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Réforme de la SNR : vers de nouveaux pouvoirs pour mieux traiter les créances en souffrance

La Société Nationale de Recouvrement (SNR) engage une transformation majeure de son cadre juridique. À travers une réforme en préparation, l’institution souhaite élargir ses missions aux créances commerciales et renforcer son rôle dans l’assainissement du système financier sénégalais.


Rédigé par leral.net le Vendredi 12 Juin 2026 à 01:40 | | 0 commentaire(s)|

La Société Nationale de Recouvrement (SNR) amorce une nouvelle étape de son évolution. Réunis en séminaire consacré au diagnostic financier et comptable de l’institution, ses responsables ont présenté les grandes orientations d’un projet de réforme destiné à moderniser les textes qui régissent l’agence depuis 1991.

Au cœur de cette réforme figure l’extension des compétences de la SNR aux créances commerciales. Jusqu’à présent spécialisée dans le recouvrement des deniers et créances publics, l’institution ambitionne désormais d’intervenir plus largement dans la gestion des créances en souffrance qui fragilisent le système financier.

Cette évolution permettrait notamment à la SNR de racheter certaines créances douteuses détenues par les banques commerciales afin de contribuer à l’assainissement de leurs bilans et de favoriser une relance de l’activité de crédit.

Les responsables de l’institution mettent en avant une expertise accumulée depuis plus de trois décennies dans le domaine du recouvrement. Ils estiment que cette expérience constitue un atout majeur pour accompagner l’État et les acteurs financiers face à la montée des actifs toxiques.

La situation actuelle de la SNR reste cependant marquée par un lourd héritage historique. Créée dans le contexte de la restructuration du secteur bancaire au début des années 1990, l’agence avait hérité d’un passif estimé à près de 90 milliards de FCFA à la suite de la liquidation de plusieurs établissements bancaires publics.

Malgré les performances enregistrées au fil des années, le report à nouveau négatif demeure important, atteignant encore 86 milliards de FCFA. Les experts recommandent ainsi de distinguer ce passif historique des résultats opérationnels actuels afin d’évaluer plus objectivement les performances de l’institution.

Les dirigeants de la SNR soulignent néanmoins que l’agence constitue un modèle d’autonomie financière dans la sous-région. Elle fonctionne sans subvention publique, assure le financement de ses activités et respecte régulièrement ses obligations fiscales.

Cette expérience attire l’attention de plusieurs pays ouest-africains, notamment le Togo, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Niger et le Mali, intéressés par les mécanismes de recouvrement développés au Sénégal.

Selon les responsables de l’institution, le projet de loi révisant le texte fondateur de 1991 ainsi que le décret portant statut de la SNR ont déjà fait l’objet de concertations avec les autorités compétentes et seraient désormais stabilisés.

La direction de la SNR appelle ainsi à une adoption rapide de la réforme, estimant que le renforcement de ses prérogatives constitue un levier stratégique pour améliorer la gestion des créances en souffrance et contribuer à la stabilité financière du pays.