leral.net | S'informer en temps réel

Télécoms et fintechs à l'assaut du crédit : l'UEMOA face à une question de règles

Après les paiements, les opérateurs télécoms et les fintechs avancent vers la collecte de dépôts et l'octroi de crédit. Une tribune de l'ancien banquier Thierno Seydou Nourou Sy pose la question de l'égalité des règles entre acteurs.


Rédigé par leral.net le Lundi 31 Août 2026 à 19:47 | | 0 commentaire(s)|

Le mobile money a cessé d'être un service annexe. Dans l'espace UMOA, il est devenu, pour des millions de personnes, le premier point d'accès à un service financier, souvent le seul. La question qui monte n'est plus celle de son adoption, mais de ce qui vient après.

Car les opérateurs ne s'arrêtent pas au transfert. Le mouvement décrit par l'ancien banquier Thierno Seydou Nourou Sy, dans une analyse publiée par Financial Afrik le 30 août, est celui d'une « transformation silencieuse » : partis des télécommunications, ces acteurs sont entrés dans les paiements et se dirigent désormais vers la collecte de dépôts et l'octroi de crédit pour compte propre, c'est-à-dire sur leur propre bilan.

Le cœur du débat est réglementaire. Une banque agréée est soumise à des exigences prudentielles : fonds propres, ratios de liquidité, provisionnement, supervision de la Commission bancaire. Un établissement de paiement ou une fintech opère sous un régime différent, calibré pour une activité de transfert et non de transformation de dépôts en crédits. Si les activités convergent sans que les contraintes convergent, la concurrence n'est pas comparable.

C'est le sens de l'avertissement de l'auteur : « L'inclusion financière est une ambition légitime. Elle ne doit ni organiser l'effacement progressif des banques, ni permettre des activités identiques sous des contraintes différentes. »

La question adressée aux régulateurs de l'Union, au premier rang desquels la BCEAO, est donc de savoir s'il faut attendre que le mouvement s'installe ou agir en amont. Elle est d'autant plus concrète que la Banque centrale a déjà resserré le cadre des services de paiement, avec une échéance de régularisation fixée aux fintechs.

Il s'agit d'une tribune d'analyse et non d'une décision de la BCEAO. Aucune modification du cadre prudentiel n'a été annoncée à ce jour.

Source : Financial Afrik, 30 août 2026 (tribune de Thierno Seydou Nourou Sy)


( Les News )