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Stop au bradage du site d'Ayem – Monsieur le Président, sauvez votre vision nationale

Rédigé par leral.net le Lundi 29 Juin 2026 à 15:49 | | 0 commentaire(s)|

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l'État, Brice Clotaire Oligui Nguema,
Permettez-moi de vous interpeller avec respect et gravité.
Au Gabon, nous avons des hommes, des femmes de valeur et des centaines de jeunes capables de développer nos terres. Il suffit que l'État, via les mécanismes existants à la Banque pour le Commerce et l'Entrepreneuriat du Gabon - BCEG, à Bamboo, EDG (microfinance) et via la micro-assurance Samba, installe une cinquantaine, voire une (...)

- LIBRE PROPOS /

Excellence Monsieur le Président de la République,
Chef de l'État, Brice Clotaire Oligui Nguema,

Permettez-moi de vous interpeller avec respect et gravité.

Au Gabon, nous avons des hommes, des femmes de valeur et des centaines de jeunes capables de développer nos terres. Il suffit que l'État, via les mécanismes existants à la Banque pour le Commerce et l'Entrepreneuriat du Gabon - BCEG, à Bamboo, EDG (microfinance) et via la micro-assurance Samba, installe une cinquantaine, voire une centaine d'agripreneurs gabonais sur le site d'Ayem. Nous pouvons en faire une zone de production d'excellence en maraîchage, élevage de porcs et de poulets.

Or, des informations font état d'un projet de cession à des investisseurs chinois, malgré les millions déjà investis par l'État gabonais sur ce site. Cette orientation interroge. Elle révèle un décalage préoccupant entre l'ambition nationale affichée et la réalité du terrain.

Un écart entre le discours et les actes

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l'État, il y a 6 mois, un dossier complet a été transmis et déposé à votre cabinet pour la relance de ce site et Monsieur le Ministre de l'Agriculture actuel a été saisi également, et toujours sans suite.

Excellence, cet écart entre votre discours sur la nationalisation et la valorisation des compétences nationales, et ce qui se décide sur le terrain, nous interpelle.
Soit l'information ne remonte pas. Soit les arbitrages ne traduisent pas votre vision. Dans les deux cas, la situation est grave, car les Gabonais vous ont plébiscité à plus de 95% en raison de votre parcours, de votre engagement pour la restauration de nos dignités et de votre responsabilité au service de la nation gabonaise. Nous avons cru en ce choix et c'est pourquoi je me permets humblement de vous interpeller.

IGAD et le patrimoine national : interrogeons le modèle

L'IGAD existe depuis plus de 30 ans avec pour mission, de mettre autour du Grand Libreville une ceinture verte et aujourd'hui, malgré des milliards engloutis, nous dépendons toujours du Cameroun en fruits et légumes. En plus de cela, un statut juridique qui ne correspond plus aux réalités, et encore moins à votre vision. Comment une structure présentée comme centre de formation peut-elle se résoudre à brader le patrimoine national ?

Pourquoi l'IGAD ne mobilise-t-elle pas les stagiaires qu'elle a formés pour les installer sur ce site ? Pourquoi le MINAGRI, qui a signé une convention avec la BCEG, ne la traduit-il pas en actes en mettant en œuvre un modèle économique adapté aux réalités et aux besoins du pays ?

Excellence, bientôt un an après votre décision courageuse d'interdire l'importation de poulets de chair au Gabon, nous ne disposons même pas d'un bâtiment témoin pour nous inspirer ou attester d'une volonté d'application mise en place par le MINAGRI. C'est incompréhensible.

Pour information, c'est moi, Hervais Omva, qui ai initié en août 2025 à l'hôtel Radisson de Libreville la première rencontre des acteurs de la filière avicole, agriculteurs, transformateurs, transporteurs. L'objectif : réfléchir à la traduction concrète de votre décision d'interdiction pour 2027.

Cette rencontre, qui réunira une vingtaine d'acteurs majeurs, décidera de la tenue des Journées de Réflexion des Acteurs de la Filière Avicole au Gabon - JORAFA, en partenariat avec la Chambre de Commerce du Gabon, au mois d'août 2025.

Cette grande rencontre, qui réunira plus de 700 acteurs des secteurs agricole et avicole, fera de la structuration en Groupements d'Intérêt Économique l'une de ses recommandations phares, avec l'annonce de la création du Groupement d'Intérêt Avicole. Excellence, ce sont nous, les acteurs de terrain, qui avons donné corps à votre décision, avec nos propres moyens. Pourquoi vouloir nous mettre à l'écart aujourd'hui ?

Des solutions concrètes pour Ayem

Excellence, nous ne faisons la guerre à personne. Nous rappelons des faits et nous proposons.

Le Directeur Général actuel de l'IGAD a été pendant des années DG de la Formation Agricole et de la Recherche. C'est avec lui que nous avons conçu la formation DUAL AGRIPRENEUR, en partenariat avec le Ministère de la Formation Professionnelle et l'ancien Office National de l'Emploi, devenu Pôle National pour l'Emploi. Il a donc toutes les cartes en main pour réunir les acteurs techniques et économiques, et modéliser un site hybride : 80% pratique, 20% théorie. Un centre de production et de formation basé sur la méthode dual-IDRC Africa.

Après la ZAP de Kango, dont nous attendons toujours la livraison du centre de formation agricole financé à 100% par la Chine, le site d'Ayem ne doit pas suivre le même chemin.
Question simple : pourquoi les investisseurs doivent-ils toujours s'asseoir à une table déjà préparée ? En quoi sont-ils investisseurs s'ils ne prennent aucun risque ? Le Gabon dispose de millions d'hectares de terres agricoles disponibles. Pourquoi le Gabon doit-il toujours "s'allonger" pour offrir son marché en sacrifiant son développement durable ?

Faites-nous confiance…

Excellence Monsieur le Président, ce choix ne doit pas être validé. Ce serait une trahison de votre propre vision, et un signal désastreux au moment où le pays doit se réinventer économiquement.

Le Gabon n'a pas besoin qu'on brade ses terres. Il a besoin qu'on fasse confiance à sa jeunesse, à ses techniciens, à ses agripreneurs, à cet écosystème économique et entrepreneurial que vous avez savamment mis en place. Nous sommes prêts et disposés à faire du site d'Ayem une zone de production et de formation modèle et, pour cela, nous avons juste besoin de votre ok et nous mettrons en marche les outils de financement que vous avez mis en place.

Excellence, reprenez la main. Sauvez Ayem. Sauvez votre vision.

Hervais OMVA
Lusaka, 29 avril 2026



Source : https://www.gabonews.com/fr/actus/libre-propos/art...