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International

Pékin hausse le ton sur l’IA : le renseignement chinois redoute une menace pour la sécurité nationale

Rédigé par leral.net le Lundi 14 Septembre 2026 à 13:56 |

Le ministre chinois de la Sécurité d’État, Chen Yixin, alerte sur les risques liés à l’intelligence artificielle. Selon lui, des puissances étrangères pourraient exploiter les technologies génératives pour mener des campagnes de désinformation, collecter des données sensibles et fragiliser les infrastructures stratégiques chinoises.


La Chine durcit son discours sur les risques liés à l’intelligence artificielle. Chen Yixin, ministre de la Sécurité d’État, a estimé que l’IA constituait désormais un enjeu majeur de sécurité nationale et un nouveau terrain de rivalité entre grandes puissances.

Dans un article publié dimanche, le responsable chinois affirme que des « forces hostiles » utilisent les technologies d’IA générative pour produire des rumeurs et diffuser des informations jugées nuisibles par Pékin.

Selon lui, ces pratiques alimenteraient des formes de « guerres d’opinion publique » et de « guerres cognitives », susceptibles de menacer la sécurité politique, institutionnelle et idéologique de la Chine.

L’IA, nouveau front de la rivalité entre puissances

Pour Chen Yixin, l’intelligence artificielle est désormais « le principal champ de bataille de la concurrence technologique mondiale » et constitue un nouveau terrain de confrontation stratégique entre les grandes puissances.

Il met notamment en garde contre l’utilisation de systèmes d’IA dotés de capacités avancées en matière de cybersécurité offensive. Le responsable chinois estime que de telles technologies pourraient représenter une menace pour les infrastructures d’information critiques du pays.

Il accuse également les services de renseignement étrangers de recourir massivement à l’IA pour collecter des informations sensibles, notamment des données stratégiques, des secrets commerciaux et des informations relatives à la vie privée des citoyens.

Pékin veut préserver sa souveraineté technologique

Cette prise de position intervient dans un contexte de débat international croissant sur l’encadrement de l’intelligence artificielle.

Aux États-Unis, le patron d’Anthropic, Dario Amodei, a récemment appelé les entreprises du secteur à ralentir le rythme de développement des modèles les plus avancés afin de permettre aux mécanismes de sécurité de suivre leur progression. Le patron d’OpenAI, Sam Altman, ainsi qu’Elon Musk ont également exprimé leur soutien à cette approche.

La question de la gouvernance de l’IA doit par ailleurs s’inscrire dans le contexte plus large des relations technologiques et stratégiques entre Washington et Pékin.

Les puces au cœur de la bataille

Chen Yixin insiste également sur la nécessité pour la Chine de renforcer son autonomie technologique.

Il appelle notamment à garantir la maîtrise des technologies clés, en particulier les puces informatiques de pointe, indispensables à l’entraînement et au fonctionnement des modèles d’intelligence artificielle les plus performants.

Pour Pékin, la course à l’IA ne se limite donc plus à une compétition industrielle. Elle touche directement à la souveraineté technologique, à la cybersécurité et à la capacité des grandes puissances à protéger leurs infrastructures stratégiques.

Alors que les appels à davantage de contrôle se multiplient dans le monde de la technologie, la Chine entend ainsi ne pas subir cette révolution mais conserver la maîtrise des technologies qu’elle considère comme essentielles à sa sécurité nationale.