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Affaire libyenne : Nicolas Sarkozy face aux accusations de Claude Guéant en appel

Rédigé par leral.net le Mercredi 29 Avril 2026 à 12:31 | | 0 commentaire(s)|

Rejugé à Paris dans l’affaire du financement libyen présumé de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy est de nouveau confronté aux déclarations de son ancien bras droit, Claude Guéant. Fragilisée par des versions désormais divergentes, leur relation éclaire les enjeux d’un procès crucial où se jouent à la fois la crédibilité de l’ancien chef de l’État et son avenir judiciaire.


Le face-à-face se durcit dans l’affaire libyenne. Nicolas Sarkozy a été de nouveau interrogé mercredi devant la cour d’appel de Paris, dans le cadre de son procès pour financement présumé de sa campagne présidentielle de 2007 par le régime de Mouammar Kadhafi. Au cœur des débats : deux attestations écrites de Claude Guéant, son ancien secrétaire général à l’Élysée, qui fissurent un front de défense jusque-là uni.

Affaibli par la maladie, Claude Guéant n’a pas pu comparaître à l’audience. Mais ses déclarations, datées des 11 et 26 avril, pèsent lourd. Sans accuser directement l’ancien président, il contredit plusieurs de ses affirmations et insiste sur le fait qu’il n’a fait que « suivre ses instructions ». Une ligne de défense qui place Nicolas Sarkozy en première ligne.

L’ancien chef de l’État, qui conteste fermement toute implication, a récemment mis en doute la probité de son ancien collaborateur, évoquant une possible démarche d’enrichissement personnel. Des propos qui ont marqué une rupture nette entre les deux hommes, autrefois piliers du pouvoir exécutif.

Le procès porte sur des soupçons de financement occulte en provenance de la Libye, en échange de potentielles contreparties diplomatiques, économiques et judiciaires. Parmi les points sensibles figure le cas d’Abdallah Senoussi, beau-frère de Mouammar Kadhafi et ancien responsable du renseignement libyen, condamné en France pour son rôle dans l’attentat du DC-10 d’UTA en 1989.

Selon Claude Guéant, Nicolas Sarkozy aurait demandé d’examiner la situation de Senoussi lors d’un dîner officiel à Tripoli en 2007. Une affirmation catégoriquement rejetée par l’ancien président, qui oppose « le démenti le plus formel ». D’autres éléments, comme une réunion en Libye en 2005 impliquant des avocats proches de Nicolas Sarkozy, alimentent également les interrogations sur un éventuel « pacte de corruption ».

Claude Guéant affirme en outre que Nicolas Sarkozy était « forcément au courant » de plusieurs déplacements effectués en Libye entre 2008 et 2010. Là encore, l’ancien président minimise, évoquant un manque de souvenirs précis et niant toute initiative de sa part.

Déjà condamné en première instance à cinq ans de prison ferme dans ce dossier, Nicolas Sarkozy joue gros dans ce procès en appel, qui doit s’achever fin mai, avec un verdict attendu en novembre. Au-delà de sa liberté, c’est aussi son héritage politique qui est en jeu.

Dans ce climat tendu, les déclarations de l’ancien président ont également des répercussions humaines. L’avocat de Claude Guéant a indiqué que ces accusations avaient affecté l’état de santé de son client, déjà fragilisé, soulignant la violence d’un affrontement désormais public entre deux anciens alliés au sommet de l’État.

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Procès sous tension à Paris : Nicolas Sarkozy est confronté aux déclarations de son ex-bras droit Claude Guéant dans l’affaire libyenne. Versions contradictoires, accusations indirectes… un tournant décisif pour l’ancien président français.