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Politique

​Arona Diouf et Ousmane Sonko : deux déclarations, deux époques, une même question sur les limites du discours politique

Rédigé par leral.net le Lundi 2 Novembre 2026 à 00:12 |

Alors que les propos d’Arona Coumba Ndoffène Diouf sur Ousmane Sonko provoquent une vive polémique en octobre 2026, une ancienne déclaration du leader de Pastef visant Macky Sall, avec une référence à l’ancien président libérien Samuel Doe, refait surface. La comparaison entre les deux séquences relance le débat sur la responsabilité des acteurs politiques et la cohérence dans l’appréciation des discours jugés menaçants.


La polémique autour des déclarations d’Arona Coumba Ndoffène Diouf visant Ousmane Sonko remet en lumière une question sensible dans le débat politique sénégalais : les mêmes exigences doivent-elles s’appliquer à tous les responsables politiques lorsqu’ils tiennent des propos controversés ?

En octobre 2026, Arona Coumba Ndoffène Diouf, membre fondateur du parti Kiiraay, a prononcé la formule « Il faut arrêter Ousmane Sonko ». Une déclaration qui a suscité une réaction ferme de Pastef, dont le Bureau politique national a dénoncé des propos qu’il considère comme dangereux et susceptibles de viser l’intégrité physique de son leader.

Face aux accusations, Arona Coumba Ndoffène Diouf a contesté toute intention d’élimination physique. Dans un entretien accordé à Source A, il a demandé que ses déclarations soient replacées dans leur contexte et que ses contradicteurs produisent les preuves de leurs accusations.

En février 2023, Sonko avait évoqué Samuel Doe à propos de Macky Sall

Mais trois ans auparavant, en février 2023, Ousmane Sonko avait lui-même tenu des propos particulièrement forts à l’endroit du président Macky Sall.

Lors d’un meeting du Parti de l’Unité et du Rassemblement (PUR), le leader de Pastef avait lancé cet avertissement :

« Si Macky touche encore à un leader de YAW, nous allons le traîner hors du Palais comme Samuel Doe. »

Cette déclaration faisait référence à Samuel Doe, ancien président du Liberia, capturé, torturé et exécuté en septembre 1990 dans un contexte de guerre civile.

La référence historique était donc particulièrement lourde et avait suscité des interrogations sur les limites du langage politique.

Sonko avait été reconduit à son domicile par les forces de l’ordre

Quelques jours auparavant, le 16 février 2023, Ousmane Sonko avait été extrait de force de son véhicule par les forces de l’ordre, à la suite de son passage au tribunal de Dakar.

Les images de cette intervention avaient largement circulé. Il avait ensuite été reconduit à son domicile dans un fourgon blindé de la police.

Selon les informations rapportées à l’époque par l’AFP, les autorités avaient fait escorter le responsable politique jusqu’à sa résidence. Sonko avait lui-même expliqué que les forces de l’ordre avaient voulu assurer sa sécurité.

Cet épisode mérite d’être rappelé : malgré la tension politique et la violence des échanges verbaux, Sonko avait finalement été ramené chez lui, et non livré à une foule ou abandonné à son sort.

Il convient toutefois de distinguer la décision opérationnelle des forces de l’ordre d’une décision personnelle de Macky Sall : aucune des sources citées ici ne permet d’affirmer que l’ancien président a personnellement donné cet ordre.

Une exigence de cohérence pour tous les responsables politiques

La comparaison entre les deux séquences ne signifie pas que les déclarations sont identiques. Les mots employés, leur contexte et leur portée doivent être examinés séparément.

Mais elle pose une question légitime : pourquoi les déclarations controversées d’un responsable politique devraient-elles être appréciées différemment selon qu’elles visent le pouvoir ou l’opposition ?

La liberté d’expression politique ne saurait justifier les menaces physiques. Cette exigence doit être valable pour tous, qu’il s’agisse d’Ousmane Sonko, d’Arona Coumba Ndoffène Diouf ou de tout autre acteur de la vie publique.

Au Sénégal, la responsabilité des dirigeants passe aussi par la maîtrise de leur langage et le refus de banaliser les références à la violence politique.




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