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Spoliation foncière à Rufisque : la mairie vilipende la Sococim-industries

Entre la Sococim-industries et la ville de Rufisque, c'est "Je ne t'aime pas, moi non plus". La vielle ville, par la voix de son maire, est montée au créneau, ce week-end, pour décrier la boulimie foncière de la cimenterie.


Rédigé par leral.net le Lundi 15 Avril 2019 à 11:53 | | 0 commentaire(s)|

Face à la presse, entouré des conseillers municipaux et des organisations de défense de l'environnement, Daouda Niang, maire de Rufisque, a fustigé, hier, la boulimie foncière de la Sococim-industries. Il a fait comprendre que face à cette situation qu'il juge catastrophique, "le silence serait coupable et se taire, c'est être complice".

Invoquant la convention d'annulation de la patente, il fait savoir qu'il est bien inscrit : "vous ne payez pas de patente, vous pouvez exploiter les terres, mais dans la limite du périmètre minier en profondeur et indéfiniment. Ce sont les termes de la convention secrète, tel qu'on dit entre guillemets"

Ainsi, poursuit-il, "rien n'autorise la Sococim à aller faire une extension sur des terres qui ne lui appartiennent pas". C'est-à-dire 210 hectares exploités par la cimenterie pour la culture du jatropha, grâce à une concession devant prendre fin en 2024.

Selon le maire de Rufisque, non seulement, il n'y a plus de jatropha sur la bande terre, mais l'usine en profite maintenant "pour installer une centrale solaire". Ce qui signifie, "tout simplement une volonté d'accaparement des terres des Rufisquois", dit-il. D'ailleurs, se demande-t-il, "je ne sais pas si Vicat a décidé d'être un promoteur immobilier".

Faisant ainsi savoir que Sococim s'est accaparée de 17 titres fonciers appartenant à la ville qui dispose des droits réels. Ce qui doit, d'après lui, motiver des discussions avec le cimentier, afin que "les choses soient raisonnablement réglées. Que les jeunes qui sont au bord de la mer, puissent trouver un lieu où s'installer, où on puisse aussi mettre nos installations de développement, mais que l'on puisse assainir et faire que, de Diamniadio à Rufisque, il y ait un continuité territoriale", dit-il.

De son côté, Mamadou Diop, le président la Fédération départementale des acteurs non étatiques et membre du Haut conseil des collectivités territoriales, demande à la population de s'opposer à la boulimie foncière de la Sococim-industries et des procédures soient intentées contre elle.

Pour Ousmane François Guèye, le président de la Convention des Lébous, c'est une inspection d'Etat qui doit être diligentée pour tirer tout cela au clair.

Quoi qu'il en soit, déplore l'édile de Rufisque, pendant que la Sococim confisque les terres, la mer avance à grands pas sur sa ville. "Maintenant que la Sococim s'est accaparée de ces terres, la mer avance et on ne trouve pas de solution", se désole-t-il, avant de lancer un message au président de la République pour le lancement du projet si cher à la cité : le Dakargate.







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