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Ma Vision comme candidat au poste de Secrétaire général des Nations Unies: Refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur (Macky Sall)


Rédigé par leral.net le Mardi 21 Avril 2026 à 23:33 | | 0 commentaire(s)|

Contexte mondial
Le monde traverse aujourd’hui une crise profonde, marquée par la persistance et l’escalade des conflits, de nouveaux périls de tous ordres et une conjoncture économique particulièrement difficile, aggravée par le poids de la dette pour de nombreux pays en développement.
L’Organisation des Nations Unies dont le rôle est de maintenir la paix, la sécurité et de favoriser le développement, se trouve elle-même confrontée à une défiance croissante, un manque d’efficacité, et un risque d’affaiblissement sans précédent, alors même que son potentiel est immense.
Dans ce contexte de grandes incertitudes, je suis convaincu que l’Organisation mondiale reste le cadre universel indispensable de dialogue et d’action collective pour des solutions concertées à nos défis communs.
Mais pour qu’elle puisse continuer de porter les idéaux à la base de sa création, mieux répondre aux attentes des Etats membres et faire face aux défis du XXIe siècle, elle doit être réformée, rationalisée et modernisée.

Vision stratégique
A mon sens, la crise actuelle n’est pas conjoncturelle. Elle est systémique et exceptionnelle par son ampleur. Sa prise en charge nécessite un leadership avéré et un programme conséquent, en axant nos efforts sur ce que nous pouvons faire ensemble, comment le faire et par quels moyens.
C’est dans cet esprit que je soumets ma candidature aux Etats membres, avec humilité et un sens élevé des responsabilités, pleinement conscient des exigences et qualités que requiert la fonction de Secrétaire Général des Nations Unies.
J’y suis encouragé par quatre décennies de gestion des affaires publiques, dont douze années comme Président de la République.
J’y suis également conforté par l’expérience de dialogue et de concertation acquise en tant que Président en exercice de l’Union Africaine, du NEPAD et de partenariats régionaux et globaux.
Ma vision repose sur cette longue expérience de gestion des affaires publiques, de la base au sommet de l’Etat ; mais également de contribution active au plan sous régional, régional et global, dans une approche fondée sur l’écoute, le dialogue et le pragmatisme.
Mon objectif stratégique consiste à travailler en étroite collaboration avec les Etats membres de l’Organisation, pour aider à restaurer la confiance dans le multilatéralisme par la sauvegarde de son unité, de sa capacité d’action, son autorité morale, sa crédibilité et son efficacité.
Je souhaite œuvrer pour faire de l’ONU une plateforme stratégique revitalisée, ancrée dans ses missions originelles, adaptée aux réalités du présent et du futur, capable de reconstruire la confiance entre Etats membres, prévenir les crises, contribuer à résoudre les conflits, promouvoir le développement, protéger les populations vulnérables, en gardant à l’esprit les Objectifs du Développement Durable et le cadre stratégique du Pacte pour l’Avenir.

Ma vision repose sur trois piliers fondamentaux :
• Forger une vision intégrée de la paix, de la sécurité, du développement et de la prospérité partagée
• Rénover et revitaliser le multilatéralisme
• Renforcer la gouvernance des Nations Unies

I. Forger une vision intégrée de la paix, de la sécurité, du développement et de la prospérité partagée

La paix, la sécurité et le développement restent intrinsèquement liés et se renforcent mutuellement.
Je crois que le fondement d’une prospérité mondiale repose sur un agenda qui place la paix au premier plan, axé sur la compréhension, la désescalade et un soutien neutre à la collaboration entre tous les Etats membres.
J’entends promouvoir une approche solidaire, fondée sur la confiance en matière de gestion des crises, associée à des efforts soutenus pour la prévention et le renforcement des initiatives et mécanismes d’alerte précoce.
Ces efforts doivent être complétés par un dialogue permanent et fécond entre le Secrétariat général et le Conseil de sécurité, garant du mécanisme de sécurité collective, une meilleure veille sur le terrain et une coordination plus soutenue avec les organisations et mécanismes régionaux pour réduire les tensions naissantes.
Il est également important d’assurer une meilleure synergie entre les opérations de paix, les actions des agences de développement et des organismes humanitaires.
Mon objectif est de rationaliser les interventions sur le terrain, éviter les doubles emplois et accroitre l’impact global des actions, en accordant une attention particulière aux pays structurellement fragiles.
De plus, la paix et la sécurité ne peuvent être assurées de façon pérenne quand les fondements du développement sont minés par la pauvreté, les inégalités, l’exclusion et la vulnérabilité climatique.
La solidarité multilatérale, tout comme l’aide publique au développement méritent d’être reconnues et saluées pour tout ce qu’elles ont permis de réaliser jusqu’ici, même si de nouveaux efforts sont nécessaires pour assurer la soutenabilité de la dette.
En même temps, nous savons tous que les besoins en matière de financement du développement dépassent de très loin les capacités de l’aide publique bilatérale comme multilatérale.
C’est pourquoi je m’engage à promouvoir davantage l’investissement et le commerce pour favoriser des partenariats porteurs de croissance et de prospérité partagées.

II. Rénover et revitaliser le multilatéralisme

Devant les risques de fragmentation engendrés par la dynamique d’un monde multipolaire, je suis convaincu que le multilatéralisme revitalisé reste le meilleur cadre de concertation et d’action face aux défis globaux.
Certains de ces défis, liés notamment à la paix, à la sécurité, au développement et à la migration sont anciens, mais se présentent aujourd’hui de façon plus complexe et prégnante.
D’autres sont relativement nouveaux, comme les menaces sanitaires transfrontalières et le progrès fulgurant des technologies dont l’intelligence artificielle constitue la dernière manifestation.
De même, j’ai la conviction profonde que la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, leur autonomisation et le soutien à la jeunesse doivent rester au cœur de l’agenda international.

Tous ces défis méritent une prise en charge dans un cadre multilatéral réinventé et réadapté. Je m’emploierai à être un Secrétaire général facilitateur et bâtisseur de ponts entre toutes les parties prenantes : Etats membres, société civile et secteur privé notamment.
La revitalisation du multilatéralisme passera aussi par la réforme du Conseil de sécurité. Je travaillerai à une réforme réaliste et consensuelle du Conseil qui contribuera à renforcer sa représentativité et sa légitimité, tout en préservant sa capacité d’action et son efficacité.
Si les Etats membres me font confiance, je m’emploierai à construire un dialogue constant et équilibré avec les membres permanents du Conseil, afin de contribuer à garantir davantage la légitimité et l’efficacité de l’action des Nations Unies.
Il urge également de redynamiser et revitaliser l’Assemblée générale, rationnaliser son agenda et le rôle de coordination du Conseil économique et social pour les activités opérationnelles de développement.
De même, il est nécessaire de soutenir une collaboration plus étroite entre les Nations Unies et les organisations et mécanismes régionaux, en particulier dans le domaine de la prévention et du règlement des conflits dont les coûts exorbitants constituent aujourd’hui une lourde charge pour l’Organisation.
En somme, face aux enjeux globaux tels que la paix, la sécurité, l’environnement, la santé mondiale, les technologies émergentes, la migration, la dette et le financement du développement, l’ONU doit retrouver sa vocation initiale de plateforme centrale de concertation stratégique, capable d’apporter des réponses collectives, crédibles et efficaces, en collaboration avec les institutions de Bretton Woods, les autres institutions financières internationales et les partenaires non étatiques.

III. Renforcer la gouvernance des Nations Unies

Le renforcement de la gouvernance de l’Organisation est une condition essentielle pour entretenir la confiance entre les États membres et le Secrétariat général des Nations Unies.
Dans la gestion des affaires publiques, j’ai toujours prôné une approche pragmatique orientée vers l’action et le résultat. En tant qu’ancien Chef d’Etat, je peux comprendre le souci des Etats membres en matière d’utilisation optimale des ressources humaines et financières de l’Organisation.
Sur la base des réformes déjà engagées, trois exigences majeures guideront mon action en matière de gouvernance : rationaliser, simplifier, optimiser.
Je veillerai à promouvoir une gestion transparente pour un Secrétariat efficace, efficient et responsable ; un Secrétariat dont le fonctionnement est fondé sur la rationalisation des structures et des mandats, la cohérence des actions et une meilleure utilisation des ressources.
Cela suppose également un financement plus prévisible et durable, ainsi qu’une modernisation des méthodes de travail, notamment par le recours accru à l’innovation, aux technologies numériques et à l’évaluation des performances.
Dans le même esprit, je soutiendrai les efforts de réforme visant à améliorer l’action des Nations Unies sur le terrain pour éviter les duplications, mieux assurer la coordination entre agences, fonds et programmes, afin de rendre l’Organisation plus flexible et mieux adaptée aux réalités du terrain.

Conclusion

Concrètement, je propose un leadership fondé sur :
• L’expérience et le pragmatisme
• Le respect de la souveraineté des Etats
• Une gestion prévisible, disciplinée et orientée vers les résultats
La confiance se construit par la constance, l’équité et l’efficience.
Je souhaite œuvrer pour une Organisation des Nations Unies qui :
• Assure la paix et la sécurité
• Utilise ses ressources avec sagesse
• Produit des résultats que les gouvernements peuvent défendre devant leurs citoyens
C’est ainsi que l’Organisation des Nations Unies restera pertinente.
C’est ainsi qu’elle gagnera en confiance.
Et c’est ainsi qu’elle fonctionnera à nouveau à la satisfaction de ses Etats membres et des peuples de la Planète.
C’est le moment d’agir avec clarté, courage et discipline pour faire mieux avec moins et réaliser le plein potentiel de l’Organisation.

Macky Sall