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Economie

Émeraudes zambiennes : Abdoulaye Ndiaye au cœur d'une guerre de licences minières

Aucune condamnation pénale ni décision définitive défavorable n'a été trouvée le concernant

Rédigé par leral.net le Lundi 7 Septembre 2026 à 08:10 | | 0 commentaire(s)|

Le marché zambien de l'émeraude oppose deux poids lourds devant les tribunaux. Grizzly Mining et le britannique Gemfields s'affrontent sur des droits miniers. Ces procédures sont des litiges commerciaux en cours, sans culpabilité établie.


Un portrait honnête ne s'arrête pas aux réussites. Le secteur de l'émeraude zambienne est étroit, les gisements se touchent, et les frontières de licences y valent des fortunes. Cela produit des procès.

Grizzly contre Gemfields, dans les deux sens

En novembre 2024, Kagem Mining, détenue à 75 % par le groupe britannique Gemfields, a engagé une procédure en Zambie contre Grizzly, Pridegems et d'autres parties, au sujet d'une zone dite licence Bisma.

Le mois suivant, en décembre 2024, une action distincte a été introduite en sens inverse : Grizzly Mining, Pridegems et leur actionnaire majoritaire Abdoulaye Ndiaye ont assigné Kagem, invoquant l'occupation prétendument illicite d'une zone appelée Kamakanga House et une entente visant à nuire à leur réputation commerciale. Gemfields a déclaré ces demandes « entièrement dépourvues de fondement ».

Des montants de 165 et 300 millions de dollars circulent dans certaines reprises de presse. Nous n'avons trouvé aucune source publique établissant ces chiffres : nous ne les publions pas.

Une troisième procédure à Lufwanyama

En juillet 2025, la société Chuvumbwe Mining Limited a assigné Grizzly et Pridegems devant la Haute Cour de Lusaka, invoquant un empiètement sur sa licence d'exploration n° 38563-HQ-SEL, délivrée en septembre 2024 dans la zone de Lufwanyama, sur la base d'un relevé par drone.

Une précision qui a son importance : Chuvumbwe demandait une injonction de cessation. Une demande n'est pas une décision. Les sources consultées ne permettent pas de dire ce que le tribunal en a fait.

La critique au Parlement zambien

Le 6 octobre 2021, à l'Assemblée nationale de Zambie, le député de Solwezi Est, M. Katakwe, mettait en cause le propriétaire de Grizzly, qu'il désignait par « Gounasse » : selon lui, les populations de Musakashi, dans le district de Mushindamo, auraient été négligées alors que les meilleures émeraudes de la zone étaient extraites.

Ce sont des propos parlementaires, tenus dans un débat politique et couverts par l'immunité. Ils n'ont pas valeur de constat judiciaire.

Les salaires en question

En juillet 2026, le média zambien MakanDay a publié une enquête sur les écarts de rémunération dans les mines d'émeraudes, chez Grizzly comme chez Kagem. Des agents de sécurité locaux y déclarent percevoir environ 7 000 kwachas par mois, quand des expatriés sénégalais et népalais en toucheraient 35 000 ou davantage.

Le titre de l'enquête le dit lui-même : ce sont des allégations de salariés. Aucune juridiction ne s'est prononcée.

Ce que nous n'avons pas trouvé

C'est le point le plus important de cet article. Après vérification des sources publiques disponibles, aucune condamnation pénale, aucune reconnaissance de culpabilité et aucune décision de justice définitive défavorable à Abdoulaye Ndiaye personnellement n'a été trouvée. Aucune inculpation, aucune arrestation, aucune poursuite pénale.

Les dossiers cités sont des litiges commerciaux civils en cours. Dans plusieurs d'entre eux, Abdoulaye Ndiaye et ses sociétés sont demandeurs, non défendeurs — c'était déjà le cas en 2019, lorsqu'ils poursuivaient le quotidien Daily Nation pour diffamation devant la Haute Cour de Ndola.

Sources : Gemfields (communiqué réglementé du 12 décembre 2024) · Zambian Observer · Parlement de Zambie (compte rendu du 6 octobre 2021) · MakanDay (17 juillet 2026) · News Diggers · Mining Weekly