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Le G7 érige la dégradation des terres et la sécheresse en menaces mondiales pour la sécurité

Réunis à Paris, les ministres de l’Environnement du G7 ont reconnu la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse comme des facteurs majeurs d’instabilité, appelant à accélérer la restauration des sols et à mobiliser davantage de financements avant la COP17 prévue en Mongolie.


Rédigé par leral.net le Lundi 27 Avril 2026 à 14:08 | | 0 commentaire(s)|

Les pays du G7 ont officiellement reconnu la dégradation des terres et la sécheresse comme des défis systémiques mondiaux et des multiplicateurs de risques pour la sécurité, à l’issue de la réunion ministérielle sur l’Environnement tenue à Paris du 23 au 24 avril.

Dans leur déclaration conjointe, parvenue ce lundi à APA, les ministres ont souligné que ces crises environnementales fragilisent déjà les écosystèmes, menacent les moyens de subsistance et aggravent l’insécurité alimentaire et hydrique, avec des répercussions croissantes sur la stabilité économique et la paix, notamment dans les régions fragiles ou touchées par des conflits.

Ils ont insisté sur le lien de plus en plus manifeste entre dégradation des terres et sécurité, estimant que les pressions environnementales accentuent la concurrence pour les ressources naturelles, favorisent les déplacements de populations et augmentent les risques d’instabilité.

Selon les données citées dans la note, plus de 40 % des conflits internes survenus au cours des six dernières décennies seraient liés à des différends autour des ressources naturelles, en particulier la terre et l’eau.

Par ailleurs, jusqu’à 40 % des terres mondiales seraient déjà dégradées, pour un coût annuel estimé à 900 milliards de dollars.

La secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULD), Yasmine Fouad, a salué cette reconnaissance politique tout en appelant à des mesures concrètes.

« La dégradation des terres et la sécheresse ne sont plus des enjeux marginaux. Elles façonnent déjà le quotidien de millions de personnes », a-t-elle déclaré, estimant que restaurer les terres constitue « un investissement dans la paix, la résilience et la stabilité à long terme ».

Mme Fouad a également relevé un déficit d’exécution plutôt qu’un manque de connaissances. « Les pays ont déjà identifié leurs priorités. Le défi désormais est d’obtenir des progrès réels sur le terrain », a-t-elle insisté.

Environ 3,2 milliards de personnes vivent aujourd’hui dans des zones affectées par la dégradation des terres, ce qui accentue la pression sur les systèmes alimentaires, les revenus et la cohésion sociale.

Face à cette situation, les ministres du G7 ont jugé les financements actuels insuffisants et dispersés, plaidant pour une meilleure mobilisation des capitaux publics et privés.

La présidence française du G7 a annoncé à cet effet plusieurs initiatives, dont la Nature & People Finance Alliance, destinée à accroître les investissements en faveur de la nature et des écosystèmes.

Les regards se tournent désormais vers la 17e Conférence des Parties de la CNULD (COP17), prévue en août 2026 en Mongolie, présentée comme une échéance décisive pour transformer les engagements politiques en résultats tangibles.

Apanews

Mame Fatou Kebe