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États-Unis: Donald Trump accuse la Chine d’ingérence électorale et sème le doute à trois mois des «midterms»

Rédigé par leral.net le Vendredi 17 Juillet 2026 à 11:13 | | 0 commentaire(s)|

Le président américain Donald Trump a dénoncé jeudi 16 juillet des « vulnérabilités choquantes » dans le système électoral américain, pointant notamment la Chine du doigt. À trois mois des élections de mi-mandat en novembre, le président a pris la parole, laissant planer à l’avance son intention de contester les résultats ce scrutin crucial. Il a annoncé la déclassification de documents, alors que les renseignements américains n’ont trouvé aucune preuve d’une ingérence chinoise.


« Nous ne pouvons plus jamais assister à une nouvelle élection volée », a lancé le président pendant son discours d’un peu plus de 25 minutes, affirmant que le système électoral restait un obstacle majeur pour la grandeur de l’Amérique. Il a alors rappelé ainsi ses accusations – jamais prouvées – que l'élection présidentielle de 2020 avait été pervertie par une fraude massive au profit de Joe Biden.

La responsabilité en viendrait à la Chine, derrière des ingérences électorales, et cela depuis plusieurs années : « À partir de l'élection de 2020, la Chine a mené ce qui apparaît comme la plus grosse opération de piratage de données électorales de l'Histoire, aboutissant à l'acquisition illicite par la Chine de 220 millions de fichiers d'électeurs américains », a-t-il ajouté.

Cependant, aux États-Unis, ces informations sont publiques, même si souvent payantes, rapporte notre correspondant à Atlanta, Edward Maille. Le président s’appuie sur ces documents confidentiels qui existent, mais son interprétation est exagérée. Et même s'ils avaient été téléchargés de manière illégale, cela « n'aurait en aucune manière compromis » les résultats de l'élection, a souligné Stephen Richer, du cercle de réflexion conservateur Cato Institute.

Donald Trump a alors clamé avoir de nombreuses preuves d’ingérences qui auraient été cachées par le « deep state » : l’idée complotiste d’un état profond qui œuvre contre lui.

Les renseignements n’ont trouvé aucun indice d’ingérence

Une enquête non classifiée des services de renseignement américains datant de 2021 n'a révélé aucun indice laissant supposer qu'un acteur étranger ait tenté ou réussi à altérer « un quelconque aspect technique » du scrutin de l'élection présidentielle de 2020, qu'il s'agisse des inscriptions sur les listes électorales, des bulletins de vote, du dépouillement ou des résultats. Cette évaluation a été menée sous la direction de John Ratcliffe, alors directeur du renseignement national sous Trump et aujourd'hui directeur de la CIA.

Le président s’en est aussi pris au système électoral, s’attaquant aux machines électroniques pour voter et comptabiliser les votes : « Elles sont vulnérables, elles sont faciles à compromettre, et des personnes dans notre gouvernement le savaient. »

Ces accusations ne sont pas nouvelles, de même que celles selon lesquelles des personnes non américaines ou même déclarées mortes auraient voté. Des cas qui existent, mais dans une proportion nettement plus infime que celle avancée par Donald Trump et sans conséquences sur les résultats.

Le milliardaire, qui n'a jamais accepté sa défaite face à Joe Biden en 2020, a accusé ces derniers mois les démocrates de tentatives de trucage des législatives de novembre lors desquelles les républicains pourraient perdre leur mince majorité au Congrès.

Préparer le terrain pour un coup de force ?

Face au caractère controversé des annonces attendues, plusieurs grandes chaînes avaient décidé de ne pas retransmettre en direct le discours.

En représailles, le président américain a appelé au retrait de leurs licences de diffusion. « Décision rare, NBC et ABC ont dit toutes les deux qu'elles ne diffuseraient pas ce discours. (...) Parce qu'elles savent combien notre système est corrompu et qu'elles ne veulent pas le révéler. Elles, et d'autres médias, font partie d'un complot. Elles veulent continuer cette fraude. (...) Une fraude comme celle-ci devrait signifier le retrait de leurs licences », a-t-il attaqué.

Avec cette ribambelle d’accusations, Donald Trump relance les doutes qui existent dans la société américaine sur la fiabilité des élections. Certains experts le soupçonnent de préparer le terrain à ne pas reconnaître sa défaite, une nouvelle fois, voire de préparer un coup de force.

RFI