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International

Burkina Faso : Germaine Pitroipa revient sur ses échanges avec Thomas Sankara avant sa mort

Rédigé par leral.net le Samedi 10 Octobre 2026 à 23:00 |

Dans un entretien accordé au média numérique Argenlivre, l’ancienne responsable de la province du Kouritenga affirme avoir alerté Thomas Sankara sur les menaces qui pesaient sur lui avant son assassinat, le 15 octobre 1987.


Germaine Pitroipa, ancienne compagne de lutte de Thomas Sankara et ex-haut-commissaire de la province du Kouritenga sous la révolution sankarienne, a livré de nouveaux témoignages sur les tensions politiques qui ont précédé la mort de l’ancien président burkinabè.

Dans une interview accordée récemment au média numérique Argenlivre, elle est revenue sur les informations dont elle disposait à l’époque concernant un complot présumé visant à éliminer le capitaine Sankara. Selon son récit, des contradictions existaient au sein du pouvoir révolutionnaire et Blaise Compaoré aurait, d’après elle, activé des démarches visant à tuer son compagnon de lutte.
Une alerte lancée quelques semaines avant l’assassinat
Germaine Pitroipa affirme avoir rencontré Thomas Sankara le 19 septembre 1987, alors qu’elle était particulièrement préoccupée par les menaces qui pesaient sur lui. Elle dit lui avoir demandé pourquoi il n’agissait pas, alors qu’il aurait lui-même été informé de ce qui se préparait.
Au cours de cet échange, elle lui aurait conseillé de « neutraliser » Blaise Compaoré. Mais, selon son témoignage, Sankara aurait refusé d’envisager une action pouvant entraîner la mort de son ami.
L’ancienne responsable rapporte cette réponse : « Neutraliser en terme militaire, c’est tuer », avant d’expliquer que le dirigeant refusait de « salir » ses mains du sang de son compagnon.
Sankara privilégiait les arguments révolutionnaires
D’après Germaine Pitroipa, Thomas Sankara estimait qu’une arrestation de Blaise Compaoré devait pouvoir être justifiée auprès du peuple burkinabè. Il aurait ainsi préféré que les divergences soient réglées sur le terrain politique et idéologique plutôt que par les armes.
« Les armes qu’on a, ce sont les arguments révolutionnaires », aurait-il déclaré, selon le récit de son ancienne collaboratrice.
Ces confidences apportent un éclairage rétrospectif sur les tensions qui traversaient le pouvoir burkinabè dans les semaines précédant le 15 octobre 1987, date de l’assassinat de Thomas Sankara. Elles restent toutefois le témoignage de Germaine Pitroipa, rapporté dans son entretien avec Argenlivre.
 




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