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LE SOUKARU KOOR De plus en plus un fardeau pour les brus

Le sùkërù koor n’est plus une forme d’entre-aide entre musulmans pendant le mois de ramadan. il est devenu une obligation chez les brus et un fonds de commerce pour la belle mère qui en tire profit. Pourtant cette pratique est bannie par l’islam.


Rédigé par leral.net le Vendredi 5 Août 2011 à 18:55 commentaire(s)|

LE SOUKARU KOOR De plus en plus un fardeau pour les brus
Le sùkërù koor est une pratique inspirée de la tradition mais qui est devenu un fardeau pour les belles filles dans les ménages au Sénégal. Au-delà d’une pratique qui avait comme objectif originel l’entre-aide entre musulmans durant le mois de ramadan, elle est aujourd’hui devenue une obligation chez la bru à l’endroit de sa belle famille. « Il n’existe pas de belle fille qui, à l’approche du mois de ramadan, ne s’échine à rassembler de quoi honorer sa belle famille »Informe Oumou, mariée depuis plus de cinq ans. Pour cette dame, ne pas honorer cet engagement, ou plutôt ce devoir, serait synonyme de d’indifférence de cette dernière vis-à-vis de la famille de l’élu de son cœur. Du sucre aux dattes en passant par le lait, le café et, même parfois, le tissu pour la belle mère. Sur la liste, Il faut noter la maman, la sœur, le père et parfois même les parents des amis proches du mari… Aussi, même l’argent en liquide est de plus en plus accepté dans cette tradition qui prend petit à petit de l’ampleur. « L’année passée, j’avais dépensé 100 mille francs pour le sùkërù koor de ma belle famille. Mais le jour de la korité, j’ai entendu ma belle mère dire à mon mari que je ne veux même pas partager ce que je gagne avec eux » raconte l’experte comptable d’une société de la place. Ma belle mère m’appelle « toubab bù nioul » parce que je ne gaspille pas mon argent dans les cérémonies familiales comme elle le souhaite. Elle ne manque jamais de dire à mon mari des propos du genre : « ta femme ne t’honore pas comme le font les bonnes épouses pendant les cérémonies. Elle ne dépense jamais pour sa belle famille.»
Toutefois, des femmes qui gaspillent sans compter pendant le ramadan pour le « sùkërù koor » de leur belle famille, il en existe à la pelle. « J’ai une coépouse qui est issue d’une famille riche mais qui, pourtant, offre un sùkërù koor assez sobre. Mais, pour ce qui me concerne, mon intégration chez mes beaux-parents est passée par les riches sùkërù koor et autres cadeaux que j’offre à ma belle mère » confie une dame. Si j’ai les faveurs de ma belle mère, c’est parce que je ne lésine pas sur le montant à donner. Et si ma coépouse qui vit au canada séjourne au Sénégal, je me fais accompagner par mon griot pour agrémenter l’évènement » ajoute-t-elle. « Finalement, ma coépouse qui jouait à la toubab bù nioul faisait toujours semblant d’ignorer mes gestes de bienfaisance envers ma belle famille. Mais quand mon mari a fini par apprécier mes largesses envers ses proches, ma coépouse, conseillée par sa mère, a voulu revenir en arrière et faire comme moi. Mais c’était trop tard » se glorifie notre interlocutrice qui se dit contente d’avoir ainsi « chassé » de façon indirecte sa coépouse.
Pourtant, il existe une loi qui interdit le gaspillage dans les cérémonies familiales mais celle-ci n’est jamais appliquée. Aussi, l’islam recommande l’entre-aide pendant le mois de ramadan et le sucre, très utilisé pendant ce mois béni, était choisi pour venir en aide aux démunis et aux nécessiteux. Mais aujourd’hui, les temps ont bien changé.
Yandé DIOP le populaire


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