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Politique

LFR 2026 rejetée : Abdourahmane Sarr réclame une vérité budgétaire et une trajectoire crédible

Rédigé par leral.net le Mardi 3 Novembre 2026 à 22:35 |

Après le rejet du projet de loi de finances rectificative par l’Assemblée nationale, l’ancien ministre de l’Économie livre son analyse des chiffres et appelle à davantage de transparence dans la gestion des finances publiques. Il estime que la sincérité budgétaire doit primer sur les considérations politiques et plaide pour une trajectoire permettant de ramener le déficit à 3 % du PIB en 2027.


 

Le rejet de la loi de finances rectificative (LFR) 2026 continue d’alimenter le débat politique et économique au Sénégal. Dans une publication sur le réseau social X, ce mardi 3 novembre, l’ancien ministre de l’Économie Abdourahmane Sarr est revenu sur cette séquence parlementaire, en mettant l’accent sur la transparence des comptes publics et la nécessité de bâtir une stratégie de financement crédible.
D’emblée, l’ancien membre du gouvernement considère que les débats autour du collectif budgétaire constituent une séquence importante pour la démocratie sénégalaise. Il dit ne pas être surpris par les tensions observées, au regard de la configuration politique et de la répartition des rôles entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko.
Pour Abdourahmane Sarr, la situation actuelle doit surtout servir à tirer les leçons des insuffisances constatées dans la gestion des finances publiques au cours des dernières années. Il appelle à rompre avec les pratiques d’opacité et à renforcer la souveraineté du Sénégal dans l’établissement de sa situation économique et financière.
« Le Sénégal a besoin d’une stratégie de financement crédible et d’une prise de responsabilité souveraine sur sa trajectoire économique », soutient-il, estimant que les finances publiques ne doivent plus dépendre d’acteurs extérieurs pour faire apparaître la réalité des comptes de l’État.
L’ancien ministre rappelle que cette exigence de transparence figurait déjà dans le rapport macroéconomique publié par son département en mars 2026. Ce document fixait notamment l’objectif de ramener le déficit budgétaire à 3 % du produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2027, en tenant compte des chocs économiques enregistrés au début de l’année.
Il insiste ainsi sur la nécessité de construire la LFR à partir des données réelles d’exécution du budget, en prenant notamment les réalisations de 2025 comme référence pour évaluer les capacités d’investissement de l’État.
Des prévisions d’investissement jugées difficiles à atteindre
Pour étayer ses réserves, Abdourahmane Sarr s’appuie sur les chiffres des investissements publics. Selon les données qu’il avance, leur niveau atteignait 1 031 milliards de FCFA à fin septembre 2026, contre 1 069 milliards à la même période en 2025.
Or, la LFR prévoit une enveloppe de 2 249 milliards de FCFA pour les investissements publics. Pour atteindre cet objectif, l’État devrait donc exécuter 1 218 milliards de FCFA au cours des trois derniers mois de l’année, soit un montant supérieur à celui réalisé durant les neuf premiers mois.
« Ce n’est pas possible ou il faudrait le démontrer », estime l’ancien ministre, qui invite ainsi l’Exécutif à justifier le réalisme de ses prévisions.
Les subventions énergétiques au cœur du débat
L’ancien ministre attire également l’attention sur la comptabilisation des subventions énergétiques. Selon lui, l’ensemble des obligations financières de l’État doit être pris en compte, indépendamment des délais administratifs liés à leur ordonnancement.
Il estime qu’il revient à l’Exécutif de prendre les dispositions nécessaires pour garantir la continuité du secteur énergétique, y compris, lorsque les conditions légales sont réunies, par le recours à des décrets d’avance.
Sur la relation avec les partenaires internationaux, notamment le Fonds monétaire international (FMI), Abdourahmane Sarr reconnaît l’importance de la fiabilité des informations budgétaires transmises. Il rappelle toutefois que la défense des intérêts du peuple sénégalais relève avant tout des institutions nationales.
« Le FMI n’est pas le représentant des intérêts du peuple sénégalais. Cette responsabilité appartient à nos institutions », souligne-t-il.
Un déficit inférieur à 5 % en 2026 comme objectif
Pour l’avenir, l’ancien ministre considère qu’un déficit inférieur à 5 % du PIB, sur la base d’un PIB rebasé en 2026, paraît désormais accessible. Une telle performance pourrait, selon lui, faciliter le retour à un déficit de 3 % en 2027.
Il estime également qu’une trajectoire budgétaire crédible renforcerait la position du Sénégal au sein de l’UEMOA et améliorerait ses capacités de refinancement sur le marché régional, sans recourir à une restructuration de la dette.
En conclusion, Abdourahmane Sarr rappelle que la rigueur dans la gestion des finances publiques doit dépasser les clivages politiques. Pour lui, la sincérité budgétaire constitue une condition essentielle à la confiance des citoyens, des investisseurs et des partenaires du Sénégal.
 




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