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De l'ombre du 3ᵉ Reich aux bases militaires occidentales : L'esprit d'Hitler perpétué

Rédigé par leral.net le Vendredi 13 Mars 2026 à 08:42 | | 0 commentaire(s)|

Le nazisme n'a pas disparu en 1945. Des colonies africaines aux guerres du Moyen‑Orient, des tirailleurs mobilisés pour sauver leurs oppresseurs aux bases militaires contemporaines, l'esprit du Lebensraum continue de hanter les pratiques de domination et de prédation.
Le colonialisme, matrice du génocide moderne
Bien avant 1933, l'Europe avait déjà expérimenté les ressorts du génocide. En Namibie, entre 1904 et 1908, l'Allemagne extermina les Herero et les Nama dans ce que l'on (...)

- LIBRE PROPOS

Le nazisme n'a pas disparu en 1945. Des colonies africaines aux guerres du Moyen‑Orient, des tirailleurs mobilisés pour sauver leurs oppresseurs aux bases militaires contemporaines, l'esprit du Lebensraum continue de hanter les pratiques de domination et de prédation.

Le colonialisme, matrice du génocide moderne

Bien avant 1933, l'Europe avait déjà expérimenté les ressorts du génocide.
En Namibie, entre 1904 et 1908, l'Allemagne extermina les Herero et les Nama dans ce que l'on reconnaît aujourd'hui comme le premier génocide du XXᵉ siècle. Camps de concentration, classification raciale, déshumanisation systématique : tout était déjà là.

Le Congo de Léopold II, avec ses millions de morts, ou l'Algérie coloniale, marquée par des massacres de masse, témoignent de la même mécanique : extraction, terreur, hiérarchie raciale. Le nazisme n'a pas été une rupture, mais un retour du boomerang colonial sur le sol européen.

Le néocolonialisme : l'indépendance proclamée, la domination maintenue

Après 1945, les empires coloniaux se sont effondrés, mais les structures de domination ont survécu.
Un fait, souvent occulté, en dit long sur cette continuité : les colonies africaines furent mobilisées pour libérer la France occupée. Les tirailleurs sénégalais, venus du Sénégal, du Mali, du Tchad, du Gabon, du Congo et d'ailleurs, furent envoyés au front pour sauver une métropole qui les maintenait dans un statut d'infériorité juridique et économique. Beaucoup ne reçurent jamais les soldes promises. Ce recours aux colonisés pour sauver la puissance coloniale illustre la logique implacable d'un système qui exige le sacrifice de ceux qu'il subjugue.

Lorsque les indépendances furent accordées en 1960, la rupture resta superficielle. La France conserva un levier central : la monnaie. Les 14 pays de la zone franc CFA furent maintenus dans un système où leurs réserves étaient partiellement déposées au Trésor français, limitant leur souveraineté monétaire. Des économistes comme Kako Nubukpo ont montré comment ce dispositif perpétue la dépendance et organise la fuite des capitaux.

De nombreux chercheurs africains soulignent un paradoxe révélateur : la quasi‑totalité des pays africains anciennement colonisés par la France sont restés, depuis 1960, dans un état de sous‑développement structurel, malgré des ressources naturelles considérables.

Les rares États qui ont amorcé un développement plus autonome sont souvent ceux qui ne disposent pas de ressources stratégiques majeures, ce constat alimente l'idée que le système mis en place aurait surtout fonctionné comme un mécanisme de prédation, où la richesse du sous‑sol devient un handicap plutôt qu'un atout.

À cela s'ajoute la « Françafrique », réseau d'accords militaires, de contrats miniers et de clientélisme politique mis en place après 1960. Les bases militaires, les élites cooptées et les interventions discrètes ont prolongé la domination sous une forme plus feutrée.

Dans ce contexte, plusieurs analystes estiment que la période actuelle de bouleversements géopolitiques pourrait constituer, pour les sociétés africaines, un moment charnière pour repenser leurs alliances et redéfinir les termes de leur coopération internationale.

Les bases militaires : un Lebensraum contemporain

L'occupation territoriale n'a pas disparu ; elle s'est institutionnalisée.
La France maintient des bases à Djibouti ou Abou Dhabi. Les États‑Unis quadrillent le Moyen‑Orient : Qatar, Bahreïn, Irak, Koweït, Jordanie.

En 2026, ces installations révèlent leur fonction réelle. Depuis le 28 février, elles servent de plateformes pour l'opération américano‑israélienne Epic Fury contre l'Iran. Tirs de drones, missiles Tomahawk, commandement avancé : autant de dispositifs qui rappellent la logique du Lebensraum : sécuriser un espace vital par une présence militaire permanente.

Le pillage des ressources : moteur immuable de la domination

Le sous‑sol africain et moyen‑oriental continue d'alimenter les économies occidentales.
Au Niger, l'uranium extrait par Orano éclaire la France. Au Congo, cobalt et coltan alimentent les chaînes technologiques. Au Nigeria, les majors pétrolières exploitent le Delta du Niger au prix de catastrophes écologiques.

L'Iran n'échappe pas à cette logique. Ses réserves de pétrole et de gaz, et surtout le contrôle du détroit d'Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole mondial, en font un enjeu stratégique majeur. Les attaques récentes contre des pétroliers montrent comment le chaos profite aux multinationales capables de négocier en position de force.

La neutralisation des dirigeants non‑alignés

Chaque fois qu'un dirigeant a tenté d'échapper à cette architecture de domination, il a été renversé ou éliminé. Lumumba au Congo, Mossadegh en Iran, Sankara au Burkina Faso, Gaddafi en Libye : les prétextes changent : « démocratie », « lutte contre le terrorisme », « droits humains », mais le résultat demeure : garantir l'accès aux ressources et maintenir l'ordre géopolitique établi.

2026 : la guerre d'Iran, répétition d'un scénario éprouvé

Comme en Irak en 2003 ou en Libye en 2011, l'argument officiel est le « programme nucléaire ».
Le 28 février 2026, Donald Trump et Israël déclenchent l'opération Epic Fury. Les frappes visent des infrastructures militaires, mais touchent aussi des civils : l'école de Minab, bombardée, a fait 168 morts. L'armée américaine parle d'« erreur de ciblage ».

Le chaos qui s'installe : infrastructures détruites, exportations paralysées, population terrorisée, crée les conditions idéales pour la prédation économique. L'histoire se répète.

Terrorisme : un mot pour les uns, un silence pour les autres

L'ONU n'a jamais adopté de définition universelle du terrorisme. Dans le discours dominant, le terme désigne les groupes non étatiques. Mais lorsque des États larguent des tonnes de bombes sur des civils, bloquent des voies maritimes vitales ou détruisent des infrastructures essentielles pour imposer leur volonté, la frontière devient floue.

La différence n'est pas dans les méthodes, mais dans le narratif : ce qui est « terrorisme » pour un kamikaze devient « opération préventive » pour une puissance nucléaire.

Conclusion : l'esprit du colonialisme comme fil rouge

L'idéologie nazie n'a pas disparu ; elle s'est transformée.
Elle n'arbore plus la croix gammée, mais se dissimule derrière les discours de la modernité : sécurité, développement, stabilité. Les camps ont laissé place aux bases militaires, le Generalplan Ost aux politiques néocoloniales, l'extermination explicite au chaos organisé.

Regarder l'Afrique et le Moyen‑Orient en 2026, c'est constater que les vainqueurs de 1945 reproduisent, sous d'autres formes, ce qu'ils prétendaient avoir éradiqué.
La question n'est plus : Hitler est‑il mort ?
Mais : quand l'Occident rompra‑t‑il enfin avec l'esprit colonial qui continue de structurer son rapport au monde ?

Blaise EDIMO
13 mars 2026



Source : https://www.gabonews.com/fr/actus/libre-propos/art...