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Touba : condamné pour avoir enchaîné des talibés, un maître coranique explique ses actes devant le tribunal

Reconnu coupable de violences sur mineurs et d'exploitation de la mendicité, un maître coranique a été condamné par le tribunal des flagrants délits de Diourbel. À l'audience, il a reconnu avoir enchaîné sept talibés, invoquant des fugues répétées et le consentement des parents pour justifier ses actes.


Rédigé par leral.net le Lundi 27 Juillet 2026 à 14:26 | | 0 commentaire(s)|

Le tribunal des flagrants délits de Diourbel a condamné un maître coranique, identifié sous le nom de M. Dramé, à 15 jours de prison ferme et à une amende de 50 000 FCFA pour des faits de violences sur mineurs et d'exploitation de la mendicité.

Le prévenu a été reconnu coupable de « violences et voies de fait sur des mineurs de moins de 15 ans par une personne ayant autorité sur eux » ainsi que d'« exploitation de la mendicité d'autrui ».

À la barre, M. Dramé a reconnu avoir enchaîné aux chevilles sept talibés âgés de 9 à 14 ans pendant plusieurs jours.

Pour expliquer son geste, il a affirmé que ces enfants avaient l'habitude de quitter le daara au lieu de suivre leurs enseignements religieux.

« Ils avaient l'habitude de fuguer au lieu d'apprendre leurs leçons », a-t-il déclaré, ajoutant avoir obtenu l'accord de leurs parents après les avoir contactés par téléphone.

Le maître coranique a également reconnu avoir demandé aux enfants de mendier. Selon lui, les sommes recueillies servaient à couvrir les dépenses quotidiennes du daara ainsi que ses propres besoins.

Il a toutefois exprimé des regrets sur cette pratique, estimant que certains parents ne participent pas suffisamment à la prise en charge des enfants qu'ils confient aux écoles coraniques.

Au cours de l'audience, le ministère public avait requis une peine de deux ans d'emprisonnement avec sursis.

De son côté, l'avocat de la défense, Me Serigne Diongue, a plaidé la clémence, estimant que son client avait agi sans mesurer les conséquences juridiques de ses actes.

Quatre des sept talibés entendus par le tribunal ont confirmé les déclarations de leur maître coranique et n'ont formulé aucune demande de dommages et intérêts. Le tribunal en a pris acte avant de rendre son verdict.