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Kiev multiplie les frappes en Crimée occupée, Moscou grignote à nouveau du terrain dans le Donbass

Rédigé par leral.net le Samedi 27 Juin 2026 à 10:28 | | 0 commentaire(s)|

Depuis le lancement de l'offensive russe à grande échelle contre l'Ukraine, en février 2022, la péninsule de Crimée est l’un des principaux fronts du conflit. Vendredi 26 juin, le territoire a été placé en « situation d'urgence » après des attaques ukrainiennes ayant provoqué de graves pénuries de carburant et d'électricité. Alors qu'à Kiev, les autorités réaffirment leur soutien aux Tatars de Crimée, peuple autochtone de la péninsule annexée par la Russie en 2014, sur le terrain Moscou poursuit son offensive dans le Donbass.


Kiev multiplie les frappes en Crimée occupée, Moscou grignote à nouveau du terrain dans le Donbass
Jeudi 25 juin, à Kiev, le drapeau des Tatars de Crimée flottait à l'entrée du ministère des Affaires étrangères, comme chaque année autour du 26 juin, jour férié non officiel établi par l'autonomie tataro-criméenne en 2010. L’occasion pour le ministre Andriy Sybiha de recevoir la communauté criméenne exilée et de rappeler que, pour Kiev, le combat pour la Crimée est loin d’être une notion abstraite : c’est aussi celui de la population autochtone de la péninsule, rapporte notre correspondante à Kiev, Emmanuelle Chaze.

Alors que les frappes ukrainiennes sur la Crimée se sont multipliées ces dernières semaines, Refat Tchoubarov, à la tête de l’Assemblée des Tatars de Crimée, relaie les informations obtenues auprès des populations autochtones. « Ils souffrent de la dégradation de leurs conditions de vie, notamment sur le plan économique, mais ils sont prêts – en tout cas, c’est ce qu’ils nous disent – à souffrir si ces événements mènent effectivement à la libération de la Crimée. »

Sur le terrain, la moitié de la péninsule est désormais privée d’électricité. Le pont de Crimée, construction jugée illégale qui relie le territoire occupé à la Russie, est fréquemment fermé, empêchant le départ massif de colons russes qui voudraient quitter la région.

Selon Refat Chubarov, si la situation énergétique empire sur la péninsule, cela aura des conséquences lourdes pour Moscou. « Si les centrales thermiques sont démolies, c’en est fini. La Crimée se retrouvera sans combustible ni électricité. » « De l’avis de nombreux analystes, et je partage leur point de vue, cela pourrait au moins aboutir à une demande de Moscou d’entamer des négociations », conclut-il.

La situation d’urgence en Crimée, « un aveu de faiblesse des autorités russes »

Annexée illégalement par la Russie en 2014, la Crimée est visée depuis plusieurs semaines par une campagne soutenue d’attaques de drones ukrainiens. Infrastructures routières et ferroviaires, installations militaires, convois de ravitaillement : Kiev cherche à fragiliser un maillon essentiel du dispositif russe. Pour l’heure, ces frappes ont conduit les autorités d’occupation à placer la Crimée en « situation d'urgence » après les attaques de Kiev, qui prévient, de son côté, que sa campagne pour le territoire annexé ne fait que commencer.

Une mesure qui doit permettre de débloquer plus de moyens et prévoit théoriquement aussi la possibilité de mettre en place des restrictions visant la population locale. Toutefois, selon certains observateurs, cette mise en « situation d’urgence » est un aveu de faiblesse de la Russie, comme l'explique Cyrille Bret, expert à l'Institut Montaigne, interrogé par Julien Chavanne.


Cyrille Bret, expert à l’Institut Montaigne: la «situation d'urgence» est un «aveu de faiblesse» inquiétant pour Moscou

L’offensive russe grignote peu à peu la ville de Kostiantynivka, dans le Donbass
Si les Ukrainiens sont à l'offensive en Crimée, la Russie avance à nouveau ses pions dans le Donbass. Ses troupes progressent au nord, à l’est et au sud des grandes villes de Kramatorsk et Sloviansk, toujours tenues par l’Ukraine. Des combats seraient en cours dans la place-forte ukrainienne de Kostiantynivka, verrou stratégique au sud de Kramatorsk.

« Il est difficile de savoir exactement ce qu’il en est, mais si l’on s’en tient aux informations publiées par le site Deep State, proche de l’armée ukrainienne, certaines forces russes seraient désormais présentes dans Kostiantynivka », estime Ulrich Bounat, chercheur associé chez Euro Créative, joint par Murielle Paradon. Si la localité tombe aux mains de la Russie, Vladimir Poutine se rapprochera de son but d'annexer la région minière de l'Est de l'Ukraine.

RFI