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Déclaration de Paris : De la justice du plus fort… (Par Serigne Mansour Sy Djiamil)


Rédigé par leral.net le Mercredi 7 Mars 2018 à 15:23 | | 0 commentaire(s)|


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Le procès de Khalifa Ababacar SALL et de ses co-prévenus a pris fin le vendredi 23 Février 2018, après vingt-et-un (21) jours d’audience. En attendant le verdict du 30 Mars, le Juge LAMOTTE a demandé à toute l’assistance de prier pour lui, pour qu’il prenne la bonne décision.

Le wolof dit que : « kuy def lu bakh yaay nianal sa bop » (celui qui fait du bien, ce bien est une prière pour lui). Et faire du bien en la circonstance, c’est de se conformer à sa fonction première d’autorité judiciaire, qui est de trouver une issue heureuse à cette tension entre le légal et le social.

C’est dans cette tension, dans cette unité dialectique, dans cette totalité contradictoire que réside le fondement et la justification des caisses d’avance ou fonds politiques en place depuis l’époque coloniale. Cette dialectique qui a irrigué en partie les différentes plaidoiries du procès et qui traduit la légitimité de l’autorité judiciaire. Ainsi, le juge prendra la bonne décision, en assumant la haute dignité de sa mission : protéger l’individu contre une privation de liberté non justifiée.

Il suffit qu’il s’en tienne à cela pour que la prière ait son impact total sur la décision à prendre. Le Prophète (PSL) n’a-t-il pas dit : « Qu’ALLAH (SWT) ne refuse jamais la prière d’un Imam juste, de celui qui fait fréquemment du zikr, et de la victime d’une injustice ». Hadith rapporté par Bayhaqi.
مستجابة(ثلاثة لا يرد الله دعاءهم: الذاكر الله كثيرًا والمظلوم والإمام المقسط) رواه البيهقي، وحسنه الألباني.

Donc une décision du Juge LAMOTTE est déjà une prière pour lui. Elle est sacralisée par ce hadith du Prophète (PSL). La décision qui serait de protéger Khalifa Ababacar SALL contre une privation de liberté non justifiée dont il a déjà largement souffert, donnerait un réarmement moral à la justice de notre pays.

Le Juge LAMOTTE y parviendra également par la maîtrise totale des différends qui gangrènent le peuple sénégalais, en assumant la tache exténuante d’y trouver des solutions, repérer les obstacles à la réconciliation et rééquilibrer ce qui dans la société, glisse vers la brutalité et l’arbitraire. Aujourd’hui, le problème auquel la société est confrontée, est la volonté d’un homme impopulaire qui s’accroche au pouvoir, déterminé à gripper le processus électoral et à éliminer ses adversaires les plus menaçants.
Cette situation devrait être l’arrière-plan de toute décision de justice.

1. La raison du plus fort
Monsieur de la FONTAINE l’a dit dans sa fable, « la raison du plus fort est toujours la meilleure » mais la raison de Macky SALL ne sera pas la meilleure parce que, malgré les apparences, il n’est pas le plus fort. C’est parce qu’il se sent profondément affaibli et esseulé qu’il tente d’instrumentaliser la justice pour éliminer des adversaires potentiels aux échéances électorales à venir. Il est conscient qu’il n’est pas le maître du jeu. Il ne l’est même pas dans son propre parti.

En essayant de faire condamner Khalifa Ababacar SALL, ce procès de la honte qui n’a pas sa raison d’être, est en fait le procès de l’obstination, de l’acharnement et de la méchanceté.

Il y a de cela huit (08) ans, je publiais une déclaration au gamou de Stuttgart sur la situation délétère de notre pays à la suite de l’agression perpétrée par la police contre la Cathédrale de Dakar. Comble de sacrilège, elle avait lancé des bombes lacrymogènes contre les fidèles. Mes amis chrétiens, alors que j’étais à Stuttgart, avaient sollicité ma réaction devant la gravité de la situation.

La déclaration s’intitulait : « DAFA DOYE NA DEEM !! », ça suffit qu’il dégage. Il s’agissait d’Abdoulaye WADE et il est parti.
Au moment de prendre la parole pour le gamou de Stuttgart de cette année, une note m’est parvenue m’informant de l’exclusion de Khalifa Ababacar SALL ainsi que ses camarades du Parti Socialiste (PS). J’avais, à partir de Stuttgart, fait cette seconde déclaration lue durant le gamou, à l’annonce de l’exclusion de Khalifa Ababacar SALL du Parti Socialiste (PS), à la veille du début de son procès. Il s’agit de la confirmation d’un acharnement obsessionnel contre un leader politique dont la trajectoire, sans faille, depuis sa prime jeunesse, le destinait aux plus hautes responsabilités de notre pays.

Aujourd’hui, le procès touche à sa fin, l’exclusion est une liquidation politique et le procès en est l’inhumation. Cette déclaration de Paris lue devant le forum « Les nouveaux enjeux de la globalisation et la révolution numérique » organisé par la section francilienne de « Bess Dou Niak », me permet de dire ma colère devant la férocité des responsables politiques de ce pays, ma hantise devant les tyrannies qui renaissent, mon effroi devant la fachosphère qui s’installe et ma tristesse devant les carrières brisées.

Oui, je suis lassé par tant de trahisons, fatigué par cet abaissement de l’intelligence et de la dignité, déçu par tant d’ignominies.
La décision du bureau du Parti Socialiste (PS) ne concerne pas que les militants socialistes. C’est également notre affaire. Ce parti n’a pas su surmonter ses pulsions suicidaires. Dans ses rangs aujourd’hui déprimés et clairsemés, les haines recuites, et la prééminence des égos l’ont emporté sur les intérêts premiers du Parti.

Le PS du Congrès sans débats n’a pas su renouveler les visages et les usages pour redevenir ce grand parti, pivot de la vie politique, depuis l’indépendance. Il ne cesse de s’enfoncer depuis sa défaite électorale, qui s’est avérée être une véritable déroute politique. Ce n’est pas l’occurrence de la défaite, somme toute prévisible, mais son ampleur. Aujourd’hui, le pronostic vital de la vieille maison de Léopold Sédar SENGHOR, est sérieusement engagé. Ce parti a été emporté par cette rigidité intellectuelle et politique qui a empêché les remises en cause nécessaires.

Nous avons tous en nous quelque chose du Parti Socialiste. Parti de Serigne Babacar SY et de Serigne Fallou MBACKE qui ont joué un rôle essentiel dans sa création et sa propagation, nous l’avons toujours considéré comme un patrimoine familial.
Serigne Abdou Aziz SY Al Amine (RTA) m’a dit : « C’est grâce aux difficultés de Léopold Sédar SENGHOR et de l’BDS qu’il a compris le sens du verset » :

قُلِ اللَّهُمَّ مَالِكَ الْمُلْكِ تُؤْتِي الْمُلْكَ مَن تَشَاءُ وَتَنزِعُ الْمُلْكَ مِمَّن تَشَاءُ وَتُعِزُّ مَن تَشَاءُ وَتُذِلُّ مَن تَشَاءُ ۖ بِيَدِكَ الْخَيْرُ ۖ إِنَّكَ عَلَىٰ كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ

«Dis Dieu, le Maître de la Souveraineté donne le pouvoir à qui il veut et le retire à qui il veut ».

Quand je lui demande pourquoi, il me répond : « A cause de tous les obstacles dressés pour que Léopold Sédar SENGHOR ne réussisse pas avec son parti ». Et pourtant à cause du soutien jamais démenti de Serigne Babacar SY et de Serigne Fallou MBACKE, Léopold Sédar SENGHOR a régné et son Parti avec lui.

Aujourd’hui, nous sommes loin de tout cela, c’est Khalifa Ababacar SALL qui est exclu du Parti Socialiste (PS), un acte annonciateur d’une débâcle prochaine : on s’acharne sur le leader menaçant, avec la complicité des dirigeants de son propre parti. Aujourd’hui en l’excluant du PS, c’est le sens de sa vie qu’on tente de nier. On veut lui enlever toute légitimé.

Machiavel définissait la politique comme un art souverain du mensonge, mâtiné d’une absence totale d’éthique. Les élections législatives de 2017 l’ont amplement prouvé mais nous avons la faiblesse de croire que la politique peut être autre chose : renforcer la capacité d’une société à s’emparer de son destin, à inventer un ordre juste et à se placer sous l’impératif du bien commun. Nous irons dans ce sens et ne lâcherons rien !!

Pour comprendre cette nouvelle péripétie dans la liquidation politique de Khalifa Ababacar SALL, il faudrait effectivement remonter aux élections législatives du 30 Juillet 2017 et même avant.

Ce qui s’est passé le 30 Juillet 2017 n’a pas de précédent dans l’histoire politique du Sénégal. Des élections ingagnables par le régime en place parce qu'ultra minoritaire et impopulaire, ont abouti à des résultats plus que contestés, qu’aucun patriote sénégalais soucieux de l’image de son pays ne peut accepter ; cette image a été inexorablement abimée par la conduite des législatives de juillet 2017.

C’est d’une extrême gravité pour l’avenir de ce pays et de sa démocratie. Pire que la présidentielle de 2007 organisée également par Macky alors directeur de campagne de WADE, quand Moustapha NIASSE disait : « Abdoulaye WADE n’a pas remporté les élections, il les a emportées ». Donc Macky est coutumier du fait d’élections « emportées ». Il convient d’en comprendre les raisons pour se dépêtrer de l’épineuse question qu’elle pose à tous ceux qui s’agitent, cogitent, méditent et éditent sur notre pays, au citoyen « lamda » certes mais également aux élites prédatrices qui mènent le pays depuis l’Indépendance et qui ont toutes « emporté » des élections. Après deux (02) alternances, on se croyait à l’abri d’une telle régression. C’est le lieu d’en venir au caractère central de la magistrature dans notre arsenal judiciaire et démocratique.

2. Le caractère central de notre magistrature

Quand dans un pays les critiques les plus acerbes sur l’indépendance de la Magistrature viennent des magistrats eux-mêmes au niveau le plus élevé, entraînant leur démission des instances dirigées par le Président de la République lui-même, pour déficit de transparence, cette justice-là perd toute crédibilité ; non seulement en politique, mais également dans l’environnement des affaires où les investissements étrangers trouveront le pays peu attrayant, parce que trop risqué.

Je voudrais à ce propos partager avec vous la réflexion de l’éminent académicien et avocat français, Maurice GARCON, qui disait : « Les politiciens sont abjects. Leurs intérêts électoraux ou d’argent leur font faire des ignominies. » Il est encore sans appel quand il parle des magistrats voilà ce qu’il dit d’eux : « Pour les Magistrats, c’est autre chose. La décoration et l’avancement en font des valets. Ils sont lâches, trembleurs et pusillanimes. Ils ont peur de leur ombre dès que se manifeste une intervention un peu puissante. Toutes les palinodies leur sont bonnes lorsqu’il s’agit de flatter le pouvoir. Leur prétendue indépendance dont ils parlent, est une plaisanterie. Plus ils gravissent les échelons des honneurs, plus ils sont serviles. Pour faire la grande carrière, il faut avoir accumulé tant de platitudes qu’on peut dire que leur bassesse est proportionnelle à leur élévation.

Voilà pourquoi Paris est pire que tout. Pour en arriver là, il faut avoir tant de fois courbé l’échine et servi des maitres divers, que toute moralité est absente. Ils sont d’ailleurs ingrats. Si le Gouvernement change, ils se mettront au service de celui qui tient présentement le pouvoir et jetteront impitoyablement en prison ceux dont quinze (15) jours avant, ils léchaient encore les bottes et auxquels ils doivent ce qu’ils sont devenus. Vivre quotidiennement avec des gens qu’on méprise, passer des journées dans une maison sale et respirer dans un air plein de miasme,  voilà pourtant ma destinée » (Maurice GARCON, Journal 1939-1945).

Il dit dans ce texte que Paris est pire que tout, c’était la situation de la France de 1939. C’est cet affaissement de la justice française devant ses responsabilités, traînant une corruption cancéreuse, qui a été à la base de la débâcle de la France durant la guerre de 39-45. Quand l’éthique déserte l’Etat, le désastre se pointe à l’horizon. Et Hitler a fait de la France, une bouchée. Je n’irai pas jusqu’à dire que Dakar de 2018, est pire que tout ; je crois en l’avenir de la justice de mon pays et à ses Magistrats dont certains, la majorité, sont d’une intégrité sans faille comme l’ont révélé les délibérations du dernier Congrès de l’Union de la Magistrature du Sénégal (UMS).

Autant j’ai vu des avocats éloquents et brillants se succéder à la barre, pour prouver l’innocence de Khalifa SALL et de ses co-prévenus, autant j’ai eu le sentiment d’un gâchis quand j’ai entendu l’Agent judiciaire de l’Etat, une tête bien faite, mettre son intelligence, et son talent au service d’une cause injuste : l’arrestation de Khalifa Ababacar SALL et de ses co- prévenus.

Cependant je ne désespère pas de notre justice, qui a des ressources humaines de qualité.

Nous allons vers des échéances électorales décisives pour l’avenir du Sénégal. Dans ce contexte, comme disait Alain Badiou, « la politique est ramenée au choix électoral d’un Président. De cette définition peut découler une conception assez cynique de la politique faite de concurrence, de rivalité, de brutalité, de combat avec tout ce que cela implique de vilenie, de corruption, de mensonge et de violence.»

Il y a les tenants de ces pratiques qui n’ont rien à envier à Machiavel, qui dans Le Prince, définit les procédures de lutte pour le pouvoir, l’occupation, l’exercice et les qualités requises pour être l’homme de ce genre de combats.

« La contradiction entre justice et pouvoir a elle-même une longue histoire. Platon a essayé de fixer les normes d’un Etat soumis à l’idée de Bien et montré que ce n’était chose aisée. Assez tardivement, autour du XVIIIème siècle notamment avec Rousseau et ensuite à travers les efforts de plusieurs penseurs révolutionnaires du XIXème siècle notamment Marx et Engels mais aussi Proudhon, Fourrier, Auguste Comte, Blanqui, Feuerbach ». (Alain BADIOU, Eloge de la politique)

Les philosophes et les religions ont essayé de définir : « Qu’est-ce qu’un pouvoir juste ? ».En effet, la justice est aussi au cœur du projet social islamique. ALLAH (SWT) dit :

لَقَدْ أَرْسَلْنَا رُسُلَنَا بِالْبَيِّنَاتِ وَأَنزَلْنَا مَعَهُمُ الْكِتَابَ وَالْمِيزَانَ لِيَقُومَ النَّاسُ بِالْقِسْطِ ۖ وَأَنزَلْنَا الْحَدِيدَ فِيهِ بَأْسٌ شَدِيدٌ وَمَنَافِعُ لِلنَّاسِ وَلِيَعْلَمَ اللَّهُ مَن يَنصُرُهُ وَرُسُلَهُ بِالْغَيْبِ ۚ إِنَّ اللَّهَ قَوِيٌّ عَزِيزٌ

« Nous avons envoyé nos prophètes avec des signes et avons descendu avec eux des livres et la capacité de peser et de soupeser chaque situation pour que les êtres humains vivent dans la justice et l’équité ».

Donc tout ce qui touche à la justice ne nous est indifférent ou innocent parce qu’il a une portée divine récompensée par ALLAH,qui dit ne jamais refuser la prière d’un Imam juste. Ici le rôle du juge est sacralisé avec les attributs de la Sainteté.

Ainsi la nécessaire séparation des pouvoirs pose une double question : celle de l’indépendance des juges et de la relation entre le Judiciaire et l’Exécutif. Il doit être attaché à la fonction de juge une forme de hauteur, de grandeur, de distance qui seules donnent à ses décisions une sorte d’autorité et de crédibilité. Une justice matinée d’empathie et d’humanité est tout de même compatible avec cette hauteur et cette distance. Elle doit traduire le désir permanent au sein des tribunaux d’analyser sans relâche les liens qui existent entre l’éthique, les fondements moraux et politiques de l’institution judiciaire, l’organisation de son travail et le contexte social et historique qui en est l’arrière-plan. Et dans le cas d’espèce de la caisse d’avance, les intervenants sont largement revenus sur la réalité sociale et historique qui l’a créée et pourquoi le procès et pourquoi maintenant ?, pour souligner la partialité, la temporalité et la disproportionnalitè.

3. Où est la gauche ?

Des évènements se sont passés avant le 30 Juillet 2017, qui nécessitaient une réaction collective et réfléchie des forces de transformation sociale. L’arrestation de Khalifa Ababacar SALL et ses co-prévenus n’avait pas lieu d’être. Mais on a laissé faire. Certaines forces curieusement aphones et atones telles que nos amis du PIT et de la LD, ont préféré porter les béquilles du pouvoir actuel parce qu’elles ont abandonné la lutte.

Pourquoi si peu de référence et d’attachement à une tradition politique de justice et de progrès social, qui vient de loin, et fait partie du patrimoine patriotique de notre histoire contemporaine ? Tout le monde dénonce la situation actuelle, collectivement et individuellement : Amnesty International, Alioune Badara Cissé mais aussi le rapport de la CENA sur les élections du 30 juillet 2017 lorsqu’il déclare : « les Sénégalais sont unanimes à reconnaitre que les élections législatives du 30 juillet se sont déroulés dans des conditions difficiles ; les récriminations étaient nombreuses, vérifiables et vérifiées sur le terrain ; Personne n’a nié un tel fait ».

La Ligue Démocratique vient de réagir positivement en isolant et en neutralisant l’enclave de l’APR dans leur parti, en déclenchant une dynamique de rectification, qui a abouti à la tenue du VIIIème Congrès statutaire de la Ligue Démocratique Debout (LD) dont la résolution finale stipule : « Considérant la situation de la Ligue Démocratique caractérisée, depuis le lendemain de la deuxième Alternance par une entreprise de captation de notre Parti pour en faire un instrument non plus de lutte et de promotion des intérêts du Peuple, mais tout simplement un outil de promotion personnelle de quelques individus. Cette stratégie de captation a été basée sur un renoncement à tous les objectifs, valeurs et principes qui guident l’action du Parti et sur une inféodation totale au régime en place afin d’obtenir quelques postes dans les structures étatiques et autres avantages financiers, avec à la clé des tentatives de corruption de nos bases militantes ».

4. A quand le tour du PIT ?

Le PIT que je connais mieux était un parti sérieux, prolongement du PAI historique qui à lui seul, est une caution de patriotisme au Gouvernement actuel. Il a été l’élément subjectif ayant mené avec vaillance et constance, la lutte de notre peuple pour son émancipation. La révolution nationale et démocratique qui reposait en partie sur le soutien du camp socialiste, représentait sa vision tactique et le socialisme, sa stratégie finale. Je peux comprendre qu’avec l’effondrement de ce camp et le désinvestissement idéologique qu’il a créé, que les marxistes sénégalais aient été amenés à se « réajuster » pour reprendre l’expression caustique du Feu Amady Aly DIENG.

Se réajuster oui, eu égard à la nouvelle donne, mais pas au point d’y perdre son âme. On est loin, en effet, des temps où dans le rapport du Comité central du 2e Congrès du PIT, en 1984, on se demandait : « Comment assurer à l’avenir l’expression démocratique sans entrave du suffrage universel ? La réponse à cette question dépend organiquement de la puissance du mouvement démocratique, de l’existence d’un dense réseau d’organisations prenant en charge de manière diversifiée et convergente les préoccupations des couches populaires, de leur éducation civique, y compris des questions aussi élémentaires que la façon de voter correctement, sans céder aux intimidations et pressions de tous ordres que les hommes du pouvoir exercent jusque dans les bureaux de vote pour fausser l’expression du suffrage universel ».

Toutes ces entraves qui empêchaient l’expression du suffrage universel, dénoncées en 1984 du temps d’Abdou Diouf, se sont manifestées avant, durant et après le 30 Juillet 2017. Mais différence de taille entre les époques – la nature de classe du régime n’ayant pas changé – aujourd’hui, c’est le PIT lui-même qui est complice des entraves qu’il dénonçait, surtout la rétention des cartes d’électeurs ou leur distribution sélective.

Le PIT, dans son rapport du Comité central du 1984, préconisait que l’expression sans entrave du suffrage universel exigeait l’existence d’un puissant mouvement populaire et démocratique. Pourtant, c’est un mouvement populaire puissant sans équivalent dans l’histoire du Sénégal, articulé autour du peuple des Assises dirigées par des personnalités hors pair telles que Ahmadou Moctar MBOW, Mamadou TOURE (que Dieu ait son âme) et Cheikh Hamidou KANE avec des socio-démocrates, des communistes, des syndicats et des organisations de la société civile, des personnalités et organisations religieuses, qui a porté Macky SALL au pouvoir en Mars 2012. C’est cette même Coalition, ou ce qui en reste, qui est l’artisan et le principal complice d’un processus électoral qui a empêché 30% de corps électoral d’exprimer son devoir civique.

J’insiste sur le cas du PIT parce qu’il a été le vivier idéologique dans lequel la stratégie de large rassemblement a été élaborée et qui a été le socle sur lequel reposaient les deux alternances connues au Sénégal en 2000 et 2012. L’un des rares partis communistes à être encore dans un gouvernement dans le monde. Signe d’épaisseur stratégique et d’une intelligence politique qui refuse de camper dans une opposition infantile et belliqueuse. En même temps, je suis inquiet de voir hypothéqués le patrimoine historique du PAI et sa lutte exténuante. En effet la sclérose et le nécrose du PIT font qu’il a abandonné des tâches essentielles : fonction intellectuelle d’élaboration théorique et de lutte idéologique, fonction programmatique, fonction d’animateur des organisations de masse et de mouvements sociaux. Même la lutte dans les entreprises, qui constituait un paragraphe obligé du rapport du Comité central, est aujourd’hui absente. Des patriotes de grande valeur depuis Lamine SENGHOR ont sacrifié leur vie pour la cause que le PIT est en train d’abandonner.

A l’instar de la LD Debout, je souhaite au PIT la même dynamique de rectification. Nous avons besoin d’une justice de grande qualité, des forces de progrès en mouvement et une assemblée nationale plurielle et citoyenne et non un temple des applaudissements moutonniers.

5. Les dangers d’une majorité parlementaire

A cette période actuelle de l’histoire du Sénégal, nous avons aussi besoin d’un dispositif institutionnel qui renforce le Parlement dans son rôle de contrôle de l’exécutif et d’évaluation des politiques publiques. Il faut définitivement adopter le « check and balance » américain, qui est à la forme la plus acceptable de la séparation des pouvoirs. Les élections récentes, ailleurs dans le monde, nous ont édifiés sur la maturité des peuples qui ont refusé de donner une majorité parlementaire à l’Exécutif. C’est le cas en Grande Bretagne avec Theresa MAY, en Allemagne avec Angela MERKEL qui, depuis cinq (05) ans est minoritaire au Bundestag. Elle a gagné les élections en Allemagne mais a rencontré des difficultés énormes pour former un Gouvernement. Les élections du parlement italien n’ont donné aucune majorité, tout sera négocié. En France, Emmanuel MACRON a une majorité composite.

Au Sénégal, le régime présidentiel concentre entre les mains d’un seul homme, des pouvoirs exceptionnels qui en fait un monarque élu. Entre deux élections présidentielles, le parlement s’est révélé impuissant à contrôler les abus et les dérives des autorités de l’exécutif.

Pour échapper à cette menace, il faut dans le cadre d’un benchmarking, adopter l’expérience de pays ayant su gérer leurs ressources minières tels que le Pérou, la Norvège ou encore le Ghana. Le Pérou a su tripler son PIB en dix (10) ans, alors qu’il aurait fallu un taux de croissance annuelle d’au moins 7% pour doubler le PIB en dix (10) années. Dans ce pays, une tradition institutionnelle refuse de donner la majorité parlementaire à l’Exécutif qui plafonne à 40%, obligeant ce dernier à constamment rendre compte au Législatif qui a le dernier mot, y compris pour les contrats miniers. Aujourd’hui, le parti du Président péruvien a vingt (20) députés, et l’opposition soixante-onze (73) sur les 130 sièges.

Pour renforcer l’Assemblée Nationale, il faudra bannir une pratique qui porte sur les procédures d’urgence qui sont devenues la règle et non l’exception. Jamais une législature n’a subi autant de pression de la part de l’Exécutif que la 12e législature pour passer des lois par la procédure d’urgence pour des affaires qui n’avaient rien d’urgent. Ce fut le cas avec la loi sur l’Acte III de la décentralisation qui porte sur la gouvernance territoriale. L’examen de cette loi demandait que l’on prît assez de temps avant de la présenter et de la discuter.

Elle a été votée en une semaine à la convenance du gouvernement dont l’objectif n’était point un découpage territorial efficace mais le charcutage électoral en vue des élections imminentes. Si on avait donné assez de temps à l’Assemblée Nationale, on aurait identifié et discuté des problèmes tels que les caisses d’avance et on aurait trouvé des solutions adéquates. Cela aurait permis d’éviter le procès actuel. C’est pourquoi nous dirons avec le Président Emmanuel MACRON, devant le Parlement français réuni en Congrès le 03 Juillet 2017 :
« Il faut du temps pour penser la loi. Du temps pour la concevoir, la discuter, la voter. Du temps aussi pour s’assurer des bonnes conditions de son application. Souhaiter que nos institutions soient plus efficaces, ce n’est donc pas sacrifier au culte de la vitesse, c’est rendre la priorité au résultat.

Sachons mettre un terme à la prolifération législative. Elle affaiblit la loi, qui perd dans l’accumulation des textes une part de sa vigueur et, certainement son sens. Telles circonstances, tel imprévu, telle nouveauté ne sauraient dicter le travail du législateur. Car la loi n’est pas faite pour accompagner servilement les petits pas de la vie de notre pays. Elle est faite pour encadrer les tendances profondes, des évolutions importantes, les débats essentiels, et pour donner un cap. Légiférer moins, c’est consacrer plus d’attention aux textes fondamentaux, à ces lois venant répondre à un vide juridique, venant éclairer une situation inédite. C’est cela, le rôle du Parlement. Légiférer moins, c’est mieux allouer le temps parlementaire. C’est en particulier, réserver de ce temps au contrôle et à l’évaluation
».

6. Le message éternel de Mame Abdou (RTA)

On se souvient que Mame Abdou (RTA), dans ces dernières imprécations, s’adressait vigoureusement à la représentation parlementaire, lui demandant de refuser d’être une Assemblée assujettie et asservie à la volonté du Chef de l’Exécutif de l’époque, le Président Abdou DIOUF. Il interpelait les députés en leur demandant de refuser de voter des lois uniquement pour plaire à Abdou Aziz NDAO, qui était alors Président de l’Assemblée Nationale. A travers le Gouvernement d’Abdou DIOUF, Mame Abdou (RTA) avait confondu dans la même imprécation, l’Exécutif et le Législatif. Il avait alors administré un cours magistral de droit constitutionnel sur la séparation des pouvoirs qui continue, vingt (20) ans après, à retentir dans les villages les plus reculés du Sénégal, dans un langage qui repose sur l’affect et qui a su aller au-delà du cours de droit de l’Université.

Il invitait les députés à craindre Dieu devant le jugement de qui ils se présenteront un jour, et auront à rendre compte de leur comportement à l’Assemblée Nationale. Il les enjoignait d’agir en fonction des intérêts des populations qu’ils représentaient dans l’hémicycle.

Mame Abdou (RTA) dans ses imprécations avait déjà parlé à la 13e législature qui ne doit pas voter des lois pour faire plaisir au Président Macky SALL ou installer un environnement qui rend impossible tout débat sérieux, sur les questions multiples et complexes qui interpellent notre pays et pour lequel personne n’a le monopole des solutions.

La 13e législature regorge de ressources humaines variées de qualités exceptionnelles ayant l’expérience de l’Etat, de l’Assemblée, du pays et des exigences du monde moderne, ayant servi dans plusieurs gouvernements. Cette législature dispose également d’hommes et de femmes venus des terroirs et qui font que cette Assemblée Nationale est vraiment Nationale dans un Sénégal riche de ses cultures, de son histoire plusieurs fois séculaires, de ses confessions, de ses ethnies, de ses régions, de leurs diversités géographiques, enrichies par des alluvions fécondes.

Ce pays d’intégration parvient toujours à intégrer et à dépasser ses apports allogènes. Ce n’est qu’à travers un débat sérieux, profondément réfléchi et non dans les majorités mécaniques, que la lumière jaillira. Aujourd’hui à l’Assemblée, dans les commissions comme en plénière, toutes sortes de subterfuges sont utiliséés pour restreindre le débat avec une pesante condescendance de la majorité, et une violation flagrante du règlement intérieur.

7. Et pourtant, ce Macky n’est pas le maître du jeu

Ce qui a frappé tout le monde, au soir du 30 Juillet 2017, Macky SALL, et c’est peu de le dire, n’offrait pas du tout l’image d’un vainqueur. Et ses partisans ne pavoisaient pas. Ils savaient comment ils ont gagné. Ce que Macky SALL trîine derrière lui, c’est la désillusion de ses alliés qui sont, chacun pris individuellement, dans une déliquescence totale. Contrairement à ce que ses médias de service veulent faire passer dans l’opinion, Macky SALL est politiquement le plus affaibli de tous les présidents depuis l’Indépendance. Il n’a ni l’expérience, ni la préparation de ses prédécesseurs, mais il est l’héritier du passif de Wade. Il est vrai qu’il a un puissant trésor de guerre, de quoi acheter le ciel et la terre. Il n’est fort que de la faiblesse de ses adversaires, avec une stratégie politique qui repose essentiellement, sur la transhumance, des religieux et des politiques.

Pour 2019, son calendrier n’est pas bon. Pour avoir des chances de gagner la prochaine présidentielle, il faut être fort dans ses bases. Il faut être armé d’un bon bilan et enfin, compter sur un soutien populaire sans faille.

Au contraire, les réseaux sociaux sont en ébullition. Les alliés de Bennoo Bokk Yakaar en rébellion, aujourd’hui la LD debout, après le PS et l’AFP, l’APR en explosion. Le Directeur du "Soleil" dans un surprenant cri de détresse, parle d’esseulement du Président et la démobilisation inquiétante de l’APR. Un PSE qui bat de l’aile, avec des conceptions fumigènes d’un Premier ministre évanescent. De mémoire de Sénégalais, jamais Président de la République n’a été, avec ses proches, autant chahutés, humiliés, malmenés, tournés en dérision. Ni Léopold Sédar SENGHOR, ni Abdou DIOUF, ni Abdoulaye WADE, ni Hosni MUBARAK, ni Yaya DIAME, ni Robert MUGABE n’ont connu un tel traitement.

Nous sommes en droit de nous de nous demander comment on en est arrivé là.

Le médiateur Alioune Badara CISSE, membre fondateur de l’APR, ancien Ministre des Affaires étrangères de Macky SALL, compagnon de route dénonce les mêmes turpitudes. Le Sénégal souffre tragiquement d’une absence de leadership. Il n’a ni cap ni capitaine. Les Sénégalais sont déboussolés, découragés, déçus par deux Alternances non abouties. Ni le régime, ni la personnalité torve, autoritaire et éruptive de Macky SALL ne sont aimés. Macky suscite peu d’enthousiasme. Son désir obsessionnel d’avoir un deuxième mandat le pousse à tous les excès. Il est prêt à y sacrifier tout.

La jeunesse lui tourne le dos. Cette jeunesse enthousiaste, frémissante de rêves, d’élan et d’allant, dont on sait comment elle est prête aux sacrifices et sensible aux menaces de l’avenir. La coagulation dangereuse du mécontentement et du désespoir, représentent la hantise de Macky SALL, depuis que le 23 Juin 2011, a montré qu’un gigantesque brasier pouvait surgir d’une étincelle (Touche pas à ma Constitution). Et on sait que le Sénégal, pays de contestation et de refus mais aussi de rêve (le pétrole et le gaz font rêver), est coutumier de ces embrasements qui ont consumé notre histoire commune, de la colonisation à nos jours.

Il ne faut pas en douter, le Sénégal va au-devant de gigantesques déconvenues.

Le Sénégal aujourd’hui est à ce point sinistré, malade de lui-même, et ravagé par un mal secret. La gouvernance du pays est caractérisée par une absence de vision et de leadership. C’est ce qui explique la cuisante désillusion de l’opinion.
Le peuple sénégalais est fervent dans l’admiration, ce qui explique la profondeur de leur foi en El hadj Malick Sy et Serigne Touba. Mais une fois son espérance déçue il est impitoyable. Il devient amer, vindicatif.

Avec ‘‘Sopi’,’ il avait tout misé sur Abdoulaye WADE dont la magie du verbe enjôleur, le fascinait et lui promettait une société heureuse et harmonieuse, enfin purgée de ses venins et de ses turpitudes.Le peuple croyait avoir élu enfin un Président à la hauteur de la fonction. Brutal a été le réveil : Le Sénégal est tombé sur un Président élu par infraction, du fait de la bêtise de Bennoo Siggil Sénégal dont les leaders se sont faits hara-kiri et nous ont offert le spectacle attristant d’un suicide de baleines. Le nouveau président souffrant d’une sérieuse impréparation.

A l’heure du bilan, la société sénégalaise est menacée de déliquescence à un moment grave de son histoire. Allah dans sa sagesse infinie, nous a dotés des moyens de notre développement avec le pétrole, le gaz et des ressources humaines de qualité. Mais le Sénégalais est sceptique, déprimé en proie au fatalisme (à quoi bon ?, ils sont tous pareils), désabusé et atteint dans les profondeurs de son âme.

Ce qui est en cause, ce n’est pas l’intelligence du Président ou son désir de bien faire. C’est l’inadéquation de son comportement avec la fonction. L’Etat est aujourd’hui perverti par un homme qui a politisé à l’extrême l’administration sénégalaise. Il n’a ni mesuré, le sens de la fonction ni compris le champ de ses responsabilités. Il est agité, en revanche, par des démangeaisons présidentielles pour un second mandat et espère le soutien de la France pour compenser son impopularité. Mais le Président Emmanuel MACRON, pourra-t-il se permettre de soutenir un homme à qui le peuple a tourné le dos, après avoir annoncé publiquement à OUAGADOU, à ACCRA, à ABIDJAN et à DAKAR, la fin de la France-Afrique ? A cet égard, la condamnation de Khalifa Sall serait l’erreur de trop qui ferait basculer définitivement la France. Les USA n’avaleront pas la pilule, surtout le Congrès.

Ainsi le Sénégal va au-devant de gigantesques déconvenues. Le Président de la République devrait arrêter ces dérives et analyser froidement la situation. Il ne doit pas tomber dans le travers du déni ni suivre les voix des sirènes courtisanes qui l’enfument. Ils ne lui sont d’aucune utilité : ils le mènent droit dans le mur. Et ils lui trouvent des ennemis qui n’en sont pas et dont le seul crime est de refuser d’être associé aux bêlements laudatifs.

Dans notre système démocratique, l’opinion publique nourrit un scepticisme prononcé à l’endroit de nos hommes politiques. Les réseaux sociaux les enfoncent davantage tous les jours. La forme d’organisation autour de partis politiques héritée du 19e siècle est-elle la meilleure pour mener les luttes d’aujourd’hui et construire l’alternative que le peuple appelle de ses vœux ?

Le parti politique représentait le socle de croyance et de comportement qui scellaient un engagement commun. Mais dans un contexte de crise de l’institution partisane, la mobilisation directe des militants et des électeurs à travers l’internet rend moins utiles les partis traditionnels héritiers de l’âge parlementaire du décadent.

Il est donc impérieux de réinventer les formes de notre démocratie, avec les exigences de la révolution numérique en féminisant, rajeunissant et diversifiant les adhérents et les responsables à tous les niveaux des instances pour la conquête non seulement de la présidence mais également des collectivités locales en 2019.

Il faut s’atteler à organiser une alternative, la vraie cette fois-ci, avec un président aux compétences étatiques avérées constant dans ses positions apportant des solutions aux problèmes du pays .Il aura été choisi parce que réunissant notoriété, charisme et crédibilité. Ce sera un homme (ou une femme) équidistant de tous les lobbies qui gangrènent la vie politique de notre pays depuis toujours.

Cette alternative offrira aux Sénégalais un leadership qui donnera une autonomie de décision et la capacité « d’ordonner le réel » pour parler comme notre compatriote Felwine SARR. Pour nous y aider, notre profond ancrage dans les valeurs qui structurent notre imaginaire collectif. Macron révèle : « j’ai passé beaucoup de temps à lire Kant, Aristote et Descartes. Je découvrirai Hegel plus tard.» J’aurais aimé entendre Macky Sall dire la même chose pour EL Hadj Oumar Foutiyou TALL, El Hadj Malick SY, Serigne Touba, Thierno Souleymane BAAL, Baye NIASSE et Limamou LAYE, Cheikh Moussa KA, Serigne Hady TOURE et Cheikh GASSAMA. Yacine Boubou, Aline Sitoe Diatta.

C’est cette reconnaissance et l’appartenance à cette culture qui donnent au Sénégal son atout majeur : celui qui dit qui il est, d’où il vient et quelle valeur il défend.

L’opacité et l’absence de transparence des contrats qu’il signe notamment pour le pétrole et le gaz, illustrent la fameuse phrase du Cardinal de Retz : « On ne sort de l’ambigüité qu’à son détriment ».

En effet, Macky Sall sait qu’il n’a pas intérêt à la transparence parce que c’est à son détriment. Donc, il s’installe dans l’opacité, la marque de fabrique de tout ce qu’il fait. C’est cette ambiguïté que traduit l’épisode calamiteuse du « Wax Waxet », qui remet en cause ses promesses électorales. Il est incapable de constance, parce qu'emporté par ses reniements perpétuels dont les conclusions des Assises nationales.

Bes Du Ñakk, vu l’état de déliquescence des forces de transformation sociale, offre des structures d’accueil pour ces Snégalais désorientés, désespérés et déçus ; mais convaincus de l’avènement de lendemains meilleurs et qui cherchent, avec optimisme, une issue à leur désarroi. Bes Du Ñakk redéfinit ce que doit être la culture commune de la Gauche, à travers une offre politique nouvelle pour les Sénégalais qui ne repose pas sur une communauté d’intérêts égoïstes mais sur une communauté de destin. Offrir un nouveau paradigme pour enfin être à la hauteur de la grande exigence de changement que nous vivons depuis l’époque du ‘‘Sopi’’.

Bes Du Ñakk entend contribuer en bonne place à cette alternative en construction, armé d’une éthique à l’image du grand théologien de Damas du 13e siècle, Ibn Taymiyya, qui disait : « La valeur d’un pouvoir est déterminé par les qualités morales personnelles des hommes qui assument le pouvoir » et « si le détenteur du pouvoir est sain, alors les affaires des hommes le seront également, mais s’il est corrompu, alors les affaires des hommes le seront tout autant ».
Fait à Paris, 6 mars 2018


Serigne Mansour SY Djamil
Khalif de Serigne Moustapha Sy Djamil
Président de Bess Du Niak
Ancien Vice-Président de l’Assemblée Nationale, Député