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Thiéboudienne à 5 000 F CFA : le pari du marché Castor

Une enquête de terrain pour mesurer ce que le pouvoir d'achat permet réellement d'acheter

Peut-on encore nourrir une famille avec un plat de riz au poisson pour 5 000 francs CFA ? C'est le défi que s'est lancé une équipe du Soleil au marché Castor, dans le but de mesurer, chiffres à l'appui, ce que représente aujourd'hui cette somme face à la flambée des prix des denrées alimentaires.


Rédigé par leral.net le Samedi 5 Septembre 2026 à 12:22 | | 0 commentaire(s)|

Composer un thiéboudienne, plat emblématique de la table sénégalaise, avec une enveloppe de 5 000 francs CFA. C'est le défi que des journalistes du Soleil ont voulu relever au marché Castor, un des poumons commerciaux de Dakar où se croisent vendeurs de poisson, marchands de légumes et clients en quête de bonnes affaires.
Pour mener cette expérience, l'équipe s'est fait accompagner par une habituée des lieux, rompue aux astuces du marchandage et connaissant les meilleurs recoins pour dénicher des prix avantageux. L'objectif était simple : reproduire les conditions réelles d'une ménagère qui doit, chaque jour, arbitrer entre les besoins de sa famille et les limites de son budget.
Une course contre la montre et contre les prix Au fil des étals, chaque achat s'est transformé en calcul serré. Le poisson, ingrédient central du plat, a d'abord fait l'objet d'une attention particulière, tant son prix peut varier selon la qualité, la fraîcheur et le pouvoir de négociation de l'acheteur. Suivent ensuite les légumes indispensables à la recette : chou, carotte, aubergine, manioc, patate douce, autant d'éléments qui, mis bout à bout, pèsent lourd dans la balance.
L'huile, le concentré de tomate, le riz brisé et les condiments de base sont également venus s'ajouter à la liste, chacun grignotant une part de l'enveloppe initiale. Ce parcours, décrit comme une véritable course contre les prix, a permis de mettre en lumière l'écart entre le budget disponible et les besoins réels d'un repas familial complet.
Le quotidien des ménages sénégalais en question Cette expérience de terrain, au-delà de son aspect ludique, pose une question de fond largement partagée par les ménages sénégalais confrontés à la hausse continue du coût de la vie. Elle interroge la capacité des familles à maintenir une alimentation équilibrée et suffisante face à des prix qui, selon les témoignages recueillis sur place, ne cessent de grimper.
L'accompagnatrice, habituée des allées du marché Castor, a partagé son expérience quotidienne, faite d'arbitrages permanents entre qualité, quantité et prix. Ses observations ont permis d'éclairer, avec des exemples concrets, les stratégies déployées par les ménagères pour faire face à cette pression budgétaire, qu'il s'agisse de réduire certaines portions, de substituer un ingrédient par un autre moins coûteux, ou de négocier fermement chaque achat.
Un exercice révélateur Au terme de ce parcours dans les allées du marché, le bilan dressé par l'équipe donne une image assez précise de ce que représentent aujourd'hui 5 000 francs CFA face au coût réel des ingrédients nécessaires à la préparation d'un thiéboudienne. Cet exercice, mené sur le terrain plutôt qu'à partir de statistiques abstraites, offre un aperçu concret des réalités vécues par de nombreuses familles sénégalaises dans leur gestion quotidienne des dépenses alimentaires.
Cette initiative illustre, à travers un cas pratique et familier, les difficultés que rencontrent les consommateurs face à l'évolution des prix sur les marchés, un sujet qui continue d'alimenter les préoccupations des ménages à travers le pays.

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