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Dette publique : Mouhamed FALL AL Amine alerte sur un risque de choc économique majeur au Sénégal

Face à l’accélération du service de la dette et à la pression croissante sur les finances publiques, Mouhamed FALL AL Amine tire la sonnette d’alarme. Le journaliste économique estime que le Sénégal entre dans une phase critique marquée par des tensions budgétaires inédites, des risques de saturation du marché régional et une fragilisation progressive de la confiance des investisseurs.


Rédigé par leral.net le Dimanche 24 Mai 2026 à 11:43 | | 0 commentaire(s)|

Mouhamed FALL AL Amine dresse un constat préoccupant de la situation économique du Sénégal. Selon lui, les finances publiques font face à une pression sans précédent qui pourrait conduire le pays vers une zone de fortes turbulences si des réformes structurelles ne sont pas rapidement engagées.

Dans son analyse, il souligne une concentration exceptionnelle des échéances de dette sur les prochains mois. Entre juin et juillet, le service de la dette devrait atteindre près de 1 200 milliards de FCFA.

« Dès le mois de juin, le poids du service de la dette devient étouffant : 582 milliards de FCFA à honorer en juin, suivis de 633 milliards en juillet. Ces montants exercent une pression extrême sur la trésorerie publique », avertit-il.

Pour le président du Réseau Francophone des Journalistes économiques et financiers, cette évolution traduit un risque systémique majeur. Il estime qu’au-delà du seuil de 300 milliards de FCFA de service mensuel de la dette, l’économie sénégalaise s’expose à un choc macroéconomique potentiellement sévère.

Selon lui, plusieurs facteurs aggravants convergent actuellement : ralentissement de la confiance des investisseurs, tensions de liquidité sur le marché régional et durcissement des conditions monétaires dans l’espace UEMOA.

Il s’interroge notamment sur la capacité du marché financier régional à absorber les besoins de financement de l’État sénégalais, évalués à plus de 6 000 milliards de FCFA. « Les signaux envoyés par le marché sont clairs : l’appétit des investisseurs s’émousse, la liquidité se raréfie et la confiance devient plus sélective », analyse-t-il.

Le journaliste financier critique également les mécanismes de court terme utilisés pour faire face aux tensions budgétaires. À ses yeux, les montages financiers et instruments de trésorerie ne constituent plus des solutions durables à la crise actuelle.

Il cite notamment certains mouvements observés sur le marché obligataire, où des investisseurs auraient cédé des titres bien avant leur échéance, traduisant selon lui une perception accrue du risque.

Au-delà des indicateurs financiers, Mouhamed FALL AL Amine redoute un scénario économique plus complexe encore, alimenté par plusieurs facteurs externes : l’absence de normalisation des relations avec le FMI, les tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz susceptibles de faire grimper les prix du pétrole, ainsi que le resserrement monétaire de la BCEAO.

Il évoque enfin le risque d’un retrait progressif de certains bailleurs sous-régionaux, dont le soutien avait jusque-là contribué à maintenir les équilibres financiers du pays.

Pour lui, seule une restauration rapide de la crédibilité financière du Sénégal, accompagnée d’un dialogue structurant avec les partenaires internationaux, pourrait éviter une rupture brutale des équilibres économiques et ses conséquences sociales et politiques.