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Vendredi 14 Août 2015

Vidéo - Hann Marinas : Un dangereux produit toxique installe la psychose dans le quartier




Les habitants de Hann Marinas, quartier situé dans la commune de Hann Bel Air, sont en danger de mort. Depuis lundi dernier, une substance toxique pollue le quartier rendant l’air irrespirable. Selon les témoignages recueillis sur place, l’odeur s’échappe de l’urée stockée dans un entrepôt appartenant à la Société Nouvelle pour le Transit et le Transport (Sntt Logistic). En effet, le week-end, à la suite des fortes pluies, une partie de ce produit exposé à l’air libre a été inondée. Ce contact de l'urée avec l’eau a causé la vaporisation d'une substance dans l’air. Face aux cris de détresse des habitants, le délégué de quartier de Hann Marinas, Malang Badiane, et le maire de la localité, Babacar Mbengue, constatent impuissants les dégâts (voir vidéo). La brigade de la Gendarmerie en charge de l’environnement a effectué une descente sur les lieux, hier, et a sommé les responsables de la Sntt à enlever leur stock et à curer l’eau stagnante dans l’entrepôt. Mais toujours est-il qu’ils continuent à faire le mort. Nous avons tenté de joindre la direction de la société Sntt logistics pour avoir leur réaction, mais nos efforts sont restés vaines. Suivez cette vidéo.

Reportage par 607b3ea186e7f95a926468735

A Hann Marinas, tous les esprits sont actuellement tournés vers l’explosion des cuves d’ammoniac de l’usine de la Sonacos à Yarakh en 1992. Si les résidents s’en rappellent, c’est parce qu’il y a un entrepôt rempli d’urée dans le quartier en ce moment. La cohabitation de ce produit avec l’eau, pouvant créer un grand danger, les populations demandent avec insistance que l’urée soit déstockée, avant que l’eau des pluies ne vienne le dissoudre. Ce qui peut provoquer... une Sonacos bis.

Le quartier huppé de Hann Marinas à Yarakh ne respire plus la forme. Depuis quelques jours en effet, l’air pur qui se dégageait de la mer d’à côté, a cédé la place à une odeur pestilentielle, qui s’échappe d’un entrepôt, rempli d’urée. Celui-ci, grand de plusieurs hectares est contigu au quartier et devient encombrant aux yeux des riverains, qui redoutent une catastrophe similaire à l’explosion des cuves d’ammoniac de l’usine de la Sonacos à Yarakh en 1992.

Vingt trois (23) ans après cette tragédie, l’ammoniac hante toujours le sommeil des habitants de Hann Marinas. Convaincus que le mélange de l’eau et de l’urée peut produire de l’ammoniac, certains résidents de Hann Marinas ne dorment plus les poings fermés.

A l’image du chef de quartier Malang Badiane, qui dit s’inquiéter surtout durant cette période d’hivernage. «On ne serait jamais restés ici, pour discuter si vous étiez venus en début de semaine, tellement l’air était irrespirable dans le quartier», nous assure-t-il, à quelques mètres de l’entrepôt.

Pointant du doigt l’entrepôt, il regrette les lenteurs dans le déstockage de l’urée qui peut être assiégée à tout moment, par les eaux de pluie, comme ce fut le cas le weekend dernier. Mody Diop, également résident de Hann Marinas a manifesté ses inquiétudes, révélant que depuis lundi d’ailleurs, plusieurs familles ont déménagé des lieux, pour se mettre à l’abri.

«Des gens ont fui, parce que ce n’est pas sûr ce qui se passe dans cet entrepôt, d’autant plus qu’à Hann Marinas, les gens ont toujours la hantise de l’ammoniac», racontet-il, le visage dégoulinant de sueur.

Ce jeune homme de près de 40 ans a indiqué au Quotidien où se trouve exactement l’entrepôt et nous servait en quelque sorte de guide, en nous désignant toutes les personnes ressources de ce quartier, jadis très paisible. Parmi celleci justement, il y a Mamadou Bocar Thiam qui, en plus d’être de Hann Mariste est un conseiller municipal et membre d’une association de protection de l’environnement.

Pour M. Thiam, il ne fait aucun doute que leur vie dépend aujourd’hui des conditions climatiques. «Si ça pleut abondamment, Dieu seul sait, ce qui va advenir de nos vies», dit-il, visiblement indigné. Une indignation collective qui se lit sur tous les visages à Hann Marinas où la plupart des résidents préfèrent se terrer chez eux, attendant que l’urée soit enlevée de ce lieu

DES SACS DE RIZ DÉVERSÉS PAR TERRE À CAUSE DE LA DERNIÈRE PLUIE

Les services de contrôle alimentaire interpellés

Dans ce vaste entrepôt de la Société nouvelle pour le transit et le transport (Sntt), ce n’est pas seulement de l’urée, qui y est gardée. A quelques mètres des stocks de ce produit, sont également amassées des centaines de sacs de riz, destinés sans doute à la consommation.

Ce qui fait craindre car les dernières pluies ont endommagé plusieurs de ces sacs, dont le contenu s’est retrouvé par terre. Mais des ouvriers s’affairaient encore autour de ce riz, impropre à la consommation, pour le remettre dans les sacs.

On imagine que le produit va être écoulé sur le marché, après qu’il a été en contact avec des eaux de pluie et peut-être même avec de l’urée, d’où l’urgence pour les services de contrôle alimentaire du ministère du Commerce de venir jeter un coup d’œil sur la qualité de ce riz.

HAMIDOU WONE, CHEF D’EXPLOITATION DE LA SNTT

«Nous sommes en train d’évacuer l’urée des lieux»

La Société nouvelle pour le transit et le transport (Sntt), qui exploite l’entrepôt où est stocké une importante quantité d’urée à Yarakh, est en train d’évacuer le produit agricole des lieux. C’est du moins, l’assurance de son chef d’exploitation, le nommé Hamidou Wone, que nous avons joint hier par téléphone.

Il indique au bout du fil, que déjà, pour montrer toutes leurs dispositions à sécuriser les populations, ils ont mis à contribution des camions hydrocureurs, pour vider l’eau des pluies de l’entrepôt. «Nous n’avons pas eu attendu qu’on nous demande d’enlever les eaux. Vous n’avez pas trouvé de l’eau sur les lieux, n’est-ce pas ?», a-t-il réagi.

Dans l’entrepôt, les récentes traces des eaux de pluies sont encore visibles sur les lieux. Mais cela n’exclut pas le danger, qui peut arriver à tout moment, car nous sommes en période d’hivernage, comme l’ont fait remarquer des résidents de Hann Marinas.

M. Wone s’est par ailleurs désolé que la Sntt soit obligée aujourd’hui, de déstocker un produit, qui n’aurait pas dû être encore sur les lieux. «L’urée devait être livrée depuis longtemps, parce qu’elle est destinée à des paysans. Au moment où je vous parle, elle devait être utilisée dans les champs. Nous-mêmes, on ne s’explique pas encore, pourquoi ses propriétaires ne sont pas venus la récupérer. Mais retenez que nous ne sommes ni propriétaires ni vendeurs», se défend-il, suite à la question, relative au danger que courent les résidents de Hann Marinas.

De visu, les camions allaient et revenaient à un rythme très fréquent, certainement pour enlever l’urée, comme assuré par Hamidou Wone, mais ce qu’il n’a pas dit, c’est que c’est la gendarmerie de Hann, qui a sommé la Sntt, à déstocker le produit dans les meilleurs délais.

La Brigade de l’Environnement, qui a antérieurement fait une descente sur les lieux, après saisine des autorités municipales en début de semaine, a fait un rapport circonstancié à la gendarmerie qui, pour plus de sécurité, a tout bonnement demandé l’enlèvement du produit.

La question que l’on se pose, c’est qu’est ce que ces sacs d’urée où on peut lire : «Campagne agricole 2015», font dans cet entrepôt à cette période de l’hivernage. Le produit consiste en effet, à incorporer par arrosage une solution d’urée au fourrage grossier sec et à recouvrir l’ensemble avec les matériaux étanches localement disponibles


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