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UN NOUVEAU PATRON SUR LE CHANTIER CNES : Abdel Kader Ndiaye pour bâtir une nouvelle dynamique


Rédigé par leral.net le Lundi 30 Mars 2026 à 10:51 | | 0 commentaire(s)|

Dans un contexte de recomposition économique, l’arrivée d’Abdel Kader Ndiaye à la tête de la Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal (CNES) marque une étape importante pour un patronat appelé à jouer un rôle plus stratégique dans la trajectoire économique du Sénégal.
UN NOUVEAU PATRON SUR LE CHANTIER CNES : Abdel Kader Ndiaye pour bâtir une nouvelle dynamique
Le patronat sénégalais tourne une page. A l’issue du Conseil d'administration de la Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal (CNES), réuni en séance le samedi 28 mars 2026, et qui a procédé à l'élection de son nouveau président, Abdel Kader Ndiaye, président du Syndicat des Entreprises du Bâtiment et des Travaux Publics (SNBTP) et dirigeant du groupe BATIMEX, a été élu à la majorité des suffrages exprimés.

Un bureau pour aller loin

Pour l'accompagner dans ses nouvelles fonctions, un bureau diversifié a été mis en place. Mamadou Abib Diop (SAR) occupe le poste de premier vice-président chargé du développement et de la coopération, tandis que Mohamed Seck (Sahel Services) est en charge des fédérations. Abdoul Aziz Sy (Sup DECO) hérite des affaires économiques et Ibrahima Gallo Ndao (EUROCHAM) de la communication. Un attelage qui reflète la diversité du tissu économique sénégalais (secteur pétrolier, services, éducation, commerce international).

Dans une volonté de continuité, le Conseil d'administration a également désigné plusieurs présidents d'honneur, rendant hommage à Ibou Ndiaye, Adama Lam (président sortant), Babacar Ndiaye et Abdourahmane Ndoye pour leur contribution. Un geste élégant qui dit beaucoup sur le style du nouveau président : avancer sans effacer.

Un style qui traduit d’ailleurs sa vision : préserver les valeurs des fondateurs ; changer d’échelle d’ambitions pour l’avenir.

C’est ainsi qu’il l’a exprimé dans le préambule de son acte de candidature : préserver l’héritage précieux des fondateurs (fondé sur des valeurs de professionnalisme, de transparence, de bonne gouvernance et de patriotisme économique) tout en s’adaptant avec audace aux réalités contemporaines.
 
Un choix qui ne doit rien au hasard

Né à Saint-Louis, Abdel Kader Ndiaye est ingénieur polytechnicien, diplômé de l'École Polytechnique de Thiès (EPT/ACDI), titulaire d'un MBA de l'UQAM et d'un Master en Management et Régulation des Marchés Publics de l'ENA. Un bagage académique solide, forgé entre le Sénégal et le Canada, qui dit beaucoup sur l'homme : rigoureux, méthodique, attaché aux règles et aux procédures (des qualités précieuses pour diriger une organisation aussi diverse que la CNES).

Reconnu pour son engagement citoyen, notamment en tant que cheville ouvrière de la rénovation de la Grande Mosquée de sa ville natale, ce profil de bâtisseur, alliant rigueur professionnelle et sens des responsabilités collectives, a sans doute séduit les membres de la confédération dans un contexte de réformes structurelles nationales.

Son parcours reflète une connaissance fine des contraintes des entreprises, des enjeux d’investissement, et des réalités du tissu productif local.

Ce positionnement, à la croisée de l’opérationnel et du plaidoyer, constitue un atout dans la conduite d’une organisation patronale.

Un homme de combat pour le secteur privé national

Ce qui distingue surtout Abdel Kader Ndiaye dans le paysage patronal sénégalais, c'est avant tout sa capacité à dire ce qui dérange (et à le dire haut). À la tête du Syndicat des Entreprises du Bâtiment et des Travaux Publics (SNBTP), il n'a jamais ménagé ses mots sur la situation du secteur du BTP. Il déplore que sur les 22 200 milliards FCFA de commande publique en six ans, soit 2 500 à 3 000 milliards par an, le secteur du BTP ne ressente pas suffisamment les retombées, et que 70% des marchés, en valeur, échappent au secteur privé national. Entre 2019 et 2023, plus de 7 000 milliards FCFA de commande publique ont été contractés par des multinationales étrangères au détriment des entreprises nationales.

Face à ce constat, Abdel Kader Ndiaye n'a jamais hésité à monter au créneau, exigeant la préférence nationale et plaidant pour une régulation plus forte de la commande publique. Un tempérament de combattant (exactement ce dont la CNES a besoin dans un contexte économique tendu).

Un réformateur dans l'âme

Son engagement dépasse largement le secteur du BTP. Il a présidé la commission nationale de réforme du cadre juridique et institutionnel des partenariats public-privé entre 2013 et 2014, et a participé activement aux réformes des systèmes de passation des marchés publics au Sénégal et dans l'UEMOA entre 2004 et 2007. Des réformes structurantes dont les effets se font encore sentir aujourd'hui.

Il a également été Administrateur et Vice-Président de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, Président de la Commission de Médiation du Haut Conseil du Dialogue Social, et membre du Comité de Règlement des Différends de l'Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP).

Un parcours institutionnel qui témoigne d'une connaissance intime des rouages de l'État et du dialogue public-privé (atout précieux pour le nouveau président de la CNES).

La vision qui apparaît dans son programme repose sur « une approche pragmatique, inclusive et orientée résultats », articulée autour de leviers essentiels tels que « la formation, les partenariats stratégiques, la valorisation du « Made in Senegal » et une communication moderne et efficace ».

Un agenda chargé, des attentes immenses

Le nouveau président devrait impulser une dynamique axée sur la compétitivité des entreprises, le dialogue avec les autorités publiques et l'amélioration du climat des affaires. Dans un contexte économique en mutation, Abdel Kader Ndiaye devra également répondre aux attentes liées à la création d'emplois, à la formalisation du secteur informel et à l'accompagnement des PME.

La CNES, composée de 17 fédérations et groupements professionnels syndicaux et structurée autour de six commissions techniques, est une institution dont le poids dans le dialogue social et économique du pays est considérable. En prendre la tête, c'est s'engager à porter la voix de milliers d'entreprises sénégalaises auprès des pouvoirs publics, des partenaires sociaux et des institutions internationales.

La Confédération nationale des employeurs du Sénégal se trouve aujourd’hui à un moment charnière. Elle est attendue sur des questions structurantes : dialogue avec les pouvoirs publics, amélioration du climat des affaires, accès au financement, compétitivité des entreprises, formalisation de l’économie.

Dans ce contexte, la capacité du nouveau président à fédérer les différentes composantes du secteur privé sera déterminante.

Une responsabilité élargie

L’accession de Abdel Kader Ndiaye à la tête de la CNES intervient à un moment où le secteur privé est appelé à jouer un rôle moteur dans la croissance. Elle ouvre une séquence où le patronat devra conjuguer influence, responsabilité, et capacité de proposition.

Dans un environnement marqué par des tensions sur le financement, des transformations économiques rapides, et des exigences accrues en matière de gouvernance, le rôle du patronat apparaît plus que jamais stratégique. Il ne s’agit plus seulement de représenter les entreprises, mais de contribuer activement à la définition des politiques économiques.
C’est dans cet esprit que la candidature de Abdel Kader Ndiaye avait été portée par une ambition claire : faire du patronat sénégalais un acteur crédible, influent et structurant du développement économique et social du Sénégal.

La tâche est immense. Mais au regard du parcours d'Abdel Kader Ndiaye (ingénieur, réformateur, combattant du secteur privé national), le patronat sénégalais semble avoir fait le bon choix.

Son credo est une promesse : « Être Président de la CNES, ce n’est pas occuper un siège. C’est porter un bouclier pour défendre et développer le secteur privé ».
Malick NDAW
 
 
 



Source : https://www.lejecos.com/UN-NOUVEAU-PATRON-SUR-LE-C...

La rédaction