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Thiès : une étude révèle la présence du virus de l’hépatite E dans des élevages porcins, les chercheurs alertent

Rédigé par leral.net le Vendredi 24 Juillet 2026 à 12:00 | | 0 commentaire(s)|

Une équipe de chercheurs sénégalais et français a détecté pour la première fois la circulation du virus de l’hépatite E (VHE) dans des élevages porcins de la région de Thiès. Les résultats, présentés lors de la Vème Journée Scientifique de la Sécurité Sanitaire des Aliments, appellent à renforcer la surveillance sanitaire selon l’approche « One Health ».


Une découverte scientifique majeure vient renforcer les enjeux liés à la sécurité sanitaire des aliments au Sénégal. Des chercheurs sénégalais et français ont mis en évidence, pour la première fois dans le pays, la présence du virus de l’hépatite E (VHE) dans des élevages porcins de la région de Thiès.

Les résultats de cette étude ont été présentés lors de la Vème Journée Scientifique de la Sécurité Sanitaire des Aliments. Ils mettent en avant la nécessité d’une surveillance renforcée intégrant la santé animale, humaine et environnementale, conformément à l’approche internationale « One Health ».

Une enquête menée dans quatre élevages de Thiès

Pour évaluer la circulation du virus, les chercheurs ont conduit une enquête en avril 2026 dans quatre fermes porcines de la région de Thiès.

Au total, 120 échantillons ont été collectés, comprenant notamment des prélèvements sur les mangeoires, les fèces et les eaux usées. Les analyses moléculaires réalisées par RT-PCR ont permis d’identifier la présence du VHE dans 21 échantillons, soit un taux global de positivité de 17,5 %.

Les résultats montrent que les mangeoires représentent le principal point de contamination, avec un taux de positivité de 40 %, suivies des matières fécales avec 12,5 %.

Un risque zoonotique à surveiller

Le virus de l’hépatite E est considéré comme un agent pathogène zoonotique émergent. Sa transmission se fait principalement par voie féco-orale, mais les scientifiques soulignent également l’importance de la consommation de produits carnés contaminés comme voie possible de propagation.

Les porcs peuvent héberger le virus et contribuer à sa diffusion dans l’environnement à travers leurs déjections. Les personnes travaillant dans les élevages, les abattoirs ou manipulant des produits carnés peuvent ainsi être davantage exposées.

Des niveaux de contamination variables selon les exploitations

L’étude révèle des différences importantes entre les exploitations analysées. Les fermes n°2 et n°3 présentent les niveaux de contamination les plus élevés avec respectivement 33,3 % et 26,7 % d’échantillons positifs.

À l’inverse, les fermes n°1 et n°4 affichent des taux plus faibles, estimés à 3,3 % et 6,7 %.

Les chercheurs observent également une relation entre la circulation du virus, la taille des exploitations et la densité des élevages.

Vers une surveillance sanitaire intégrée

Pour les auteurs de l’étude, ces résultats constituent une première preuve de la circulation du virus de l’hépatite E dans les élevages porcins au Sénégal. Ils recommandent toutefois des analyses complémentaires, notamment par séquençage, afin d’identifier précisément les génotypes présents.

Face à ce constat, les scientifiques plaident pour la mise en place d’un dispositif de surveillance intégrée associant :

le suivi sanitaire des élevages ;
le contrôle de l’environnement ;
la surveillance des produits carnés ;
la protection des professionnels exposés.

Cette approche « One Health » vise à anticiper les risques sanitaires émergents et à mieux protéger les populations contre d’éventuelles transmissions entre l’animal, l’environnement et l’être humain.