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Sénégal : plusieurs leaders de l’opposition arrêtés en marge du vote d’une loi controversée

Les leaders de l'opposition Idrissa Seck et Malick Gakou ont été interpellés ce matin par les forces de l'ordre. Ils se rendaient à un rassemblement interdit devant l'Assemblée nationale, où les députés examinent aujourd'hui le projet de loi controversé qui impose aux futurs candidats à la présidentielle d’obtenir le parrainage d’au moins 1 % du corps électoral.


Rédigé par leral.net le Jeudi 19 Avril 2018 à 17:31 | | 0 commentaire(s)|

Sénégal : plusieurs leaders de l’opposition arrêtés en marge du vote d’une loi controversée

Le leader du Grand Parti, Malick Gakou, a été appréhendé par les forces de l’ordre aux alentours de 9 h, ce matin, au niveau du Conseil économique et social. Il a ensuite été emmené au commissariat central de Dakar. « Il avait l’intention de se rendre à l’Assemblée nationale pour suivre le vote du projet de loi sur les parrainages, explique Mariama Dianké Diedhiou, attachée de presse de Malick Gakou. Depuis son arrestation, son téléphone sonne dans le vide. »

Au même moment, le chef du parti Rewmi, Idrissa Seck, le chef du part Rewmi, Idrissa Seck, a été arrêté dans le quartier de la Médina. Lui aussi se rendait à l’Assemblée, afin de protester contre le projet de loi présenté par le gouvernement.

« Le commissaire du 4e arrondissement de la Médina nous a intimés l’ordre de rebrousser chemin, indique Diattara Yankhoba, l’un des lieutenants d’Idrissa Seck. Ce que nous avons refusé de faire, au nom de notre droit constitutionnel à marcher pacifiquement. Les forces de l’ordre ont alors procédé à l’arrestation d’Idrissa Seck, avant de lancer du gaz lacrymogène sur les militants. »

Débats tendus à l’Assemblée

Thierno Bocoum, ancien numéro deux de Rewmi et désormais président du parti politique Agir, a également été arrêté aux abords de l’Assemblée nationale. « Des policiers l’ont embarqué en lui disant qu’il n’avait pas le droit d’être là », précise à Jeune Afrique, son porte-parole Souleymane Soumaré.

Par ailleurs, l’activiste Kilifeu, membre fondateur du mouvement citoyen « Y en a marre », a également été arrêté. Le rappeur a été conduit au commissariat central de Dakar, a confirmé à Jeune Afrique, Thiat, l’autre moitié du duo rap Keur Gui.

Plusieurs témoignages font état d’un impressionnant dispositif policier dans la capitale sénégalaise. Des heurts entre manifestants et forces de l’ordre ont notamment éclaté dans les quartiers de Sandaga et de la Médina.

À l’Assemblée nationale, les débats ont été suspendus pendant une durée de trente minutes, suite à des échanges de coups de poing entre députés de la majorité et de l’opposition.

Depuis sa présentation il y a quelques semaines par le gouvernement, le projet de loi sur les parrainages fait l’objet de vives critiques au sein de l’opposition. Le texte prévoit notamment l’obligation pour tous les candidats à la présidentielle d’obtenir le parrainage d’au moins 1 % du corps électoral – soit l’équivalent d’environ 65 000 personnes. Pour les députés, l’ensemble des candidats aux législatives devront réunir les signatures d’au moins 0,5 % des électeurs.

Le gouvernement explique que ces nouvelles dispositions vont permettre de réduire l’inflation des prétendants aux législatives et municipales. « Pour les législatives de 2017, on a vu s’opposer 47 listes. Or, seulement trois d’entre elles ont dépassé les 5 % [le seuil minimal pour pouvoir être remboursé de la caution électorale, ndlr]. On ne peut pas se permettre d’avoir 60 ou 70 listes l’an prochain. Ce serait ingérable », expliquait il y a quelques jours à Jeune Afrique, El Hadj Hamidou Kassé, ministre conseiller en charge de la Communication du chef de l’État.

L’opposition, elle, dénonce un « funeste projet de parrainage-disqualification concernant les partis politiques ou l’élection présidentielle » qui vise à « empêcher les candidats de l’opposition », selon les termes du Front patriotique pour la défense de la République. Idrissa Seck, pour sa part, accuse le projet de loi d’être une « tentative de violation de la Constitution ».





Jeune Afrique




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