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Attaque en Arabie saoudite: les cours du pétrole flambent après les menaces de Washington

Rédigé par La rédaction de leral.net le 16 Septembre 2019 à 12:20

Dans les premières cotations ce lundi, les cours du pétrole enregistraient une hausse de 10 %, du jamais-vu depuis la guerre du Golfe. Dans un tweet, le président américain a évoqué pour la première fois, une éventuelle réponse militaire, se disant prêt à « riposter » aux attaques de drones. Dans le collimateur de Washington : l'Iran.



La tension monte au Moyen-Orient, le prix de l'or noir aussi. Deux jours après les attaques contre des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite, les cours du pétrole grimpaient fortement à l'ouverture des marchés, affichant même brièvement une progression de 20 %. Le cours du baril de brent prenait près de 11 % lundi matin, à 66,74 dollars, tandis que le WTI américain gagnait près de 10 %, à 60,15 dollars. Pour le Brent, c'est la plus forte hausse enregistrée depuis la guerre du Golfe en 1991, selon Bloomberg. Après un recul cet été lié aux inquiétudes sur l'économie mondiale, le brut retrouve ainsi son niveau de la mi-juillet.

Cette envolée est survenue peu après des déclarations va-t-en-guerre de Donald Trump. Evoquant pour la première fois une éventuelle réponse militaire, le président américain s'est dit prêt à « riposter » aux attaques de drones dans la soirée de dimanche.

L'Iran dans le viseur de Washington
Bien que les attaques aient été revendiquées par les rebelles houthis, les Etats-Unis ont en effet rapidement accusé l'Iran - qui soutient les rebelles - d'en être l'auteur réel. Il n'y a aucune preuve que cette « attaque sans précédent contre l'approvisionnement énergétique mondial » soit venue du Yémen, avait commenté dès samedi le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo.

Téhéran a jugé ces accusations « insensées » et « incompréhensibles », par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abbas Moussavi. Qui a laissé entendre qu'elles avaient pour but de justifier « des actions futures » contre l'Iran.

Le risque géopolitique sous-estimé

L'impact sur les cours du brut devrait être puissant tant que l'Arabie saoudite n'aura pas donné plus de détails sur l'ampleur des dégâts causés et le temps qu'il faudra pour rétablir la production. Les attaques ont réduit les capacités du royaume de 5,7 millions de barils par jour. Cela représente plus de la moitié de la production du pays et environ 5 % de l'offre mondiale. Jamais une perturbation de cette ampleur n'avait été enregistrée, même en 1990 lors de l'invasion du Koweït par Saddam Hussein ou en 1979 lors de la révolution islamique en Iran.

L'approvisionnement mondial en brut ne devrait pas, à court terme, être menacé cependant. « Les exportations saoudiennes ne seront probablement pas affectées de façon significative », estime Amarpreet Singh, analyste chez Barclays. Le royaume dispose en effet de stocks importants de brut et de produits raffinés, qui représentent « environ 35 jours » de production. Et les Etats-Unis ont savoir dès samedi qu'ils autoriseraient le recours à leurs réserves stratégiques si nécessaire. Le pays dispose de 645 millions de barils répartis dans quatre sites souterrains au Texas et en Louisiane.

Quel que soit le temps nécessaire pour rétablir la production, les attaques ont montré que les infrastructures pétrolières saoudiennes étaient « hautement vulnérables à des attaques », relève Ed Morse, analyse chez Citi. Pour cet expert, les marchés ont « régulièrement » sous-estimé le risque géopolitique pour les cours du pétrole, qui auraient dû valoir « au moins 10 dollars de plus depuis des mois ». Pour l'analyste de Barclays, le rebond des cours sera « durable ».

L'agitation s'est propagée sur les autres marchés financiers. Les investisseurs se sont tournés vers des actifs jugés sûrs : l'or prend 1 % à plus de 1.500 dollars l'once. Les valeurs pétrolières, elles, gagnent du terrain : TechnipFMC et Total enregistrent les meilleures performances du CAC 40 avec respectivement des hausses de 5 % et 2,97 %. L'indice parisien recule, lui, de 0,68 %.





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