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19 ans après le naufrage du joola, les familles des victimes réclament les 6 milliards restants des 20 débloqués pour les indemnisations

Dix-neuf ans après le drame du naufrage du bateau Le Joola, qui avait fait 1 853 morts et disparus, les plaies sont encore loin de se cicatriser. Et les familles des victimes déplorent aujourd’hui l’oubli imposé, alors qu’il y a eu une négligence coupable de l’Etat d’alors. Selon Cheikhna Keita, président par intérim de l’Association nationale des familles des victimes, l’Etat doit restituer aux familles les 6 milliards de FCfa qui restent de l’enveloppe de 20 milliards FCfa dédiée à l’époque aux indemnisations et qui sont bloqués dans un compte.


Rédigé par leral.net le Lundi 13 Septembre 2021 à 20:30 | | 0 commentaire(s)|

19 ans après le naufrage du joola, les familles des victimes réclament les 6 milliards restants des 20 débloqués pour les indemnisations
Le 26 septembre prochain marquera les 19 ans d’après naufrage du bateau Le Joola, au large des côtes gambiennes, avec officiellement, 1 853 morts et disparus, 64 rescapés. Dix-neuf ans après, les familles des victimes déplorent l’oubli imposé au moment où, selon Cheikhna Keïta, président par intérim de l’Association nationale des familles des victimes, toute l’Amérique s’est mobilisée comme un seul homme, ce 11 septembre 2021, pour se souvenir du drame vécu par leur peuple le 11 septembre 2001, suite à des attentats terroristes.

D’après lui, Me Abdoulaye Wade avait à l’époque versé une enveloppe de 20 milliards de FCfa destinée à l’indemnisation des familles des victimes. Après les opérations, il reste encore 6 milliards qui sont bloqués dans les comptes. Cette somme appartient aux familles et toutes les dispositions doivent être prises pour la leur restituer. « Nous demandons au président de la République de faire lever ces fonds pour que les familles puissent en bénéficier, en mettant à jour la fondation et en aidant les familles qui sont dans le besoin », souligne Cheikhna Keïta.

Il ajoute que 19 ans après ce drame qui a endeuillé toute une nation, les familles des victimes ne retiennent rien du tout, sinon un abandon total de la part de l’Etat du Sénégal. Il poursuit : « Nous sommes écœurés parce que victimes d’un oubli qu’on veut nous imposer, par le fait que rien n’est fait pour s’occuper de ces gens victimes de ce grand malheur. Et pourtant, ce naufrage découle de la négligence coupable de l’Etat d’alors. Et pour cause, le bateau était en panne et un changement de moteur s’imposaient pour un coût de moins d’un milliard de FCfa. Au lieu de le faire, il y a eu un simple colmatage, suivi d’un voyage inaugural, pour présenter le bateau à la Casamance. A cette occasion, l’un des moteurs est retombé en panne et le bateau a failli chavirer, mais la vérité a été cachée. C’est ainsi que les autorités à bord ont été reçues en grande pompe à Ziguinchor, avant leur retour à Dakar par la voie aérienne ».

Jusqu’ici, se désole-t-il, justice n’est pas encore rendue et le fait de dire que c’est le commandant porté disparu qui est le seul responsable du naufrage, est inacceptable. « Que dire de ceux qui ont surchargé le bateau avec la vente de plus de billets ? Que dire de ceux qui entretenaient la magouille à bord, avec par exemple le chargement de bois de Venne ? ».

Telles sont les questions que s’est ensuite posé Cheikhna Keïta, avant d’affirmer que les responsabilités doivent être situées avec plus de rigueur, de sérieux et d’objectivité. Il révèle que plusieurs heures après le drame, il y avait encore des survivants dans le bateau et pourquoi l’ordre n’a pas été donné de faire intervenir la frégate française, s’est encore interrogé le Président par intérim de l’association. Il poursuit : «Nous demandons justice à celui qui gouverne actuellement le Sénégal ».

Selon lui, le 26 septembre n’est toujours pas déclaré férié malgré la demande des familles des victimes depuis 19 ans. Ce qui permettrait au moins, à toutes les autres générations de prendre conscience de cette catastrophe maritime que le monde n’a jamais connu avec 1 853 morts et disparus, selon les chiffres officiels ; mais en réalité, ils sont plus de 2 500 et 64 rescapés, laissant une plaie toujours ouverte.

Personne ne comprend, dit-il, pourquoi le renflouement du bateau n’a toujours pas été fait, alors que l’Union Européenne s’était déclarée volontaire pour le faire. Il révèle aussi qu’en ce qui concerne le mémorial, rien n’a été fait à Dakar depuis la pose de la première pierre par l’ex-président de la République Me Abdoulaye Wade. Ce dernier avait également promis une fondation pour que les familles puissent être soutenues, mais le projet est resté au stade de promesse et les orphelins sont oubliés.

Pour lui, chaque 26 septembre, en lieu et place d’une véritable commémoration à la mémoire des disparus, une délégation est dépêchée à Ziguinchor pour faire un discours et jeter des fleurs dans la mer. Le président de la République est directement interpellé pour régler cette situation pour de bon.





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