leral.net | S'informer en temps réel

Emprunt sur le marché régional : le Sénégal ne mobilise que 90,2 milliards FCFA sur les 100 milliards recherchés

Malgré une demande des investisseurs supérieure aux attentes, l'État du Sénégal n'a levé que 90,2 milliards de FCFA sur les 100 milliards recherchés lors de sa dernière émission de titres publics. Une situation qui traduit la volonté du Trésor de limiter le recours à des financements jugés trop coûteux, dans un contexte de fortes tensions sur les finances publiques.


Rédigé par leral.net le Lundi 20 Juillet 2026 à 17:50 | | 0 commentaire(s)|

Le Sénégal poursuit ses levées de fonds sur le marché régional dans un contexte marqué par les répercussions de l'affaire de la dette cachée et le durcissement des conditions de financement.

Lors de sa dernière émission de titres publics, clôturée vendredi, l'État recherchait 100 milliards de FCFA. Les investisseurs ont pourtant manifesté un vif intérêt en proposant 120,7 milliards de FCFA, soit un taux de souscription de 120,7 %. Malgré cet engouement, le Trésor public n'a finalement retenu que 90,2 milliards de FCFA.

Des taux jugés trop élevés

Cette décision s'explique principalement par le niveau des rendements exigés par les investisseurs.

Pour les Bons assimilables du Trésor (BAT) à trois mois, les 22,3 milliards de FCFA proposés ont été intégralement retenus, avec un rendement moyen pondéré de 6,06 %. Même scénario pour les BAT à un an, dont les 33,9 milliards de FCFA ont été acceptés à un rendement moyen de 7,67 %.

En revanche, la situation est différente pour les Obligations assimilables du Trésor (OAT) à trois ans. Sur les 37,2 milliards de FCFA proposés, le Trésor n'a retenu que 6,6 milliards, rejetant plus de 30 milliards de FCFA en raison d'un rendement moyen de 8,04 %, jugé trop élevé.

Les OAT à cinq ans, proposées à un rendement proche de 8,05 %, ont, quant à elles, été intégralement acceptées, leur taux marginal étant considéré comme plus favorable.

Un arbitrage pour contenir le coût de la dette

Cette opération illustre un changement d'approche du Trésor sénégalais. Si les investisseurs continuent de répondre présents aux émissions de dette du Sénégal, ils exigent désormais des rémunérations plus importantes.

Face à cette hausse du coût de financement, l'État privilégie une stratégie plus sélective, préférant renoncer à une partie des montants recherchés plutôt que d'alourdir davantage la charge future de la dette publique.