leral.net | S'informer en temps réel

Ibrahima Bakhoum, Journaliste et Analyste politique sur le compagnonnage Khaf' et Sonko: "Ce n’est pas de l’alliance contre nature, mais des convergences d’intérêts"

Engagés dans une sorte de «mortal kombat» contre le Président Macky Sall et son régime, l’ancien maire de Dakar Khalifa Sall et le député leader de Pastef Ousmane Sonko, s’investissent, en perspective des Locales de janvier prochain, à tisser un partenariat dynamique au sein de Yewwi Askan Wi. Une coalition actuellement aux prises avec moult contradictions et divergences dans le cadre de ses investitures. Suffisant pour certains d’avancer une alliance contre nature entre des leaders dont les ambitions s’entrechoqueraient pour le contrôle de certaines collectivités locales comme Dakar. Interpellé par la rédaction de "Sud Quotidien", Ibrahima Bakhoum, journaliste-formateur non moins analyste politique, est cependant d’avis que «ce n’est pas de l’alliance contre nature, mais des convergences d’intérêts » qui…ne cachent pas moins des clivages latents, parfois même manifestes.


Rédigé par leral.net le Mercredi 27 Octobre 2021 à 18:20 | | 0 commentaire(s)|

Ibrahima Bakhoum, Journaliste et Analyste politique sur le compagnonnage Khaf' et Sonko: "Ce n’est pas de l’alliance contre nature, mais des convergences d’intérêts"
« Quand les gens se mettent ensemble pour combattre quelqu’un, forcément, c’est des divergences qu’on va faire. Ils ont besoin d’abord de se repositionner politiquement. Ousmane Sonko est très positionné, c’est Khalifa Sall qui ne l’est pas, parce qu’il l’avait été, il a été très fort. On l’a déboulonné. Donc, c’est normal que ces gens-là se mettent ensemble», explique Ibrahima Bakhoum, journaliste-formateur et par ailleurs, analyste politique.

Poursuivant ses propos, il ajoute : « Aujourd’hui, Ousmane Sonko, qu’on le veuille ou non, est hyper bien positionné dans l’imaginaire populaire, son nom passe partout. Khalifa Sall qui avait eu ça dans la région de Dakar, avait commencé à chercher un positionnement national, on l’a freiné. Mais puisque personne ne peut encore freiner Sonko, Khalifa Sall vient apporter à Sonko, ce qu’il n’avait pas à Dakar et Sonko apporte à Khalifa Sall, un soutien pour que son combat dans Dakar puisse prospérer».

Donc, selon l’analyste politique, « les deux acteurs politiques ont un adversaire qui est Macky Sall. Ils veulent se positionner par rapport aux Législatives à venir, mais aussi par rapport à la présidentielle de 2024. Il faut donc créer un rapport de force inverse ». Car, souligne-t-il, « Macky Sall a été plus fort comme président de la République pour déboulonner Khalifa Sall. Il a été très fort pour déboulonner Sonko dans l’administration. Parce qu’il a les prérogatives régaliennes, mais également la présence du pouvoir politique. Ils ont quand même besoin, surtout pour Sonko, d’exister politiquement. Et c’est maintenant qu’il doit faire le combat pour ne pas disparaître ».

De ce fait « s’ils (Khalifa Sall et Ousmane Sonko-ndlr) se mettent ensemble, ils se renforcent. S’ils font de bons résultats aux locales de 2022, du point de vue de la communication, ça va être un gain extrêmement important dans la perspective des Législatives de la même année. Donc, le positionnement des Locales, si vous êtes bien placé, donc ce compagnonnage-là va continuer jusqu’aux Législatives. Et à ce moment-là, ils peuvent avec d’autres opposants, peut-être qu’ils trouveront en cours de route, créer des rapports de force, tels qu’ils vont être très forts », argumente-t-il.

Et de poursuivre: « Peut-être même, ils vont avoir une majorité à l’Assemblée. C’est-à-dire Khalifa Sall, Sonko et les autres qui les retrouveront. Parce qu’en ce moment-là, s’ils ont de bons résultats aux Locales, surtout concernant à Dakar, les autres qui vont venir faire un compagnonnage avec eux, vont les rencontrer et arriver aux Législatives ; personne ne leur contestera la tête ou les deux têtes de listes ».

Et l’analyste politique de poursuivre : « Donc, le travail aujourd’hui, ce n’est pas de l’alliance contre nature, mais des convergences d’intérêts. C’est ce qu’on appelle des alliances objectives. C’est-à-dire que nous avons un adversaire commun, nous avons fait l’expérience de la division de l’opposition. Au moins, nous essayons de nous mettre ensemble».

Le journaliste formateur n’en dira pas moins : « Maintenant, s’ils se mettent ensemble, il y a forcément des clivages qui vont sortir toute de suite. Parce qu’il y a des gens qui sont avec Sonko, qui se disent qu’il faut qu’il les aide à se positionner sur les listes. Il y a également des gens qui sont avec Khalifa Sall et qui veulent que le nom de celui-ci les aide à se positionner sur les listes. Alors, tous ces éléments mis côte à côte, autant il y a des éléments de convergence objective pour les mettre ensemble, autant il existe des sous éléments de subjectivité qui peuvent également les opposer ».





Sud Quotidien

Ndèye Fatou Kébé

Titre de votre page Titre de votre page