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Politique

DPG : Ahmadou Al Aminou Lô dévoile les cinq priorités de son gouvernement

Rédigé par leral.net le Mercredi 9 Septembre 2026 à 13:35 |

Face aux députés, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a présenté mardi sa Déclaration de politique générale. Dans un contexte marqué par la situation préoccupante des finances publiques et le nouvel accord technique avec le FMI, le chef du gouvernement a décliné cinq grandes priorités : redresser les comptes, réformer l’État, valoriser les ressources naturelles, améliorer le quotidien des Sénégalais et renforcer l’équité territoriale.


Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a exposé la feuille de route de son gouvernement à travers cinq grandes orientations. Une Déclaration de politique générale placée sous le signe du redressement économique, de la souveraineté et de la transformation structurelle du pays.

1. Assainir les finances publiques

Le premier chantier concerne la situation financière de l’État.

Le Premier ministre a rappelé que la dette du secteur public consolidé avait atteint environ 132 % du PIB à fin 2024, soit plus de 23 500 milliards de francs CFA. Le déficit public a, lui, été réévalué à 13,7 % du PIB.

Pour le gouvernement, la priorité est désormais de rétablir les équilibres budgétaires tout en préservant les dépenses sociales essentielles.

Le Plan de redressement économique et social « Jubbanti Koom », couvrant la période 2025-2028 et doté de 6 166 milliards de francs CFA, constitue l’un des instruments de cette stratégie.

La coopération avec le FMI s’inscrit également dans cette démarche. L’accord technique conclu le 1er septembre prévoit notamment le rétablissement de la stabilité macroéconomique, la réduction des vulnérabilités budgétaires, le renforcement des dépenses sociales et le soutien à une croissance davantage portée par le secteur privé.

Le gouvernement prévoit par ailleurs une réforme progressive des subventions énergétiques, dont le coût est estimé à environ 800 milliards de francs CFA par an, avec l’objectif de mieux cibler les ménages vulnérables.

2. Réformer l’État et renforcer l’État de droit

Deuxième priorité : remettre l’administration et les institutions au cœur de la transformation du pays.

Ahmadou Al Aminou Lô a évoqué les audits des finances publiques ainsi que les procédures judiciaires engagées à la suite des soupçons de détournement de deniers publics.

Le gouvernement entend également poursuivre la revue des contrats stratégiques dans les secteurs des hydrocarbures, des mines, de l’énergie, de l’eau et des infrastructures.

Sur le plan institutionnel, plusieurs réformes sont annoncées, notamment la généralisation des déclarations de patrimoine, l’application de la loi sur l’accès à l’information, la réforme de la justice et la modernisation du système pénitentiaire.

Le calendrier électoral doit également faire l’objet d’une réforme en perspective des prochaines échéances territoriales et nationales.

3. Faire des ressources naturelles un moteur de développement

Le troisième axe porte sur les hydrocarbures et les ressources minières.

Avec la production de Sangomar et de Grand Tortue Ahmeyim, le Sénégal est désormais entré dans une nouvelle phase de son histoire énergétique. Le gouvernement veut faire de ces ressources un levier de transformation économique plutôt qu’une simple source de revenus.

PETROSEN doit ainsi jouer un rôle central dans la politique nationale en matière de pétrole et de gaz.

Le dossier Yakaar-Teranga a également occupé une place importante dans le discours du Premier ministre. Ahmadou Al Aminou Lô a évoqué des « manquements à corriger » dans la gestion du dossier et a fait état d’indemnités dues à l’État à l’expiration du contrat, évaluées à 55 millions de dollars.

Dans le secteur minier, l’exécutif ambitionne de porter les recettes annuelles de l’État à environ 600 milliards de francs CFA à l’horizon 2029, contre 370 milliards en 2019. Le gouvernement vise également davantage de transformation locale et une meilleure traçabilité de la production aurifère.

4. Améliorer le quotidien des Sénégalais

La quatrième priorité est directement liée au pouvoir d’achat et aux conditions de vie.

Le gouvernement veut notamment agir sur le coût du panier de consommation, les dépenses essentielles des ménages, l’accès à l’eau, à l’électricité et aux soins.

Sur le plan social, l’exécutif prévoit de renforcer les filets de protection. L’enveloppe consacrée aux bourses de sécurité familiale doit atteindre 70 milliards de francs CFA en septembre 2026 et être doublée à partir de 2027.

Le gouvernement annonce également une ambition de réduction de 30 % du prix du kilowattheure d’électricité à l’horizon 2030.

Dans le domaine du logement, le déficit est estimé à environ 500 000 unités. L’objectif affiché est de parvenir à livrer au moins 30 000 logements occupés chaque année.

L’éducation figure également parmi les priorités avec l’annonce de 15 000 salles de classe connectées et le recrutement de 2 527 enseignants supplémentaires d’ici à la fin de 2026.

5. Rééquilibrer le développement entre les territoires

Dernier axe : réduire les disparités entre Dakar et les autres régions.

Le Premier ministre veut organiser le développement du pays autour de huit pôles territoriaux et accorder une attention particulière aux zones Sud, Centre et Nord.

Le gouvernement prévoit notamment plus de 3 000 kilomètres de routes de désenclavement, la réhabilitation de plusieurs corridors, la relance de la liaison ferroviaire Dakar-Tambacounda et la finalisation des ports de Ndayane et de Bargny-Sendou.

Dans le secteur de la santé, l’exécutif entend également corriger la concentration des ressources à Dakar. Quatre nouveaux hôpitaux régionaux de niveau 3 sont annoncés à Saint-Louis, Ziguinchor, Mbour et Kaolack.

Une nouvelle méthode de gouvernance

Au-delà des annonces sectorielles, Ahmadou Al Aminou Lô a insisté sur une nouvelle méthode de pilotage de l’action publique.

Le gouvernement entend privilégier les projets à fort impact, renforcer la sélection et le suivi des investissements, responsabiliser les ministres à travers des lettres de mission publiques et mesurer les résultats à partir de leur impact concret sur la population.

La publication trimestrielle d’indicateurs de suivi de l’action gouvernementale est également annoncée.

À travers cette DPG, le Premier ministre a donc fixé un cap reposant sur cinq piliers : redresser les finances publiques, réformer l’État, valoriser les ressources naturelles, améliorer les conditions de vie et rééquilibrer le développement territorial.

Reste désormais au gouvernement à transformer ces engagements en résultats concrets. C’est sur les actes, plus que sur les annonces, que cette feuille de route sera jugée.