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Donald Trump limoge John Bolton, son conseiller à la Sécurité nationale

Rédigé par Mamadou Mangane le 11 Septembre 2019 à 14:18

Le président américain Donald Trump a annoncé, mardi, dans un tweet, le limogeage de John Bolton, son conseiller à la Sécurité nationale. De l'Iran à la Corée du Nord, ils étaient en désaccord sur nombre de dossiers.


Donald Trump a limogé, mardi 10 septembre, John Bolton, qui occupait jusque-là le très influent poste de conseiller à la Sécurité nationale.

"J'ai informé John Bolton hier soir que nous n'avions plus besoin de ses services à la Maison Blanche", a tweeté Donald Trump. "J'étais en désaccord avec nombre de ses suggestions", a-t-il ajouté, en évoquant cet avocat de formation connu pour sa moustache et ses positions très dures à l'égard de l'Iran, de la Russie ou encore de la Corée du Nord.

D'un tweet laconique et énigmatique, John Bolton a simplement indiqué qu'il avait proposé de présenter sa démission lundi soir et que le président lui avait répondu : "Parlons-en demain".

Ce limogeage spectaculaire intervient dans un climat tendu entre les États-Unis et l'Iran, dossier sur lequel Donald Trump a envoyé des signaux contradictoires ces dernières semaines, entre extrême fermeté et volonté de négocier.

Va-t-en-guerre

Les autorités iranniennes ont d’ailleurs réagi à cette annonce voyant dans ce limogeage le "signe clair" que la campagne de sanctions américaines contre l'Iran est un échec. "La marginalisation de Bolton et son renvoi ne sont pas un accident, mais un signe clair de la défaite de la stratégie de pression maximale de l'Amérique" contre l'Iran, a tweeté Hesameddin Ashena, un conseiller du président iranien Hassan Rohani.

S'il est trop tôt pour dire si cette décision marquera un tournant dans la politique étrangère américaine, le départ de John Bolton, à la réputation de va-t-en-guerre modifiera incontestablement la dynamique au sein de la "West Wing".

L’Iran n’était pas le seul point d’achoppement entre le président américain et son conseiller. Ancien ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, John Bolton était également hostile à la main tendue de Donald Trump au dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, et il avait été directement pris pour cible, au printemps 2018, par le régime de Pyongyang.

"Nous avons déjà, par le passé, évoqué la personnalité de Bolton et nous ne cachons pas le dégoût qu'il nous inspire", avait lancé le ministère des Affaires étrangères. Au début des années 2000, déjà, son extrême fermeté sur ce dossier lui avait valu d'être traité de "déchet humain" dans la presse nord-coréenne.


"Gouverner par le chaos"

Pour le leader des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, cette décision de Donald Trump n'est que "le dernier exemple de sa façon de gouverner par le chaos". Le sénateur républicain Rand Paul a lui salué avec force l'annonce du limogeage de John Bolton. "Le président a d'excellentes intuitions sur la politique étrangère et sur la nécessité de mettre fin à nos guerres sans fin", a-t-il tweeté. "Il devrait être conseillé par ceux qui partagent sa vision".





"Depuis le début, deux voix murmuraient à l'oreille de Donald Trump : celle recommandant la diplomatie et mettant en garde contre le conflit, et celle poussant à la belligérance et mettant en garde contre le risque d'apparaître faible", résumait Robert Malley, président de l'International Crisis Group. "Avec le départ de Bolton, la deuxième a incontestablement perdu son principal avocat. Cela pourrait créer de nouvelles opportunités diplomatiques sur l'Iran, l'Afghanistan, la Corée du Nord et le Venezuela. Espérons que le président les saisira".

John Bolton était le troisième occupant de ce poste depuis l'investiture de Donald Trump en janvier 2017. Michael Flynn n'a tenu que 22 jours à ce poste. Ancien chef du renseignement militaire américain très apprécié de Donald Trump, il a fait les frais, le 13 février 2017, de l'affaire russe, dont il est l'un des principaux protagonistes. Il avait été remplacé par H.R. McMaster, général trois étoiles qui a à son tour quitté ses fonctions en avril 2018. Le président l'avait notamment réprimandé sur Twitter pour avoir estimé "irréfutables" les preuves d'une ingérence de Moscou dans l'élection américaine.

Avec AFP