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Vendredi 19 Octobre 2018

Violence dans les sociétés démocratiques : « l’apparition de la violence est un signal de danger »


Utiliser la violence dans les sociétés démocratiques où les processus d’institutionnalisation des conflits sont très développés, témoigne d’une impatience ou/et d’une impuissance à utiliser les procédures routinières de négociation et de représentation. Tant les observations empiriques que les justifications avancées par les acteurs, montrent que les recours à la violence sont basés sur la conviction qu’il n’existe pas réellement d’autres moyens d’obtenir la prise en considération de ses attentes ou, plus radicalement, d’imposer ses solutions. (Suite de l’étude sur l’affirmation politique par la violence…)



Même l’emploi de la force publique signale, comme le notait H. Arendt, un échec du pouvoir politique à fonctionner dans son cadre normatif. De nombreux travaux analysés, mettent l’accent sur le sentiment de discrimination, subie par le groupe contestataire, ou encore sur la perte de confiance dans le système politique.

En ce sens, l’apparition de la violence est un « signal de danger », c’est-à-dire l’indice d’un dysfonctionnement du système politique. « Soit qu’il ait affiché une indifférence foncière au problème, dont la violence est le révélateur, soit qu’il ait considéré les solutions préconisées comme radicalement inacceptables pour sa survie. Soit qu’il ait été incapable de percevoir correctement ou d’interpréter des signaux antérieurs de nature non violente », évoque H. Arendt.

Dans cette dernière éventualité, le sociologue a noté qu’il existe des violences qui surviennent comme « effets émergents » d’une séquence de situations que personne n’a réellement maîtrisée. Faute d’une lecture correcte des messages et réponses produits à chaque stade. « La violence comme mode d’affirmation d’un pouvoir de faire front, est une ressource politique, inégalement disponible. S’agissant de la violence armée, l’Etat dispose d’une écrasante supériorité technique qui n’a cessé de s’accroître depuis longtemps »,  qualifie-t-il.

Cependant, il a reconnu que l’évolution technologique a facilité aussi la banalisation d’armes redoutables, de même que l’apparition de cibles à haute dangerosité. Plus que la capacité de vaincre, la capacité de nuire gravement est à la portée de groupes, bien organisés, même petits, remplissent quelques conditions-clés. Il s’agit de soutiens extérieurs et sympathies au sein de l’appareil répressif d’Etat, « professionnalisme ».

Quant à la violence non armée, (à mains nues ou avec de simples instruments de, ce que les juristes appellent des armes par destination) la plausibilité d’y recourir renvoie à d’autres critères de discrimination qui sont pour l’essentiel socioculturels.

Ainsi, il existe des groupes sociaux où l’exercice physique, signale-t-on, constitue encore un facteur important de l’adaptation professionnelle. La valorisation de l’exploit physique semble y créer une propension plus importante à admettre, le cas échéant, la violence à mains nues. « Ce sont aussi, pour certains d’entre eux, des groupes sociaux, moins bien armés pour utiliser les ressources spécifiquement politiques du système institutionnel. Ne serait-ce qu’en raison de leur sous-représentation dans les institutions publiques. C’est pourquoi la légitimation (relative) ou la stigmatisation absolue de la violence physique est sourdement un enjeu dans les antagonismes de classe », précise le sociologue.

Le « handicap culturel » de ce répertoire d’actions s’ajoute à celui de son illégalité. Sauf, dans le cas de la violence d’Etat. D’où l’importance politique des systèmes de légitimation allégués, dont « la juste colère des travailleurs », « la répression policière », « le désespoir de la paysannerie » ou, naguère, « la cause de la révolution ».

 Pour des raisons sociales et culturelles profondes, la dynamique de l’Occident, marque d’un stigmate croissant. Ceux qui, dans le système démocratique, cherchent à s’imposer comme acteurs par la force, n’excluent pas l’existence du phénomène de la violence.






O WADE Leral
 
La rédaction de leral...



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