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Mercredi 23 Janvier 2019

De la passion à l'attachement au partenaire, un produit de consommation régulière… : L'amour est-il une drogue douce ?


Les accros du tabac, de la cocaïne ou de l’héroïne et les buveurs invétérés sont considérés comme des drogués. Mais aucun qualificatif, hormis une vague admiration, ne viendra cerner les comportements d’un « serial lover » ou d’une « donjuane ». Normal : si l’amour est une invention assez récente, dit-on, il est aujourd’hui, valorisé sous toutes ses formes… y compris les plus pathologiques. (Suite du décryptage sur l’amour est-il une addiction ?)…



De la passion à l'attachement au partenaire, un produit de consommation régulière… : L'amour est-il une drogue douce ?
Le regard porté sur l’amour comme drogue douce détient son lot de secrets. Les experts du domaine des relations sentimentales trouvent de nombreuses explications. « Pour le commun des mortels, les drogues sont synonymes d’aliénation, de dépendance, de souffrance morale et physique. Chose remarquable, quand il s’agit d’amour, la tendance s’inverse, et qui n’aurait pas aimé d’amour fou dans sa vie, manquerait une expérience magnifique », note François-Xavier Poudat.

Puisque, estime-t-on, la passion de l’amour se transforme souvent en attachement et le partenaire en un produit de consommation régulière, grâce à une hormone magique : l'ocytocine. « Délivrée lors de l'orgasme chez les deux partenaires, l'ocytocine est liée proportionnellement à l'intensité du plaisir : plus on fait l'amour, plus on s'attache, et plus on s'attache, plus on fait l'amour », explique le professeur Reynaud.

Dans sa description, il avertit que dans la seconde étape apparaissent les sentiments. « Immergé dans ce bain biologique, l'humain traduit ce qu'il éprouve, fait des promesses, des projets, se sent submergé par des certitudes... Et, finit par dire « je t'aime ». De là naît la tendresse. L'amour devient tolérant et clairvoyant, alors qu'il était entier et aveugle », résume Michel Reynaud.

Devant ce fait, le couple trouve son rythme de croisière. « Le manque, déstabilisant dans la phase passionnelle, devient structurant, avec la relative assurance que l'autre va revenir et qu'on va pouvoir à nouveau profiter de lui. On est lié sans être aliéné, on connaît une douce dépendance, moins excitante, mais plus sécurisante. Seul hic, on peut s'y ennuyer. Comme avec la toxicomanie, il vient un temps où, pour un même produit, les mêmes doses ne produisent plus les mêmes effets », renseigne-t-il.

L'amour se transforme en drogue douce pour goûter à « un bonheur régulier, ponctué d'objectifs communs : maison, enfants, projets de vacances », insiste-t-il, avant de signaler que la biologie ne fait pas tout. La psychologie joue aussi un rôle important. « Durer, c'est surtout une question de volonté convergente. Tant mieux, parce que cette drogue-là, on n'a pas envie de l'arrêter », conclut le psychiatre.






O WADE Leral



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