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BARÇA-BARSAX: Sur le fil de la lame, un destin vascille


Rédigé par leral.net le Dimanche 15 Novembre 2020 à 17:22 | | 0 commentaire(s)|

Sur le fil de la lame un destin vascille
au creux de la vague ou d'un port obscur.
J'entends le gémissement d'une mère dans une cascade de larmes, de sanglots amers et de rêves noyés.
Sur la berge un frère scrute de tous les Nords le signal d'un rivage incertain

Ils partirent jeunes à l'appel des sirènes,sur le dos de l'écume noire, vers l'Ouest profond. Ils quittèrent de nuit, las des âtres éteints ,des ventres noués , sous le regard vide des squelettes chancelants de tous les kwachiorkors.

Ils sont allés de nuit sur les routes fugitives
Ils sont partis les régiments affamés de gloire, le cœur lourd d'espoirs et de peurs anciennes. Ils ont tenté le sort refusant de baisser la tête devant la condition inhumaine d'une vie de ronces. Il ont cheminé laissant derrière le sol craquelé, la froide pierre, le foyer lézardé

Ils sont partis sur les traces de Moussa II faisant le serment de revenir avec la découverte du Nouveau monde et le butin des Eldorados des contes de l'Ancien et des présages féeriques du Prêtre vaudou
Salut matelots sur le rivage ou bivouaquent une dernière fois, vos âmes guerrières. (...)

J'indexe ces couronnes de silence ,ces Imperiums dont la canne trébuche sur la langue lâche des tribuns qui lèchent les ors de lustres brisés.
Et ces laudateurs lampant le sang des sangsues et la sueur du bagnard ,ces bouches cousues de censures, ces autodafés de censeur soudoyé

J'accuse la terre sèche et les horizons fermés sur le jeune rire des cœurs attachés aux mâts des Méduses déchaînées.
J'accuse les murs du rejet sur la barricade racisée et les barbelés au donjon du riche.
Je récuse les idéaux de Lumières aussi ternes que des bougies de carnaval

J'accuse le bedonnant Capo qui ne sait pas qu'un ventre creux est plus profond que toutes les Atlantiques
Je récuse les pieux principes des Codes et l'azur des Traités tant que flotteront les âmes dans les abysses liquides de noirceurs.
Au nom de l'humanité hébétée J'accuse.

J'accuse la cheminées des fabriques éteintes et la taylorisation des angoisses et la longue file des hordes de galériens qui attendent la pitance sous les remparts de béton.
Je récuse la civilisation qui broie le fer de nos os et le limon des mines pour un atome de rêve sidéral

J'accuse la nouvelle Auschwitz et les uniformes rayés sur le registre macabre du cachot lybien.
Je récuse la triangulation des apatrides comme des maures pestiférés aux portes de Navarre
Je crie de détresse comme le girophare aux trousses des renégats sur la Route du Pain

J'accuse les écus de l'agent bridé qui ranconne le laboureur et vendange la campagne jusqu'à l'aridité du grenier et la sécheresse des chaumières.
Je récuse le Culte de la Pieuvre avide de sérum indigène et sa caresse tentaculaire de fruits en carton et de pacotilles en boites

Je déchire le Consensus de toutes les fraternités du monde.
Je dénonce l'imposture des livres et des chaires de mensonges qui prétendent que la Terre est ronde d'égalités circulaires, de libertés convexes et de communauté de destins et les pallèlismes factices et , toutes les intersections

Adieu Matelots à la tombe inconnue dans l'encre des eaux folles des Bermudes
Dormez sous l'aile de l'Atlante-maître-du-vent
Revenez au soir sur la berge de Sangomar deviser encore sous les lunes éternelles,en vous rappelant vos jeux d'enfants quand l'univers entier dansait à vos pieds

ATDIOP



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