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Distribution gratuite de Ndogou : A la quête de la grâce divine

Durant le mois béni de Ramadan, de plus en plus de Sénégalais, selon leur statut social, organisent des ‘Ndogou’ de charité à la grande satisfaction des nécessiteux. Toutefois, si certains le font pour appliquer les préceptes de l’Islam, d'autres le font, malheureusement, pour relever leur cote de popularité. Reportage.


Rédigé par leral.net le Lundi 29 Août 2011 à 04:03 commentaire(s)|

Distribution gratuite de Ndogou : A la quête de la grâce divine
Il est 19 h 30 sur le carrefour de la commune d’arrondissement de Castors. Le muezzin vient à peine de terminer l'appel à la prière et les croyants ont déjà commencé à rompre le jeûne. Au niveau de quelques tentes occasionnelles dressées sur la route, dattes, café au lait et pain sont offerts aux passants. Initié par des bienfaiteurs particuliers, Baay Fall ou personne de bonne volonté, cette action permet à ces organisateurs de profiter du mois béni du Ramadan pour faire œuvre de générosité, ainsi que le recommande l’Islam. Ce geste de générosité est bien accueilli par les passagers et les mendiants. ‘Nous ne sommes plus pressés de rentrer à la maison pour couper le jeûne, car nous trouvons le nécessaire en cours de route’, se réjouit Elimane Fall, un des bénéficiaires du Ndogou.

Pour le Baay Fall, Abdoulaye Niang, c’est par esprit de solidarité que lui et ses camarades passent la journée à mendier pour offrir un Ndogou aux nécessiteux. ‘Il faut que les Sénégalais comprennent que les Baay Fall jouent leur rôle dans le développement social du pays’, dit-il. Pour sa part Seynabou Lam, une autre initiatrice de cette action de solidarité estime que ses actions de bienfaisance répondent aux recommandations du Prophète Mohamed (Psl) qui invite les musulmans à s’entraider. ‘Un Hadith, selon le témoignage des compagnons du Prophète Mohamed (Psl), explique que pour ce dernier offrir un repas à un pauvre durant le Ramadan équivaut à jeûner une journée’, renseigne la dame. Elle soutient, par ailleurs, que ces ‘Ndogou de charité’ ont toujours existé dans l'histoire du Sénégal, comme dans celle des autres pays musulmans.

Cependant, autour de ces initiatives de solidarité, certains bienfaiteurs se soucient plus de relooker leur image, en mettant en exergue leur générosité. En effet, des chefs de partis politiques, des directeurs d’entreprises l'ont d'ailleurs bien compris. Eux qui multiplient ces gestes de charité durant le Ramadan. Des observateurs font remarquer que de gros efforts sont fournis par ‘certains donateurs occasionnels pour bénéficier de la réputation du meilleur Ndogou’.

Cette course à l'image n’agrée pas les responsables religieux. Oustaz Ousmane Touré, membre de la famille religieuse de Fass Touré, regrette cet ‘aspect tapageur de la religion en contradiction avec l'humilité et la modestie nécessaires aux bonnes actions du musulman’. Ces repas devraient, selon ce religieux, être distribués de manière anonyme à travers les réseaux des mosquées ou d'associations caritatives. L'Islam, précise-t-il, impose la Zakat (qui est le troisième de ses piliers) aux riches et considère la pauvreté et l'injustice sociale comme les plus grands fléaux qui pèsent sur l'humanité.

Paule Kadja TRAORE
source Walfadjri


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