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Mercredi 14 Janvier 2026

Affaire Bineta "mécanicienne" et Cie : De lourdes peines de prison requises par le Procureur


Le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye a jugé, ce mercredi, l’affaire dite « Bineta mécanicienne », impliquant quatorze prévenus, dont des élèves et des étudiants. Ils sont poursuivis notamment, pour association de malfaiteurs, mise en danger de la vie d’autrui, escroquerie, détention illégale d’arme blanche, corruption de la jeunesse et exploitation illicite d’un établissement d’hébergement touristique.



Au cœur du dossier : un appartement meublé à Keur Massar, loué pour deux jours au prix de 70 000 FCfa, où les faits se seraient déroulés.

Amadou Woury Diallo, pharmacien de formation, présenté comme le gérant de l’appartement meublé, a nié les infractions. Il a toutefois reconnu avoir loué, pour la première fois, l’appartement familial, affirmant avoir fait confiance à son neveu, Oumar Diallo, qui lui aurait présenté un locataire ayant remis une pièce d’identité. Le ministère public a cependant relevé que la location avait été réglée par transfert Wave, remettant en cause la thèse d’un simple arrangement familial.

Oumar Diallo, élève né en 2004, a nié toute implication, soutenant s’être limité à remettre les clés à Madjiguène Ndiaye, l’une des prévenues.

Des jeunes invités pour des « retrouvailles… »

Plusieurs prévenus, dont Diminga Basse, Aïssatou Ndiaye Diop, Souleymane Sonko, Fallou Mbow et Amara Mboup, ont déclaré avoir été invités pour de simples retrouvailles à l’occasion des fêtes de fin d’année, niant toute connaissance d’activités illicites. Certains ont reconnu avoir cotisé pour la nourriture et les boissons.

Madjiguène Ndiaye, déjà condamnée par le passé, s’est présentée comme l’organisatrice d’une fête du 31 décembre entre amies, niant toute corruption de la jeunesse et affirmant ignorer l’existence de vidéos ou de drogue.

Le prévenu Olivier Bampoky, étudiant, a reconnu la détention d’une arme blanche sans autorisation, tout en niant avoir blessé quiconque. Il a admis avoir remis du bicarbonate à la place de la drogue dite « Nb », commandée selon lui par Aïda Souaré, ce que le juge a qualifié d’escroquerie. Une altercation a éclaté après l’annulation de la transaction.

Aïda Souaré a reconnu avoir constaté que la substance remise n’était pas de la drogue, tout en niant toute association de malfaiteurs.

Le cas de Bineta "mécanicienne"

Bineta Sarr, née en 2003 à Diourbel, mécanicienne, est poursuivie pour association de malfaiteurs, mise en danger de la vie d'autrui et corruption de la jeunesse. Elle a nié les faits qui lui sont reprochés. Elle a déclaré avoir été avec Abdou, un ami motard, jusqu'à 18 heures à Castors. Ce dernier lui aurait indiqué avoir besoin d'un appartement et elle l'aurait conduit à Keur Massar, dans l'appartement d'Amadou Woury Diallo, où se trouvaient déjà trois personnes. Elle a précisé en avoir profité pour faire un direct (« live ») sur les réseaux sociaux. Bineta Sarr a soutenu ne connaître que Madjiguène Ndiaye et avoir discuté avec le propriétaire pour la location de l’appartement.

Dans ses réquisitions, le procureur de la République a estimé que les faits présentaient une gravité particulière, évoquant une action concertée, l'implication de mineurs et l'exploitation d'un appartement sans autorisation administrative. Il a requis la déclaration de culpabilité de l'ensemble des prévenus, sollicitant : 2 ans de prison ferme contre Amadou Woury Diallo, Oumar Diallo, Aïda Souaré, Fallou Diop et Bineta Sarr ; 2 ans dont 6 mois ferme, assortis d'une amende de 200 000 FCfa, contre les autres prévenus. Le parquet a également demandé la fermeture de l'appartement concerné.

Les avocats de la défense ont contesté l'infraction d'association de malfaiteurs, estimant qu'aucune entente criminelle préalable n'était établie. Ils ont dénoncé un « procès de la morale », soutenant qu'il s'agissait de jeunes réunis pour fêter le Nouvel An, sans projet délictuel commun.

Concernant Amadou Woury Diallo, la défense a plaidé l'absence de lien de causalité entre la location de l'appartement et les faits reprochés, sollicitant sa relaxe pour la mise en danger de la vie d'autrui.

Le tribunal a rejeté les demandes de mise en liberté provisoire, invoquant un trouble persistant à l'ordre public et l'absence de garanties de représentation. L’affaire est mise en délibéré au 19 janvier 2026.


Seneweb
Ousseynou Wade






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