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«Le chapelet n'est pas une obligation dans l'Islam...»

Chapelet, (kourouss, en wolof) ! Constitué de perles enfilées en collier sur un cordon. Signe de piété ou outil de décompte. C'est selon les pays. Différentes appellations qui renvoient pourtant au même objectif. Celui de ne pas se tromper.


Rédigé par leral.net le Vendredi 27 Juillet 2012 à 20:40 commentaire(s)|

«Le chapelet n'est pas une obligation dans l'Islam...»
Le chapelet est un outil constitué de perles enfilées en collier sur un cordon. Utilisé par de nombreuses religions, il est un instrument pour compter les prières récitées d’une manière répétitive en égrenant les graines qui peuvent être constituées de toutes sortes de matériaux (bois, os, ivoire, métal, corail, émaux, perle...).
Précisément, il permet à l’utilisateur de garder une trace du nombre de prières.

Difficile de donner une date à partir de laquelle, ce «collier de grains», a fait son apparition. Toutefois, selon Issa Ndiaye, chef religieux aux parcelles assainies, l’histoire raconte que son utilisation remonte à l’époque de deux Sahaba (disciples du prophète SAW ).

«L’un utilisait un lot de pierres pour faire ces prières. L’autre trouvant cette pratique peu commode lui conseilla de prendre un cordon et d’y enfiler les noix de dattes pour faciliter son décompte», renseigne-t-il.

La plus ancienne forme de chapelet dans l’Islam, est constituée d’une chaîne de 99 perles avec un marqueur après trente-trois perles. Abdoulaye Ouedraogo, Imam à la mosquée de Nord Foire, avance que cette division du chapelet correspond aux 99 noms de Dieu, à savoir celles relatives à sa «Puissance, sa Sagesse et sa Miséricorde». Cela consiste à dire trente-trois fois Subhan Allah, Al-Hamdoulillahi et Allahu-Akbar après chaque prière. Cette dite prière est plus connue sous le nom de Bakhiyat Salikhat.

Il ajoute : «cette prière est une obligation. Ce qui n’est pas obligatoire, en revanche, c’est le fait d’utiliser le chapelet. Le Bakhiyat Salikhaat peut se faire avec la main. C’est ce qui est le plus recommandée d’ailleurs».

Et Chérif Seck chef religieux dans la Khadriya de renchérir : «du temps du prophète (SAW) il n’y avait pas de chapelet. C’est sous l’ère Alioune (le 4ème Khalife Rachidoun, Ndlr) qu’on a commencé à voir les premiers chapelets».

Différentes formes de chapelets

L’Imam Ouedraogo a confié qu’ «il a d’autres divisions du chapelet chez les musulmans précisément dans les confréries du Sénégal». Issa Ndiaye est un chef religieux appartenant à la confrérie Tidjane, souligne que la division de leur chapelet (collier de 100 perles séparé par cinq marqueurs) est en harmonie avec leur «Wird» (prières) à savoir 12 djawartou Kamal, 33 astahfiroulah hazim, 50 Salatoul Fatiha et 100 lahilaha ilallah.

Chez les Mourides, comme chez les Khadres, le chapelet est constitué de 100 perles séparé par deux marqueurs après la 33ème perle. Toutefois, contrairement aux Tidjanes, la division de leur chapelet n’a rien à voir avec le wird.
Chérif Seck de la confrérie des Khadres, s’explique : «il s’agit de 200 hasbounalahou wa nikhmal wakilou, 200 astahfiroulah et 200 salatou ala naby (prière sur le prophète)».

Origine du chapelet chrétien

Chez les chrétiens, l’origine du chapelet est assez simple. C'est le diminutif de «Chapel», ancienne forme de «chapeau». Selon le père Roberto Martinez prêtre à la paroisse Saint Jean Bosco de nord foire, «au Moyen Âge, époque où la foi était très vive, chaque maison possédait une statuette de La Vierge, sur la tête de laquelle on posait une couronne ou Chapel de roses. Le soir, on avait l'habitude de dire une courte prière sur chaque fleur, de sorte que le Chapel de La Vierge devint un objet de piété».

Mais s’empresse-t-il de préciser : «il était peu commode». «On imagina d'enfiler sur un cordon des grains de bois ou de métal qui tinrent lieu des fleurs et l'on donna au tout le nom de chapelet, c'est-à-dire «petit Chapel» poursuit-il.
D’aucuns l’appellent chapelet, d’autres rosaire. Mais selon le père Roberto Martinez «Physiquement le Rosaire comprend 15 dizaines. Le chapelet, plus petit (5 dizaines) et beaucoup plus prié. On peut aussi faire le rosaire avec un chapelet, il suffit de le faire trois fois». Donc le «chapelet est une partie du rosaire», ajoute-il.

Par ailleurs, il faut rappeler que le chapelet n’est pas propre à l’Islam. Son usage remonte à la plus haute antiquité. Il s’est répandu dans diverses religions comme l’Hindouisme, le Bouddhisme ainsi que dans différentes formes de Christianisme.

Son utilisation n’a pas d’âge. Le Zikr (utilisation du chapelet chez les musulmans) comme la récitation du Rosaire chez les chrétiens exige «une concentration et que le rythme soit calme».

...il n’a pas de prix

Utilisé par de nombreuses religions, le chapelet est un outil pour compter les prières récitées d’une manière répétitive en égrenant les perles qui peuvent être constituées de toutes sortes de matériaux (bois, os, ivoire, métal, corail, émaux).
De ces matériaux découlent les noms de Bakhliine, Ndialabane, Kouke, Saubane, Zeytoune, Pémé, Youssouri, etc. «Le Zeytoune et le Bakhliine sont les plus utilisés des Tidjanes. Le Ndialabane celui des Mourides et le Pémé celui des Khadres», explique Mika vendeur de chapelet depuis 1996 à la Zawiya Serigne Babacar Sy de Fass à Dakar.
Selon lui, «s’il y a des personnes qui ont le luxe de se payer des futilités à des sommes faramineuses, d’autres ne lésinent pas sur les moyens pour se payer un chapelet de luxe».

Le Bakhliine coute entre 15000 à 30.000 FCFA, le Saubane 1500 à 3000 FCFA, le Ndialabane entre 3000 à 6000 FCFA, le Kouke entre 3000 à 8000 FCFA, le Youssouri est échangé entre 60.000 à 150.000 FCFA.

«Ma clientèle est très variée. Je reçois des gens de toutes les confréries», confie à Mika. «Mais, ajoute-t-il parmi les clients, les Niassénes sont les plus acheteurs». Avant de renchérir : «le Bakhliine est le plus acheté». Ce chapelet existe sous différentes couleurs (marron, blanche, noire). «Il peut aussi durer 10 ans sans se user ».

Alioune Ndiaye est un jeune Niasséne. Son chapelet a une forte emprise sur lui. Son jeu favori consiste à faire des Salatoul Fatiha (prière sur le prophète). Sa préférence varie entre Zeytoune, Ndialabane ou Bakhliine. Le Zeytoune parce que explique-t-il «c’est une matière très légère par conséquent facile à égrener mais surtout parce que le fondateur de la Tidjanya l’utilisait».

Pour le choix du Ndialabane, il avance que c’est une matière «avec beaucoup de Hijaba (qui donne de l’ouverture)». Enfin celui du Bakhliine parce que «c’est un bois précieux, précisément du bois de chaine. Plus tu l’égrène, plus il devient lisse et ressemble à du verre. On dit souvent que cette matière ne se brûle pas».

Alioune Ndiaye confie aussi «qu’en tant que disciple de Baye Niass, de la même manière que la nourriture fait partie de la vie, mon chapelet occupe cette même place dans ma vie».

Quant à Rokhaya Mamour, son choix porte sur le Ndialabane et le Bakhliine «parce que tous les deux étant des bois précieux», justifie-t-elle. Et d’ajouter : «si j’ai les moyens, je suis prête à dépenser jusqu’à 500.000 FCFA pour un chapelet».

A la question de savoir pourquoi autant d’amour pour un chapelet, cette dernière répond fièrement «ce que je fais avec mon chapelet est plus précieux que l’argent. Grâce à lui, je formule des prières à l’endroit de mon créateur».
C’est dans cet ordre d’idée que Alioune Ndiaye ajoute : «si tu as un bijou précieux, il faut le mettre dans un écrin précieux ».

C’est pourquoi Mika, vendeur de chapelet conseille aux adeptes de ce collier en perles, de prendre soin de cet outil qu’il qualifie de précieux. «De la même manière qu’on honore le tapis avec lequel on prie au point de ne pas le souiller, on doit faire autant avec le chapelet. Parce qu’il sert à la même chose».


Source:sudonline.sn


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