours auprès de l’Autorité de régulation des marchés publics. L’attribution s’étale sur une durée de 15 ans. Et, la Sénégalaise des eaux, refuse de fermer boutique. Puisqu’elle estime avoir proposé l’offre la moins élevée. Mais, un constat fait du côté des agents, inquiet de leur devenir, l’esprit n’est pas à débattre du sujet. Ainsi, un tour dans certaines agences de la société, a permis de constater un climat inhabituel, une ambiance de deuil. Même si l’atmosphère est glaciale et personne ne parle de cette affaire. Du gardien, en passant par les caissiers, tout le monde est sur place pour gérer les affaires en cours dans la société. Dès qu’on met les pieds dans une agence, l’agent préposé à la sécurité demande les raisons de notre présence. Après avoir pris connaissance de la raison, il guide le visiteur ou le client selon ses besoins. Dans les bureaux, tout fonctionne comme avant. « On ne peut pas parler de cette affaire pour le moment. Donc, je suis désolé », a lancé un agent, tout en indiquant que rien n’est perdu pour le moment. Donc, indique-t-il, il n’y a rien à dire. Selon lui, c’est une affaire de la Direction qui doit se battre pour se maintenir. Du coup, il assure que les agents n’ont pas encore leurs mots à dire. Comme pour dire qu’ils attendent de voir si leurs emplois seront menacés ou pas avec la nouvelle société qui va prendre les commandes. Pour l’instant, chacun s’occupe des dossiers des clients comme si de rien n’était. Les clients continuent à venir payer les factures de ces deux derniers mois. Et, dans les bureaux des réclamations, les agents se bousculent pour satisfaire les clients qui attendent. Du côté des caisses, malgré l’absence de certains caissiers, le service est assuré et suit son cours comme à l’accoutumé. « Rien n’a changé », lance un autre agent qui n’a pas donné le temps de mieux comprendre. En attendant l’effectivité de la décision, la Sde continue d’assurer le service. Soulignons que la Sénégalaise des eaux a perdu le marché face à l’offre de Veolia et Suez. Selon le Ministère de l’hydraulique, l’offre financière qui a été retenue s’élève à 298,5 francs Cfa hors Tva le mètre cube proposé par le géant français. Malgré les contestations de la Sde, l’Etat à travers le Ministère de l’hydraulique et de l’assainissement n’entend pas reculer. Les autorités précisent que l’offre de l’entreprise française Suez qui a été retenu dans le cadre de l’Appel d’offres international, scindé en deux étapes, précédé d’une pré-qualification, relatif à la sélection d’un opérateur privé, chargé de la gestion par l’affermage du service public de production et de distribution d’eau potable en milieu urbain et péri-urbain au Sénégal. A retenir que la Sde avait cinq jours pour interjeter appel, avant de perdre un marché de près de 80 milliards de francs Cfa qu’elle gérait depuis le 23 avril 1996, soit plus de 22 ans d’exploitation. Cela, malgré une offre de 277 francs Cfa le mètre cube. O WADE Leral
Ousseynou Wade