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Criminalisation de l’homosexualité - Test GAY pour le pouvoir: La proposition de l’opposition sur la table de Moustapha Niasse

Depuis hier, la proposition de loi portant criminalisation de l’homosexualité, a été déposée à l’Assemblée nationale par Mamadou Lamine Diallo et Cie. Il s’agit de barrer la route à cet «agenda sombre» aux yeux de la plateforme Samm jikko yi, qui constate que «le Sénégal a commencé à dérouler cet agenda depuis 2016».


Rédigé par leral.net le Jeudi 23 Décembre 2021 à 10:58 | | 0 commentaire(s)|

Face à une opinion toujours réfractaire au moindre droit accordé à la communauté Lgbt, la Coalition Benno Bokk Yakaar est mise devant ses responsabilités. Car, les députés Mamadou Lamine Diallo, Cheikh Bamba Dièye, Aliou Souaré, Mame Diarra Fam, Moustapha Guirassy, Aïssatou Sabara, Mamadou Diop De­croix, entre autres, ont déposé hier après-midi, une proposition de loi portant criminalisation de l’homosexualité au Sénégal.

Lors d’un point de presse, ces parlementaires ont annoncé l’officialisation de cette saisine de l’Assemblée nationale, projet porté depuis des années par la plateforme Samm jikko yi et 91 associations. «Le Sénégal a commencé à dérouler l’agenda de la communauté gay depuis 2016, avec la Stratégie nationale de l’équité et du genre. Il s’agit de faire du Sénégal sur 10 ans, un pays émergent, solidaire et sans discrimination jusqu’en 2026. C’est un agenda international qui n’est pas conforme à nos réalités», a déclaré Babacar Mboup, président de la plateforme Samm jikko yi.

Babacar Mboup : «Le Sénégal travaille à légaliser l’homosexualité»

Dans l’article 25 de la Constitution, il est fait état du respect des droits d’autrui, depuis la révision constitutionnelle du 20 mars 2016. «Droit d’autrui, cela veut dire quoi ? La Constitution avait énuméré cela concernant les droits et libertés. Le Sénégal travaille à légaliser l’homosexualité. Le nouveau Code de la presse en son article 18, défend ceux qui ont une orientation sexuelle. On ne peut pas rester les bras croisés ! On a fait une tournée au Sénégal pour sensibiliser les chefs religieux, l’Eglise, les chefs coutumiers, la Société civile et toutes les couches de la société», a ajouté M. Mboup. Il a rapporté que : «La position officielle du Sénégal est qu’il n’y a pas d’homosexuel dans les prisons ».

Mamadou Lamine Diallo : «C’est un agenda en cours»

Pour Babacar Mboup, cet «agenda sombre risque de perdre l’humanité», car dit-il, dépourvu d’humanisme. «C’est un agenda en cours, au Sénégal. J’ai testé le gouvernement lors de l’examen portant retour du poste de Premier ministre, en proposant que le respect des droits d’autrui soit remplacé par le respect des lois en vigueur. Mais, mes amendements ont été rejetés», a rappelé Mamadou Lamine Diallo, annonçant par ailleurs, une autre proposition de loi pour supprimer l’expression «orientation sexuelle» dans le Code de la presse.

«Vous n’êtes pas des députés français, ni des députés américains… vous êtes des députés du Sénégal. L’en­semble des Khalifes généraux ont signé la pétition, l’Eglise aussi. Nous sommes une société souveraine. Nous attendons les députés au tournant», a mis en garde Babacar Mboup, à l’endroit de tous les parlementaires.

Bamba Dièye : «Si cet agenda international passe…»

Pour Cheikh Bamba Dièye, cette proposition de loi est une occasion de voir «si les députés vont entendre les préoccupations des Sénégalais ou s’ils ont décidé de mettre en œuvre l’agenda d’un autre pays». Le leader du Fsd/Bj d’ajouter: «On doit prêter allégeance à des pays étrangers ou à nos réalités ? Si cet agenda international passe, il n’y aura plus de pratique religieuse au Séné­gal.» Jusqu’ici, l’homosexualité est punie au Sénégal par l’article 319 du Code pénal alinéa 3, issu de la loi 66-16 du 12 février 1966 : «Sans préjudice des peines plus graves prévues par les alinéas qui précédent ou les articles 320 et 321 du présent Code, sera puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 100 000 à 1 500 000 francs, quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe. Si l’acte a été commis avec un mineur de 21 ans, le maximum de la peine sera toujours prononcé.»






Le Quotidien

Ndèye Fatou Kébé

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