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Thiaytou / Le poste de santé à l’abandon: Le village de Cheikh Anta Diop sans infirmier ni ambulance

L’évacuation des patients vers le centre de santé de Bambey est un véritable casse-tête à Thiaytou. La sage-femme réclame la mise à disposition d’une ambulance et l’affectation d’un infirmier d’Etat.


Rédigé par leral.net le Mardi 28 Décembre 2021 à 12:44 | | 0 commentaire(s)|

Thiaytou / Le poste de santé à l’abandon: Le village de Cheikh Anta Diop sans infirmier ni ambulance
Le poste de santé de Thiaytou est sans ambulance. Ce qui n’est pas sans conséquence sur la prise en charge et l’évacuation des patients vers le centre de santé de Bambey, distant de 30 km. D’où le cri du cœur de Fatou Diouf, sage-femme d’Etat, aux autorités supérieures du ministère de la Santé et de l’Action sociale. ‘’Le poste de santé polarise 17 villages. Notre difficulté majeure, c’est le manque d’ambulance. Pour évacuer, nous sommes obligés de les amener au centre de santé distant de 30 km. Nous sommes obligés de recourir aux services des ambulances de Baba Garage ou de Gawane, qui sont souvent sollicitées pour déposer les malades’’.

Cette situation n’est pas spécifique à Thiaytou. Elle est la même à Dinguiraye, le chef-lieu de la commune éponyme. Et dire que cette commune est dirigée par un médecin. Outre ce manque d’ambulance, le poste de santé de Thiaytou ne dispose pas d’infirmier. Ce dernier a été affecté à Kédougou, informe la sage-femme. Elle demande l’affectation d’un infirmier, parce que ‘’sans infirmier, nous ne pouvons plus faire les stratégies avancées, parce que ma santé ne permet plus de monter sur les charrettes et d’aller faire ces stratégies au niveau des cases de santé. Je suis obligée d’utiliser le téléphone pour ces stratégies avancées. Nous voulons aussi un appareil d’échographie, parce que les femmes sont obligées d’aller jusqu’au centre de santé de Bambey’’.

Ce manque d’infirmier combiné à l’absence pour congé maladie, depuis cinq mois, de la sage-femme qui a repris service, il y a de cela quinze jours, a impacté négativement sur les recettes du poste. Fatou Diouf renseigne : ‘’Actuellement, le poste de santé est sous-fréquenté. Avec le départ de l’infirmier d’Etat et mon absence pour congé de maladie, les patients ont préféré aller au niveau des postes de santé plus proches, parce que le poste était géré par des agents de santé communautaires. D’où l’urgence d’affecter ici un infirmier.’’

Dans ce poste de santé, les lieux ne sont pas sécurisés, faute de gardien, et le logement de la sage-femme mérite un coup de lifting, parce que vétuste. Au niveau de ce poste de santé, les pathologies les plus fréquentes, si l’on en croit la sage-femme, ‘’sont le rhume, la diarrhée qu’on note surtout chez les enfants de 0 à 59 mois. Il y a aussi une présence accrue de l’hypertension artérielle. Par contre, le paludisme est presque un mauvais souvenir. Toute cette année, pas de nouveaux cas détectés’’. Par contre, il y a un gros bémol : c’est le respect des consultations post-natales et prénatales par les femmes. Il y a aussi l’octroi, par la mairie, chaque année, d’une somme d’un million de francs pour l’achat de médicaments.

A Thiaytou, le village natal de l'historien et anthropologue Cheikh Anta Diop, il est noté une déperdition scolaire de plus en plus accentuée. Le chef de village, Thiécoumba Diop, demande la construction d’un collège d’enseignement moyen. ‘’Nous avons constaté que plusieurs de nos enfants ne terminent pas leurs études et préfèrent abandonner, alors qu’ils sont intelligents et ont de bonnes notes à l’école élémentaire’’. Le chef de village souhaiterait aussi l’octroi de financements aux femmes pour alléger le poids des travaux ménagers.




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Ndèye Fatou Kébé

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